« quelque » ou « quel que » ?


Erreur couramment commise

Combien de fois voit-on écrit, le scripteur ayant sans doute été emporté par son élan, « Quelques soient vos erreurs, corrigez-vous » au lieu de « Quelles que soient vos erreurs, corrigez-vous » !

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Le terme qui pose problème est placé devant un adjectif, un nom ou un adverbe ? C’est « quelque » en un seul mot qu’il faut écrire :

 

Quelque souriant qu’il semble, il est malheureux.

Je n’en ai parlé qu’à quelques personnes.

Quelque rapidement qu’il coure, je le rattraperai.

 

En revanche, si le terme qui pose problème est placé devant un verbe (qui peut être précédé de « en ») ou un pronom personnel comme « il(s) » ou « elle(s) », il faut écrire « quel que », en deux mots, et accorder « quel » avec le sujet du verbe en question :

L’examinateur n’accepte aucun retard, quelle qu’en soit la raison. (verbe)

Quels que soient vos problèmes, ils ont certainement une solution. (verbe)

Présentez une pièce d’identité, quelle qu’elle soit. (pronom personnel)

Vidéo


Bruno Dewaele - champion du monde d'orthographeAvis de l’expert –
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Qu’il s’écrive en deux mots (« quel(s)… que ») ou en un seul, le « quelque(s) » qui marque une opposition est toujours suivi d’un verbe au subjonctif : « Quel qu’il soit, il faudra qu’il se montre » ; « quelque intelligent qu’il paraisse, il a échoué » ; « quelques efforts qu’il fasse, il n’y parviendra pas ».

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Les rêves, quelqu’ils soient, ont une signification cachée.
  2. Quel que soit votre prix, ce sera le mien !
  3. Quelque soit la raison de son retard, nous ne pouvons l’accepter.
  4. J’irai jusqu’au bout, quelles que soient les difficultés.
  5. Quelque soit son adversaire, le tenant du titre sera le favori de cette finale.
  6. Quel qu’il soit, le responsable de ce malentendu doit être puni.
  7. Quels que soient ses titres, ce vaniteux ne m’en impose pas.
  8. Quelqu’il soit, un homme mérite le respect.
  9. Le moral joue un grand rôle, quelle que soit la maladie.
  10. Il faudra bien en passer par ses volontés, quelqu’elles soient.

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Les rêves, quels qu’ils soient, ont une signification cachée.
    Le terme sur lequel on s’interroge est ici suivi d’un pronom personnel (« ils ») : il convenait donc de l’écrire en deux mots et d’accorder le premier (« quels ») avec ledit pronom.
  2. Phrase correcte.
  3. Faux. Il faut écrire : Quelle que soit la raison de son retard, nous ne pouvons l’accepter. Le terme qui fait problème est, dans notre phrase, suivi d’un verbe (« soit »). C’est là le signe qu’il doit s’écrire en deux mots. Le premier se mettra au féminin singulier pour s’accorder avec le sujet du verbe (« raison »).
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : Quel que soit son adversaire, le tenant du titre sera le favori de cette finale. Le mot qui suit est en effet un verbe (« soit »). Si le contexte devait indiquer que l’adversaire en question est une femme, il est à noter que l’on écrirait « quelle que ».
  6. Phrase correcte.
  7. Phrase correcte.
  8. Faux. Il faut écrire : Quel qu’il soit, un homme mérite le respect. C’est en effet un pronom personnel (« il ») qui fait suite au mot litigieux. Le premier élément est au masculin singulier pour s’accorder avec ledit pronom.
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : Il faudra bien en passer par ses volontés, quelles qu’elles soient. Le terme à propos duquel on hésite est suivi d’un pronom personnel (« elles »). Voilà pourquoi il s’écrit en deux mots, le premier (« quelles ») s’accordant avec lui.

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

25 réponses à « quelque » ou « quel que » ?

  1. Frederique Donovan dit :

    Bonjour,

    J’aimerais savoir quelle est la nature grammaticale de quel dans « quel que soit le sort », est-ce un adjectif puisqu’il s’accorde avec le nom? Si oui, lequel ?

    Merci!

  2. Bonjour,

    J’ai une petite question qui complique encore un peu la règle. Comme écrire « quel que soit » quand on a une énumération qui suit :
     » Quels que soient votre âge, votre envie ou votre quotidien » ou bien « Quel que soit votre âge, votre envie ou votre quotidien » ?

    C’est le « ou » qui me pose problème dans l’accord de cette expression…
    Merci d’avance pour vos réponses.
    Audrey

    • Sandrine dit :

      Bonsoir Audrey, la réponse est que vous avez le choix.
      En effet, quand les sujets sont unis par « ou », l’accord se fait :
      – soit avec le sujet le plus proche : « Quelle que fût la circonstance ou la personne » (Jammes, De l’âge divin à l’âge ingrat).
      – soit avec l’ensemble des sujets : « Quels que soient leur qualité ou leur mérite (Montherl., Service inutile).
      Dans votre exemple, j’opterais plutôt pour le pluriel « quels que soient votre âge, votre envie ou votre quotidien », car on peut considérer que « ou » est inclusif (proche de « et »).
      NB : les exemples sont tirés du Grevisse.
      Bonne soirée et à bientôt !

  3. Jacque dit :

    Il y a aussi le « quelque » adverbe, signifiant « environ », qui est souvent mal orthographié.
    Ex: Cette manifestation a rassemblé quelque 400 personnes.

    • Sandrine dit :

      Vous avez raison de le souligner. « Quelque » peut aussi être un adverbe (donc invariable) quand il a le sens de « environ, à peu près », c’est-à-dire qu’il s’emploie pour modifier la valeur d’un nombre, exactement comme dans votre exemple. Merci et bon week-end !

      • Chambaron dit :

        Le trouble-règle a encore sévi !
        Il y a en effet une petite exception : « quelque » s’accorde. même dans ce cas devant « cent » et « mille » car ils ont le sens de « centaines de » ou « milliers de ».
        À sa majorité, on lui versa quelques mille francs (FLAUB., Bouvard, t. 1, 1880, p. 8). La propriété, l’Ermitage, se trouvait à quelques cents pas (ZOLA, Débâcle, 1892, p. 418). (source TLF).
        Par extension, je pense qu’il en va de même avec « millions » et « milliards », mais là c’est plus intuitif.

        Bien littérairement,
        Chambaron

  4. Sylvie dit :

    Bonjour,

    J’ai une question, dans la phrase suivante, qu’est-il correct d’écrire:

    On a écrit: «quelque faveur que ce soit» et moi je crois que c’est quelle quel faveur que ce soit. Qui a raison? Merci!

    Sylvie

  5. Hugues dit :

    Bonjour,

    j’écrivais, à tort ai-je compris, « les frais quelques soient leur nature ». J’ai corrigé en « les frais quelles que soient leur nature », mais un doute subsiste toujours : ne serait-ce pas plutôt « les frais quelle que soit leur nature » ?

    Si vous pouviez m’éclairer…

    Merci d’avance pour la réponse et merci déjà pour ce site.

  6. Claire dit :

    Oui le problème pour moi est de savoir si on met quelque en un mot ou en deux devant un substantif. Ecrit-on  » sous quelque forme » ou « sous quelle que forme » ? Il me semble qu’ici s’agissant d’un adjectif il y a accord. Mais j’hésite.

  7. marie-jo dit :

    bonjour

    votre site est très enrichissant !!
    Avec ma collègue nous n’étions pas d’accord sur l’orthographe de « les contraintes quelles qu’elles soient »
    Grâce à vous nous avons la réponse !!
    Enfin nous le souhaitons.

    Merci

  8. Adil Alami dit :

    Bonjour,
    Comment exprimer « sans frais additionnel »;
    ···ni de quels que frais que ce soit ou bien
    ···ni de quelques frais que ce soit ?
    Merci pour votre retour

    • Erick dit :

      Bonjour Adil,
      Comme l’explique notre article : « Le terme qui pose problème est placé devant un adjectif, un nom ou un adverbe ? C’est « quelque » en un seul mot qu’il faut écrire ».
      C’est bien votre cas : placé devant le nom pluriel « frais », c’est quelque (sans « s ») qui s’impose.
      ==> … ni de quelque frais que ce soit.

      • Chambaron dit :

        J’ai un doute sur l’accord de « quelque » devant un nom au pluriel dans ce cas.
        Vous expliquez à Adil de ne pas accorder devant « frais » (toujours pluriel), mais B. Dewaele donne en exemple ; « Quelques efforts qu’il fasse, il n’y parviendra pas ».
        Ce n’est pas une forme adverbiale, mais un adjectif indéfini, et l’accord me semble s’imposer.
        Quel est votre avis ?
        Il serait peut-être bon de compléter l’article en conséquence…

        Cordialement,
        Chambaron

        • Sandrine dit :

          Je pense avoir trouvé la réponse !

          D’après Grevisse, « quelque s’emploie comme déterminant dans les tours concessifs de la langue soignée : « Quelques raisons que vous donniez, vous ne convaincrez personne ». — « Quelque expérience que nous ayons acquise en ce domaine » (J. Rostand).
          –> Ici, « quelque » s’accorde avec le nom qu’il détermine.

          En revanche, précise Grevisse, « on veillera à ne pas confondre ce cas avec quelque (si), qui se rencontre également dans les tours concessifs de la langue soignée : « Quelque tristes que soient les suppositions où vous vous livrez… » (Gautier). — « Quelque étourdis qu’aient pu être les Girondins.. » (Michelet), etc.
          –> Ici, « quelque » adverbe est invariable.

          • Chambaron dit :

            Joli retour !
            Cela étant, il n’y a donc pas d’accord devant un adjectif (on peut alors remplacer par « aussi » qui est invariable), mais bien devant les substantifs.
            Il convient donc de redresser un tantinet la réponse à ce pauvre M. Adil qui doit à l’heure qu’il est n’en pouvoir « mais » devant nos ergotages de coqs français…
            Et que vive Chantecler!

            Chambaron

  9. Jean-marie dit :

    Bonjour,
    j’aimerais savoir si j’ai bien compris et si c’est correct
    Quelles que soient les politiques menées….
    faut-il accorder le verbe ou est-il invariable dans le cas de cette expression ?
    ou
    quelque soit les politiques menées ?
    parce qu’il n’y a pas de pronom personnel

    • Erick dit :

      Oui Jean-Marie, comme nous l’indiquons dans ce billet, s’il précède un verbe, alors « quel que » s’écrit en deux mots et s’accordent bien avec le sujet du verbe. Le sujet est bien « les politiques » dans votre cas.

  10. Neent dit :

    Bonjour,
    Bravo pour ce que vous faites pour la langue française, c’est très appréciable.
    J’ai une question qui n’a cependant rien avoir avec la langue française ; quel logiciel (si c’en est un) utilisez-vous pour faire vos vidéos animées ?

    Cordialement

    • Erick dit :

      Je ne saurais vous répondre, Neent, puisque ce n’est pas nous qui avons réalisé ces vidéos, mais un partenaire spécialisé.
      Il me semble que ces animations ont été réalisées en Flash, mais je ne peux vous l’assurer.

  11. Pesneau dit :

    Merci. Les exercices gagneraient à intégrer le cas où « le terme qui pose problème » précède un nom et non pas seulement le verbe être.

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