Actualités Culture générale

Publié le 20 février 2017

La concaténation en trois leçons

Quel est le point commun entre la tirade d’une pièce de Molière, une comptine pour enfants et la chanson d’un boys band anglais ? À première vue pas grand-chose ! Pourtant elles utilisent toutes les trois un procédé stylistique fondé sur la répétition et qui répond au doux nom de « concaténation ». Explications. « Mourir pour des idées, l’idée est excellente », chante Georges Brassens. Avez-vous remarqué que le mot qui termine la première proposition est repris au début de la proposition suivante ? Ce procédé de redoublement s’appelle l’anadiplose. Et une suite d’anadiploses forme une concaténation. La concaténation, comme d’autres figures fondées…

Lune bleu avec un visage
Publié le 6 février 2017

Petit traducteur des chansons de notre enfance (2/2)

Voici le second volet de notre article consacré aux chansons de notre enfance et à leurs mots énigmatiques. Reconnaissons-le, nous les fredonnions sans toujours bien en comprendre le sens ! Et pour cause : la plupart d’entre elles, à l’origine des marches militaires, datent du XVIIIe siècle et contiennent des termes d’ancien français qui ont depuis disparu ou dont le sens a évolué. Mais il est encore temps de corriger le tir à l’aide de ces nouvelles définitions à transmettre aux jeunes générations. Guérets « Mon beau sapin, roi des forêts, que j’aime ta verdure. Quand par l’hiver, bois et guérets sont…

Enfants dansant la capucine
Publié le 5 février 2017

Petit traducteur des chansons de notre enfance (1/2)

Elles nous ont fait rire et danser, elles ont inspiré nos plus beaux dessins, elles nous ont aidés à trouver le sommeil : ce sont… les chansons de notre enfance ! À l’époque, nous apprenions sagement les paroles sans toujours bien les comprendre. Et pour cause : la plupart d’entre elles, à l’origine des marches militaires, datent du XVIIIe siècle et contiennent des mots d’ancien français qui ont depuis disparu ou dont le sens a évolué. Parce qu’il n’est jamais trop tard, voici la liste non exhaustive des principaux mots qui nous ont échappé. Blonde « Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon,…

Publié le 4 février 2017

Du baise-en-ville au va-nu-pieds : ces mots composés à rallonge

En règle générale, les noms composés sont formés de deux éléments : un verbe et un nom (un tire-bouchon), deux noms (un balai-brosse), un adjectif et un nom (une belle-fille)… Mais parfois, ils comportent plus de deux éléments, tous reliés par des traits d’union. Ces noms, également appelés « phrases-mots », sont toujours invariables. Si certains sont passés dans le langage courant, voire populaire, d’autres, plus rares, ont un charme délicieusement désuet. Voici quelques exemples. un baise-en-ville Le nom désigne un petit sac destiné aux effets personnels pour passer une « nuit » hors de chez soi…. À ne pas confondre avec le « je-ne-baise-plus », ruban…

Publié le 3 février 2017

Fuchsia, dahlia et forsythia : trois fleurs issues de noms propres

Le point commun entre les noms « fuchsia », « dahlia » et « forsythia » ? Ils contiennent des « h » et des « y », rendant leur écriture (voire leur prononciation) difficile. Et pour cause, ces trois fleurs tirent leur appellation de noms propres d’origine étrangère, généralement ceux de botanistes. Et si, pour mémoriser leur orthographe, nous commencions par faire les présentations ? Fuchsia / Leonhart Fuchs À la fin du XVIIe siècle, le père Charles Plumier découvre à Saint-Domingue un arbrisseau exotique aux fleurs pourpres qu’il appelle « fuchsia », en mémoire du botaniste allemand Leonhart Fuchs…

Publié le 28 décembre 2016

10 barbarismes à éradiquer d’urgence (suite)

À la suite de notre inventaire des barbarismes courants, vous avez été nombreux à nous suggérer de nouveaux accrocs lexicaux ! Pour rappel, un barbarisme enfreint la « morphologie » des mots, c’est-à-dire leur forme, la manière dont on les écrit. Commettre un barbarisme revient donc à inventer une orthographe qui n’existe pas. Généralement, l’erreur est perceptible à l’oral. Voici donc, pour notre plus grand plaisir, dix nouveaux barbarismes à traiter manu militari ! 1- « antidiluvien » au lieu d’antédiluvien C’est le préfixe ante- (avant) qui compose cet adjectif signifiant littéralement « avant le Déluge » (diluvium), c’est-à-dire l’épisode biblique. Il qualifie ironiquement quelque chose d’ancien,…

Publié le 6 décembre 2016

Antiphrase, euphémisme, litote : 3 figures d’atténuation

Voici trois procédés rhétoriques qui tournent autour du pot ! Mais attention, chacun a sa spécificité. Contrairement à l’antiphrase et à l’euphémisme, la litote est construite à la forme négative. De même, l’antiphrase et la litote atténuent un propos en apparence, pour mieux le renforcer dans la réalité, tandis que l’euphémisme l’adoucit pour de vrai. Pour comprendre ces trois figures de style, le contexte et l’intonation de la voix sont indispensables. Mais trêve de blabla, faisons sans plus tarder les présentations. L’antiphrase Le mot vient du grec anti-, « contre », et de phrazeïn, « exprimer, dire ». L’antiphrase revient donc à « dire le contraire ». Comment ?…

Publié le 4 décembre 2016

10 barbarismes à éradiquer d’urgence

Dans un précédent billet, nous avions dressé la liste des différents types de fautes. Parmi elles : le barbarisme, qui consiste à écorcher l’orthographe d’un mot, bien souvent en remplaçant ou en inversant des lettres. Étymologiquement, commettre un barbarisme revient à « parler comme un barbare » en employant des « expressions vicieuses ». Vous voilà prévenus ! 1- « acceuil » au lieu d’accueil En inversant ainsi les lettres, on change la prononciation ! « Acceuil », forme fautive, se prononce [asseuil]. Pour obtenir le son [k] de accueil, il faut écrire les lettres dans l’ordre suivant : u-e-i-l, autrement dit, « lieu » à l’envers ! 2- « aéropage » au…

Publié le 27 novembre 2016

Savez-vous nommer les fautes ?

Les fautes, on en commet, on les ignore, on les pardonne, on les corrige, on les déteste, on les combat, mais connaît-on leurs petits noms ? Pour commencer, on appelle cacographie le fait de mal écrire un mot. Et si l’on est fâché avec l’orthographe depuis l’école, qu’on a mal assimilé ses règles, on souffre sans doute de dysorthographie. Essayons à présent d’établir une typologie des fautes les plus courantes. Fautes lexicales et grammaticales – Si vous écorchez un mot en écrivant, par exemple, « aéropage » pour aréopage, « infractus » pour infarctus, « omnibuler » pour obnubiler, vous commettez un barbarisme. À en croire l’étymologie, cela…

Publié le 3 novembre 2016

Allitération, dérivation, polyptote : 3 figures qui parlent à l’oreille

Poursuivons notre série sur les figures de style avec trois nouveaux procédés particulièrement poétiques. Chacun repose sur la répétition de lettres ou de syllabes. Leur but ? Reproduire un son, caractériser une chose ou une idée, aider à la mémorisation. Voici quelques exemples, classiques et modernes, pour se familiariser avec l’allitération, la dérivation et le polyptote. 1) L’allitération L’allitération est la répétition d’une ou plusieurs consonnes dans une suite de mots. La plus célèbre allitération nous vient du théâtre : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » s’interroge Oreste dans Andromaque de Racine (Acte V, scène V). Ici, le choix d’une allitération…

Deux flèches qui pointent des directions opposées
Publié le 2 novembre 2016

Antithèse, oxymore, paradoxe : 3 figures d’opposition

La langue française offre d’infinies possibilités d’exprimer la même idée. Les figures de style sont là pour nous y aider. Aujourd’hui, intéressons-nous à trois procédés fondés sur l’opposition de mots contraires. Leur but ? Attirer l’attention, susciter la surprise, faire réfléchir, marquer durablement notre esprit. Voici le « mode d’emploi » de l’antithèse, de l’oxymore et du paradoxe. 1) L’antithèse L’antithèse consiste à rapprocher, au sein du même énoncé, deux pensées, deux expressions, afin de créer un contraste fort. Par exemple, dans Ruy Blas (1838), Victor Hugo évoque « un ver de terre amoureux d’une étoile ». Généralement, l’antithèse met en parallèle deux antonymes :…

Publié le 28 octobre 2016

La majuscule, tout un art !

Pourquoi utiliser des majuscules, c’est-à-dire des lettres plus grandes, en début de mot ? Pour distinguer, par exemple, un état grippal d’un État fédéral, l’océan Pacifique d’un océan pacifique, c’est-à-dire calme et paisible. De même, il est plus agréable d’arriver à la Réunion qu’en réunion ! Loin d’être un détail, la majuscule est indispensable pour éclairer le sens d’un mot et son oubli constitue une faute. Si les exemples cités vous sont familiers, plus épineux sont les cas où les majuscules entrent dans la composition du titre d’une œuvre. Les titres d’œuvres commencent tous par une majuscule. La question est de savoir…

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