« je lui ai donné tous les conseils que j’ai pu » ou « que j’ai pus » ?


Erreur d’accord du participe passé

En voyant un COD placé avant le verbe, on a envie d’accorder le participe passé avec lui… mais il arrive que le COD ne soit pas celui du verbe susdit.

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Règle avec un complément sous-entendu

Le participe passé d’un verbe qui a pour complément un infinitif ou une proposition sous-entendus reste invariable.

> Je lui ai donné tous les conseils que j’ai pu. (« que », mis pour « conseils », n’est pas COD du participe passé « pu », mais de l’infinitif sous-entendu « lui donner » dans « tous les conseils que j’ai pu lui donner ». Il n’a donc aucune influence sur l’accord dudit participe)

Sont surtout concernés par cette règle les participes « cru », « dû », « pu », « voulu ».

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Il est des cas pour le moins litigieux, où la tolérance devrait être de mise. Dans une phrase telle que « le coureur cycliste n’a pas reçu l’ovation qu’il avait espéré(e) », on est en effet fondé à hésiter. Considère-t-on qu’est sous-entendu, après le participe, l’infinitif recevoir ? Le participe passé restera invariable, conformément à ce qui est écrit plus haut. Mais on peut aussi « espérer une ovation », comme on espère une récompense : partant, l’accord est tout à fait plaidable !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. J’ai prévenu tous les clients que j’ai pu du défaut de la marchandise.
  2. Elle a fait toutes les corvées que sa belle-mère a voulues.
  3. Le recruteur a reçu tous les candidats qu’il a pu en une journée.
  4. Il a apporté au texte toutes les corrections qu’il a pues.
  5. Grâce à ses pouvoirs magiques, il a éliminé tous les adversaires qu’il a voulus.
  6. Durant la conférence, j’ai pris toutes les notes que j’ai pues.
  7. Ce travail en équipe n’a pas été la corvée qu’il avait crue.
  8. Supérieurement doué, il a obtenu tous les diplômes qu’il a voulu.
  9. Son travail acharné lui a valu d’obtenir chaque prime qu’elle a voulue.
  10. J’ai traité tous les dossiers que j’ai pu, mais je n’ai pas terminé.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : Elle a fait toutes les corvées que sa belle-mère a voulu. Le COD de « vouloir » n’est pas « toutes les corvées », mais la proposition sous-entendue « qu’elle fasse » (« toutes les corvées que sa belle-mère a voulu qu’elle fasse »). « Voulu » reste donc invariable.
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Il a apporté au texte toutes les corrections qu’il a pu. Le COD de « pouvoir » n’est pas « les corrections », mais l’infinitif sous-entendu « apporter » (« les corrections qu’il a pu apporter »). « Pu » reste donc invariable.
  5. Faux. Il faut écrire : Grâce à ses pouvoirs magiques, il a éliminé tous les adversaires qu’il a voulu. Le COD de « vouloir » n’est pas « tous les adversaires », mais l’infinitif sous-entendu « éliminer » (« tous les adversaires qu’il a voulu éliminer »). « Voulu » reste donc invariable.
  6. Faux. Il faut écrire : Durant la conférence, j’ai pris toutes les notes que j’ai pu. « Pu » reste invariable, car « toutes les notes » n’est pas son COD. Celui-ci est en réalité l’infinitif sous-entendu « prendre » (« toutes les notes que j’ai pu prendre »).
  7. Faux. Il faut écrire : Ce travail en équipe n’a pas été la corvée qu’il avait cru. Le COD de « croire » n’est pas « toutes les corvées », mais la proposition sous-entendue « qu’il serait » (« la corvée qu’il avait cru qu’il serait »). « Voulu » reste donc invariable.
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : Son travail acharné lui a valu d’obtenir chaque prime qu’elle a voulu. Le COD de « vouloir » n’est pas « chaque prime », mais l’infinitif sous-entendu « obtenir » (« chaque prime qu’elle a voulu obtenir »). « Voulu » reste donc invariable.
  10. Phrase correcte.

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

15 réponses à « je lui ai donné tous les conseils que j’ai pu » ou « que j’ai pus » ?

  1. Brun dit :

    Bonjour,

    merci pour ces explications.

    Est-ce qu’on peut écrire cela si on est une femme (le m apostrophe est féminin)
    Il ne m’a pas entendue dire ça
    Où doit-on finir entendu avec un u ?

  2. Alma dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet article très bien fait sur l’accord du participe passé du verbe formé avec l’auxiliaire « avoir ».
    Toutefois, une question me taraude : quid de la règle d’accord de ce participe passé, lorsque le complément est placé avant le verbe, en plus d’un pronom réfléchi ou d’un COI ?
    Illustration : « J’aimerais le remercier pour la joie qu’il m’a donnée. » ou « J’aimerais le remercier pour la joie qu’il m’a donné. » ?
    Je pencherais pour la seconde option car, intuitivement, il me semble qu’il n’y a pas lieu d’accorder le participe passé du verbe donner avec le complément « la joie », dès lors qu’un pronom réfléchi (également COI dans cet exemple) « m' » s’interpose entre ce complément et le verbe.
    Mais je ne suis vraiment pas sûre, pourriez-vous m’éclairer ?
    Merci à vous,
    A.

    • Sandrine dit :

      Bonjour Alma, qu’il y ait un COI n’y change rien : on accorde le participe passé avec le COD quand celui-ci est placé avant le verbe.
      J’aimerais le remercier pour la joie qu’il m’a donnée, autrement dit « la joie qu’il a donnée à moi ».
      On dirait de la même manière : J’aimerais le remercier pour la promesse qu’il m’a faite, où le « e » s’entend bien.
      Bonne journée.

  3. Paul A dit :

    « le coureur cycliste n’a pas reçu l’ovation qu’il avait espéré(e) »
    Il me semble qu’on n’a pas vraiment le choix car :
    « le coureur cycliste n’a pas reçu l’ovation qu’on lui avait promise »
    Le féminin est inévitable. Donc… « espérée ».
    Merci pour votre site vivant et précieux.

    • Sandrine dit :

      Bonjour Paul, comme précisé dans l’article par notre expert, les deux sont possibles. Merci de nous avoir indiqué votre préférence. C’est un plaisir de vous lire. Bon après-midi.

      • Paul A dit :

        Merci de votre sympathique réaction, Sandrine. Mais j’ai honte. Dans mon commentaire initial j’ai écrit :
        « il me semble qu’on n’a pas vraiment le choix » ; alors que la forme convenable est « qu’on n’ait pas » … Irrépressible influence du parler ordinaire.

        • Sandrine dit :

          Bonjour Paul, vous avez mis le doigt sur une règle pour le moins subtile…
          Voici ce qui dit Le Bon Usage (Grevisse) :
          1/ Quand sembler pris affirmativement est accompagné d’un objet indirect (ce qui est la construction la plus courante), on met le plus souvent l’indicatif. Exemple : « Il me semble que tu t’es trompé. »
          2/ Si ce verbe pris affirmativement n’est pas accompagné d’un objet indirect, on met ordinairement le subjonctif.
          Exemple : « Il semble qu’il ne veuille pas venir. »
          Conclusion : Vous aviez correctement orthographié la phrase « Il me semble qu’on n’a pas vraiment le choix » dans votre précédent message :-).
          D’ailleurs, on pourrait dire « Je crois qu’on n’a pas vraiment le choix ».
          Bonne journée !

          • Paul A dit :

            Merci Sandrine, de vos mises au point érudites. Pour le sexagénaire que je suis, c’est un plaisir d’apprendre encore …

          • Sandrine dit :

            Je crois qu’on ne cesse jamais d’apprendre, surtout en français ! Il y a tant de subtilités… En tout cas, c’est un plaisir de vous compter parmi nos fidèles lecteurs :-).

  4. STEPHAN dit :

    Bonjour,

    Malgré les explications que vous avez données, je ne parviens pas à savoir si j’accorde ou non le participe passé « pu » dans la phrase suivante : « Le programme de mes études me permet de mettre à vos services les connaissances que j’ai pu(es) acquérir au début de ma formation « .

    Pourriez – vous m’aider s’il vous plaît ?

    Merci d’avance

  5. margimond dit :

    Merci pour ces petites révisions, même si parfois on sait (ou croît savoir), ça lève les hésitations.
    Bonnes fêtes de fin d’année à vous tous

  6. ValNor dit :

    Un grand merci pour cette explication et votre aide précieuse.

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