« état » ou « État » ?


(Difficulté traitée dans le module Projet Voltaire EXCELLENCE)

Erreur couramment commise

Il n’est pas rare d’oublier la majuscule à « état » quand il faut écrire « l’État français ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

On écrit « État », avec une majuscule, pour désigner un pays, une nation ou son autorité souveraine.

> En France, le chef de l’État est élu au suffrage universel.

Dans tous les autres cas, on écrit « état », avec une minuscule.

> L’évaporation désigne le passage de l’eau de l’état liquide à l’état gazeux.


Bruno Dewaele - champion du monde d'orthographeAvis de l’expert –
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Il n’est pas rare que la majuscule permette ainsi de distinguer une acception particulière d’un nom. Outre les cas, envisagés ailleurs, d’église et de dieu, on peut évoquer celui de bourse : marché financier quand on le pare de la majuscule, il n’est plus qu’un simple sac contenant de la menue monnaie dès qu’on l’en prive. Pour ne pas évoquer d’autres attributs, portés eux aussi au-dessous de la ceinture…

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. L’armée a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État.
  2. L’état de New York a autorisé le mariage homosexuel en 2011.
  3. Monaco est un des plus petits États du monde.
  4. Les ennuis judiciaires du ministre ont vite tourné à l’affaire d’état.
  5. La liaison du président n’est plus un secret d’état mais un secret de Polichinelle.
  6. Chacun, tous partis confondus, le considère comme un grand homme d’état.
  7. « L’état, c’est moi », aurait dit Louis XIV.
  8. Un officier d’état civil célébrera le mariage à la mairie.
  9. En tout état de cause, nous ne pouvons accéder à votre requête.
  10. Veuillez me retrouver à 14 heures à l’appartement pour l’État des lieux.

 

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : L’État de New York a autorisé le mariage homosexuel en 2011. On a affaire ici à une entité politique : il faut écrire « État », avec une majuscule.
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Les ennuis judiciaires du ministre ont vite tourné à l’affaire d’État. Une « affaire d’État » concerne la nation. Dans cette expression, « État » prend donc une majuscule.
  5. Faux. Il faut écrire : La liaison du président n’est plus un secret d’État mais un secret de Polichinelle. Un « secret d’État »concerne la nation. Dans cette expression, « État » prend donc une majuscule.
  6. Faux. Il faut écrire : Chacun, tous partis confondus, le considère comme un grand homme d’État. L’expression « homme d’État » désigne quelqu’un qui est chargé des affaires de la nation : on met une majuscule à « État ».
  7. Faux. Il faut écrire : « L’État, c’est moi », aurait dit Louis XIV. « L’État, c’est moi » signifie « la nation, c’est moi ». « État » prend donc une majuscule.
  8. Phrase correcte.
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : Veuillez me retrouver à 14 heures à l’appartement pour l’état des lieux. L’« état » dont on parle ici n’a aucun rapport avec un pays ou une nation. Il ne s’écrit donc pas avec une majuscule, mais avec une minuscule.

 

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

5 réponses à « état » ou « État » ?

  1. Nat dit :

    Bonjour bonjour… Cela me fait un peu bizarre, quand même… Je corrige un texte dans lequel j’ai consécutivement un pays et un État, et je trouve étrange de mettre une majuscule à l’un et une minuscule à l’autre…

    • Sandrine dit :

      Bonsoir, je comprends votre perplexité. En fait, la majuscule à « État » est utile car elle permet de distinguer les deux sens du mot : d’un côté le gouvernement (État), de l’autre la disposition (état). On parlera ainsi de « l’état d’un État ». Voir à ce propos la chanson à calembour de Luna Parker : « Tes états d’âme… Éric » ! Le nom « pays » n’étant pas équivoque, il se contente d’une minuscule. Bonne soirée.

  2. Chambaron dit :

    Même subtil distinguo pour quelques autres mots : ci-après majuscule pour le cas cité, minuscule pour les autres acceptions (avec exemple). Certains sont très utiles par les temps qui courent…
    – Administration : ensemble des services de l’État (mais les administrations sont fermées le dimanche)
    – Empire : régime politique, période historique ou style décoratif (mais l’empire colonial français, car constitué de divers États souverains)
    – Hôtel de Ville/Mairie : l’administration municipale (mais minuscule pour le bâtiment lui-même)
    – Islam : civilisation ou monde musulman (mais minuscule pour la religion)
    – Juif : uniquement si désigne le peuple (mais minuscule pour la religion)
    – Trésor : administration des finances publiques (minuscule pour le coffre du pirate)
    – Livres sacrés : majuscule si désigne le texte, minuscule pour le livre physique (tiré de la Thora, mais un coran bien usagé) ou le sens figuré (ce roman est devenu ma bible).

    Bien littérairement,
    Chambaron

    • Sandrine dit :

      Bonsoir Chambaron, je ne connaissais pas cette distinction concernant le nom « Juif ». Grevisse indique simplement que l’usage est partagé entre minuscule et majuscule, sans plus de précisions. J’avais constaté il y a peu que l’emploi du « N » majuscule à « Noir » était décrié. Qu’en pensez-vous ? Vous auriez pu ajouter notre fameux « Église/église » à la liste ! ;-) Bonne soirée.

      • Chambaron dit :

        Bonsoir Sandrine,

        « Église » figurait déjà dans l’Avis de l’expert du présent sujet, aux côtés de Dieu (quel honneur) et de Bourse (moins glorieux).
        Concernant les « personnes d’origine subsaharienne à la peau marron », il convient à mon sens de mieux expliciter la règle afin de désamorcer les polémiques stériles. Les dictionnaires sont souvent trop restrictifs dans leur définition.
        En effet, plutôt que de signaler que la majuscule s’applique aux habitants de ceci ou cela, aux races (c’est ce qui pose problème en l’occurrence) ou autres ensembles, il conviendrait de préconiser de l’utiliser pour « tout être humain appartenant à une communauté anthropologique ou sociale clairement identifiée » (définition de mon cru). Hormis la croyance religieuse (voir juif et musulman) ou philosophique (les francs-maçons), cela couvre bien tous les domaines : les Indiens, les Franciliens, les Arabes, les Slaves, les Aborigènes, les Méditerranéens, les Républicains (parti politique), les Nordistes et … les Noirs, dès lors qu’on leur confère une « identité ». Et pourtant, le critère communautaire est variable pour tous ces groupes !
        On peut néanmoins parler des « noirs » lorsqu’on ne vise que la couleur de l’épiderme à fort taux de mélanine, mais cela reste marginal, vous en conviendrez.
        Enfin, et ce n’est pas le moindre, cela évite les confusions avec les autres substantifs : si j’écris « un petit noir intense », dois-je comprendre un expresso bien serré, un minuscule tableau de Pierre Soulage ou un Pygmée incisif et percutant ?

        Bien littérairement,
        Chambaron

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