« un espèce de sorcier » « une espèce de sorcier » ?

Erreur couramment commise

Une fois sur deux, on entend « un espèce de fou dangereux » quand il faudrait dire « une espèce de fou dangereux ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Même suivi d’un complément masculin, le nom « espèce » reste, lui, du féminin. Il ne faut donc jamais dire « un espèce de » !

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Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Ce qui n’arrange rien, c’est que l’adjectif ou le participe qui suit est censé s’accorder, lui, avec le complément. C’est ainsi que l’on écrira : « Cette espèce de sorcier est devenu (et non devenue) l’homme fort du village. » Il en va bien sûr autrement quand « espèce » ne signifie pas « sorte », mais retrouve son sens plein, à savoir « ensemble d’êtres vivants féconds entre eux ». Dans ce cas, l’accord se fera plutôt avec « espèce ».

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Nous rangeons les outils dans une espèce d’appentis.
  2. On nous a servi un espèce de cocktail fruité.
  3. Cet espèce de vieux machin ne mérite pas le nom d’imprimante.
  4. N’importe quel espèce de poisson convient pour cette recette.
  5. Improvisez une espèce d’apéritif pour nos clients.
  6. Cet espèce d’oiseau se raréfie.
  7. Ce bureau est en fait une espèce de placard.
  8. Il me faut un espèce de carton assez grand pour l’emballer.
  9. Rédigez un court texte d’introduction, une espèce de préambule.
  10. N’importe quel espèce de téléphone fera l’affaire.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : On nous a servi une espèce de cocktail fruité.
    « Espèce » étant un nom féminin, il faut écrire « une espèce ».
  3. Faux. Il faut écrire : Cette espèce de vieux machin ne mérite pas le nom d’imprimante.
    « Espèce » étant un nom féminin, il faut écrire « cette espèce ».
  4. Faux. Il faut écrire : N’importe quelle espèce de poisson convient pour cette recette.
    « Espèce » étant un nom féminin, il faut écrire « n’importe quelle espèce ».
  5. Phrase correcte.
  6. Faux. Il faut écrire : Cette espèce d’oiseau se raréfie.
    « Espèce » étant un nom féminin, il faut écrire « cette espèce ».
  7. Phrase correcte.
  8. Faux. Il faut écrire : Il me faut une espèce de carton assez grand pour l’emballer.
    « Espèce » étant un nom féminin, il faut écrire « une espèce ».
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : N’importe quelle espèce de téléphone fera l’affaire.
    « Espèce » étant un nom féminin, il faut écrire « n’importe quelle espèce ».

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire
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 » Espèce d’abruti !  » Est-ce qu’on traite l’individu en question « d’espèce » ou  » d’abruti  » ? En ce qui me concerne, j’aime beaucoup comment le langage s’est saisi du mot « espèce » pour en faire cet objet qualificatif qui permet d’insulter quelqu’un moins succinctement qu’un bien court « Abruti! » Pour moi, le nom commun « espèce » s’est transformé dans cet exemple en objet présentatoire du mot principal qu’il précède. De même le nom commun « espèce » présente deux natures
différentes dans les 2 exemples suivants 1- « On a découvert une nouvelle espèce de hanneton à Madagascar  » 2- Au défilé du carnaval j’ai vu un char incroyable : un espèce de hanneton avec des roues carrées… » Je comprends ceux qui ne veulent pas se compliquer la vie à faire des distinctions subtiles entre ces deux aspects de ‘espèce’, mais pour ma part je trouve très enrichissant de comprendre la différence fondamentale entre les deux exemples. Dans le premier, l’information principale véhiculée par la phrase concerne cette ‘espèce’ nouvelle qu’on a découverte, c’est donc le nom commun du genre féminin qui convient. Dans le deuxième exemple l’information délivrée porte essentiellement sur l’incongruité d’un véhicule qui pourrait s’apparenter à un hanneton, mais qui n’en est pas un du tout, qui ne ressemble à pas grand-chose, qui est en fait inclassifiable. Et c’est tout ce concept que signifie dans cet exemple le qualificatif d’
« espèce », quasi à l’opposé du sens de ‘espèce animale’!
J’apprécie particulièrement cette fonction d’épithète et c’est pourquoi personnellement je l’accorde au genre du nom associé et je dirai toujours « un espèce de hanneton avec des roues carrées » ou  » Il y a un espèce de taré qui sévit au Ministère de l’Education Nationale  » en dépit des recommandations des académiciens et autres champions du monde!… ces mêmes ecclésiastes qui prônent par ailleurs d’écrire :  » Une espèce de fou est entré dans ma chambre  » ! qui est la démonstration flagrante de l’absurdité du féminin du pronom indéfini et que ‘espèce’ n’est qu’ un attribut de ‘fou’ qui par contre lui, en tant que nom masculin va induire l’accord du participe passé. Mais à chacun sa logique. Je terminerai en signalant un deuxième mot qui a subi exactement la même métamorphose que ‘espèce’, un mot bien peu distingué mais bien utile et bien répandu : « Putain » Lui aussi sert dans les interjections :  » Putain de météo! » et sert aussi comme auxiliaire qui prend le genre du nom qu’il précède :’ Putain de camion.. » ( Chanson de Renaud)  » Je me suis pris un putain de zéro en rédaction »  » « Pendant 30 kms Je me suis tapé un putain de camion sur cette route étroite » différent de  » je me suis tapé une putain de camion, tu sais, celles qui travaillent au bord de la route dans un van  » Voilà mon opinion, espèces de rustres! Car ‘espèce’ en tant qu’épithète peut non seulement prendre le masculin mais aussi le pluriel…

On parle très mal en France !!!!!!!!!!! On entend aussi souvent : application numéro une !!!!! C’est faux !!!! numéro étant masculin on doit dire : application numéro un !!!!!!!!!!! Même si le premier mot est féminin c’est toujours le mot numéro qui l’emporte !!!!!!! N’est-ce pas messieurs les journalistes télé !!!!!!!!!!!!!

la jeune ornithologue est tombée amoureuse d’une espèce d’oiseau
la jeune ornithologue est tombée amoureuse d’un espèce d’oiseau

ce n’est pas pareil, la construction dusens est différente, donc la différence un/une est justifiée

    Bonsoir, pas la peine de faire d’espèce un nom masculin pour distinguer ces deux phrases ! La première est au sens propre, la seconde au figuré. Comme souvent, c’est le contexte qui nous aide à comprendre. Jusqu’à nouvel ordre, on continuera donc de dire : une espèce ! Bonne soirée

Malheureusement on l’entend TRÈS fréquemment sur les ondes de France-Culture – du moins dans la bouche des invités/participants. Les animateurs, quant à eux, semblent plus « prudents »…

« espèce » étant pratiquement synonyme de « sorte », il est facile de lever le doute – s’il en reste – en faisant le remplacement : « un(e) espèce de machin » : on ne dirait certainement pas « un sorte de machin », donc c’est bien unE qu’il faut.