Grand oral du bac : préparer ses élèves

Introduit en 2020 par la réforme Blanquer dans le paysage académique français, le Grand oral du bac prend désormais place à côté des traditionnelles épreuves écrites. Il consiste pour l’élève en un passage devant un jury, pour une question et un échange portant sur les spécialités choisies et sur le projet d’orientation.

Comment préparer ses élèves à cette épreuve particulière ? Comment leur permettre de réviser sereinement ? Comment faire en sorte qu’ils soient à l’aise lors de leur prise de parole devant le jury ? Le Projet Voltaire vous donne dans cet article plusieurs conseils émanant d’enseignants, et vous propose également un outil d’entraînement : Mon oral.

Sommaire :

Quelques rappels sur le Grand oral

En quoi consiste le Grand oral du bac ?

Entré en vigueur en 2020 à la suite de la réforme menée par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, le Grand oral fait désormais pleinement partie des épreuves du baccalauréat. Il concerne les candidats au bac général et technologique, donc les élèves de terminale. La réforme qui lui donne vie instaure également le contrôle continu, ainsi que la disparition des filières S (scientifique), ES (économique et social) et L (littéraire).

Dans le cadre de cette « nouvelle formule » du baccalauréat, le Grand oral se veut une épreuve phare, avec un coefficient 10 pour le bac général et un coefficient 14 pour le bac technologique. Cela est loin d’être négligeable. Le jury est composé de deux professeurs de matières différentes.

L’évaluation porte en particulier sur la capacité à exprimer ses idées et à se montrer convaincant.

Les deux questions sont présentées au jury qui en retient une. L’élève dispose ensuite de 20 minutes pour préparer son propos et créer un support. Ce support n’est pas évalué par le jury, il sert uniquement à l’élève. Une fois face au jury, l’élève doit justifier son choix de question puis développer son propos en cinq minutes. S’en suit un échange de dix minutes avec le jury, qui peut demander à l’élève d’approfondir sa réflexion. Enfin, cinq minutes sont consacrées à un échange sur le projet d’orientation de l’élève.

Chaque élève prépare en amont de l’épreuve deux questions portant sur les spécialités qu’il a choisies. Celles-ci sont adossées au programme du cycle de première et de terminale. En ce qui concerne la voie générale, les questions peuvent concerner les deux spécialités ou une seule. Pour ce qui est de la voie technologique, les questions s’appuient sur une spécialité de série.

Les enjeux pour les élèves

Comme précisé plus haut, le coefficient de l’épreuve fait déjà de celle-ci une échéance importante. Même si d’autres épreuves peuvent présenter un coefficient supérieur (jusqu’à 16), il n’en reste pas moins que le Grand oral peut faire chuter la moyenne d’un candidat… ou au contraire l’améliorer en cas de réussite pour permettre l’obtention du diplôme, voire d’une mention. Une raison suffisante pour y travailler !

Surtout, il faut garder en tête que le Grand oral représente l’une des premières grandes « confrontations » des élèves avec un jury. Certes, nombre d’entre eux auront déjà vécu l’épreuve orale du brevet des collèges et l’oral de français en première, mais ils ne sont pas très habitués pour autant à la prise de parole devant un public. De surcroît, ils se retrouvent face à des professeurs qui ne travaillent pas dans leur établissement et qu’ils ne connaissent pas. Le caractère académique du baccalauréat, examen symbolique par excellence, peut par ailleurs contribuer à une pression supplémentaire.

Enfin, une prestation réussie le jour J permettra à l’élève d’avancer un peu plus sereinement vers son avenir. Que ce soit dans le cadre des études ou du monde professionnel, l’aisance à l’oral est une qualité précieuse. Cela permet également de s’affirmer plus facilement en tant que citoyen et d’exercer ses droits et devoirs.

Dans ce cadre, il convient pour chaque enseignant de préparer les élèves tant sur la forme que sur le fond.

Préparer ses élèves au Grand oral du bac : nos conseils

Expliquer le fonctionnement et le déroulé de l’épreuve à ses élèves

Nous l’avons vu plus haut : le Grand oral du bac se prépare en amont. Il est nécessaire d’effectuer cette préparation avec soin, afin que chaque élève arrive à l’épreuve en maîtrisant les spécialités choisies pour le bac. Il est également indispensable que chaque élève soit au fait du déroulement de l’épreuve. Pour rappel :

  • choix du sujet par le jury ;
  • 20 minutes de préparation (et création du support de présentation) ;
  • 5 minutes de présentation face au jury (avec justification du choix de questions) ;
  • 10 minutes de questions et réponses sur le sujet choisi ;
  • 5 minutes d’entretien sur le projet d’orientation.

En classe, en amont de l’épreuve, chaque moment du Grand oral doit être expliqué et développé, afin que les élèves ne soient pas surpris le moment venu. Il faut notamment insister sur l’importance du support : celui-ci n’est pas évalué par le jury. L’élève doit donc le voir comme une aide. Il peut être utile de travailler sur ce point en classe (comment réaliser un support efficace qui soit réellement utile pendant l’épreuve).

Faire prendre en main la grille d’évaluation par ses élèves

Deuxième point très important : les élèves doivent évidemment comprendre de quelle manière ils sont évalués par les professeurs membres du jury.

On peut d’abord leur expliquer que cette épreuve est notée sur 20, comme les autres. Le candidat est évalué sur sa capacité à argumenter de façon claire et pertinente à partir de ses connaissances dans un temps imparti, ainsi que sur la qualité de ses connaissances. L’esprit critique et la prise de recul sont appréciés pour démontrer sa curiosité et sa motivation.

Il peut ensuite être utile de préciser en classe les critères de notation, qui sont les suivants :

  • Qualité orale : la voix doit soutenir efficacement le discours, le candidat utilise un vocabulaire riche et précis.
  • Qualité de la prise de parole en continu : la parole est fluide, le candidat sait tirer profit du temps imposé.
  • Qualité des connaissances : le candidat a de bonnes connaissances sur le sujet sur lequel il est interrogé, et il sait les utiliser à bon escient.
  • Qualité de l’interaction : le candidat réagit de manière pertinente aux questions et interrogations du jury.
  • Qualité et construction de l’argumentation : le candidat sait construire une argumentation solide.

Ces différents points peuvent être travaillés dès que possible sous forme de petits exercices. Ils doivent surtout être bien compris par les élèves. Ceux-ci doivent retenir que la forme compte autant que le fond.

Notez à cet égard que l’outil Mon oral proposé par le Projet Voltaire permet, outre l’entraînement à la prise de parole, une prise en main par les élèves de plusieurs grilles d’évaluation, dont une correspondant à l’épreuve officielle du Grand oral. L’élève s’approprie ainsi plus facilement les conditions d’évaluation et augmente ses chances de réussir son passage devant le jury.

Je découvre Mon oral

Pratiquer l’oral en classe le plus régulièrement possible

Pour préparer au mieux les élèves, il n’y a pas de secret : il faut encourager autant que possible la prise de parole en classe, et ce le plus tôt possible. Cela passe par les classiques présentations et exposés en classe (seul ou en groupe), ainsi que par le travail d’élèves entre eux. Ces exercices permettent aux jeunes de travailler sur les échanges d’idées et la structuration d’un plan.

Toutefois, il n’est pas obligatoire de mobiliser des heures entières pour travailler en classe la prise de parole. Il est par exemple possible de demander aux élèves de respecter certaines consignes au quotidien : ne pas s’interrompre les uns les autres, se lever pour parler, avoir une diction claire, regarder son interlocuteur… Il est également possible de leur demander de s’expliquer entre eux la consigne des exercices à effectuer. Tout cela contribue à préparer les élèves pour le jour du Grand oral.

Organiser des exercices avec des collègues enseignants

Le jour J, les élèves seront face à des professeurs qu’ils ne connaissent pas. Il peut être intéressant, dans ce cadre, de travailler avec certains collègues de l’établissement et d’échanger les classes de temps à autre pour les exposés oraux. De cette manière, les élèves s’habituent à parler devant d’autres personnes que leurs professeurs.

De même, il peut être intéressant de mener certains projets en commun sur des sujets transversaux. Ainsi, les jeunes comprennent plus facilement l’intérêt de croiser les disciplines. Ils s’habituent également, pour répondre, à piocher dans un corpus plus vaste que celui d’une seule matière.

Multiplier les oraux blancs

Là encore, pas de secret. Si les élèves sont mis en situation en amont de l’épreuve, ils seront en mesure de montrer le meilleur d’eux-mêmes le jour de l’épreuve. Ainsi, il ne faut pas hésiter, dans la mesure du possible, à organiser un ou plusieurs oraux blancs se déroulant dans les mêmes conditions que le Grand oral.

Bien entendu, il sera pertinent de réaliser avec chaque élève un compte rendu de sa prestation. L’objectif est que chacun se rende compte de ses forces, de ses faiblesses et des points à améliorer. Encore une fois, la solution Mon oral permet aux enseignants d’organiser plus facilement ce type d’entraînement et de gagner un temps précieux. Mon oral permet en effet aux élèves de s’enregistrer en suivant une consigne donnée puis d’envoyer leur fichier vidéo ou audio directement sur une plateforme. L’enseignant peut corriger en fonction d’une grille personnalisable.

Cette solution permet de travailler la prise de parole de manière asynchrone et de « sortir » l’oral du temps passé en classe. Mon oral permet aussi une notation des élèves « en direct », en conditions d’examen.

Travailler le langage non verbal… et gérer le trac

On en revient ici au travail quotidien effectué en classe, dont on a parlé plus haut. Il est également important de faire en sorte que les élèves maîtrisent le langage de leur corps. Des mains qui se crispent et dont on ne sait pas quoi faire, un regard fuyant, une mauvaise position devant les professeurs qui interrogent… Tout cela peut donner une mauvaise impression au jury. Mieux vaut s’entraîner tout de suite à avoir la bonne posture, la bonne attitude, les bons gestes. Encore une fois, cela peut se travailler en classe, lors des exposés.

Il est possible de faire en sorte qu’une partie des élèves jouent le rôle d’examinateurs « sur le fond » et d’autres « sur la forme ». Ainsi, chacun a un retour sur ses tics de langage éventuels, sa manière de parler, etc. Une excellente base pour progresser.

Anticiper les questions posées par le jury

Pour convaincre un auditoire, il existe différentes stratégies… notamment celle de se préparer aux questions dont on peut raisonnablement penser qu’elles seront posées ! Dans ce cadre, il peut être intéressant de travailler ce point avec les élèves. Ceux-ci peuvent par exemple imaginer ensemble quelles questions seraient posées par des professeurs au terme d’une présentation ou d’un exposé. De cette manière, on évite d’être pris de court et on travaille sur les dernières parties du Grand oral : l’entretien de 10 minutes et l’échange sur le projet d’orientation.

Pour en savoir plus sur la préparation au Grand oral, découvrez cet article de l’Éducation nationale.

Utiliser la solution Mon oral du Projet Voltaire

Pour vous accompagner dans la préparation de l’épreuve, le Projet Voltaire a co-conçu avec des enseignants un outil qui s’utilise en asynchrone et en distanciel pour entraîner vos élèves à réussir leurs oraux : Mon oral.

Personnalisable par chaque professeur, cette méthode brevetée s’adapte aux besoins de vos classes et vous donne accès à la progression de chacun grâce à un portail de suivi des statistiques. Ce dispositif vous permettra d’évaluer la compétence orale avec précision et impartialité en faisant la distinction entre la qualité de l’argumentaire et la manière de prendre la parole. 

Son approche ludique dédramatise le passage à l’oral pour les élèves. Grâce à son système de grilles d’évaluation personnalisables, il s’adapte aux enjeux de chaque enseignant, pour devenir un outil évolutif, collaboratif et interdisciplinaire.

Avec Projet Voltaire Mon oral, les élèves se forment au fil de l’année aux attendus de toute prestation orale. Ils s’approprient les grilles d’évaluation officielles et améliorent leur capacité à argumenter.

Découvrez la solution Mon oral pour préparer vos élèves au Grand oral

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