Travailler l’oral au collège – Les conseils d’enseignants

Enseignants de collège, vous préparez vos élèves à la prise de parole. Vous leur donnez les clés pour réussir notamment l’épreuve orale du brevet. Dans ce cadre, le Projet Voltaire donne la parole à plusieurs de vos pairs, qui partagent leurs connaissances et leur savoir-faire sur le travail oral en classe et sur les outils à utiliser, en particulier Mon oral.

Le cycle 4 de l’Éducation nationale débute en cinquième et s’achève à la fin de la troisième. Il insiste sur l’importance de comprendre et maîtriser la langue française à l’écrit comme à l’oral. Il est ainsi précisé dans le programme : « L’enseignement du français au cycle 4 constitue une étape importante dans la construction d’une pensée autonome appuyée sur un usage correct et précis de la langue française […] »

Préparer les élèves à la prise de parole semble donc évident et nécessaire, et ce d’autant plus qu’ils se confrontent en fin d’année de troisième à l’épreuve orale du brevet et à la présentation de leur stage devant un jury.

Les enjeux de l’oral au collège

Préparer l’oral du brevet

Pour beaucoup d’élèves, l’épreuve orale du brevet constitue une « grande première ». Nombre d’entre eux en effet connaîtront ce type d’épreuve – le passage devant un jury – pour la première fois. Il convient donc de les préparer au mieux, afin d’éviter tout « accident » dû à l’anxiété. Par ailleurs, expliquer avec précision le déroulement et les enjeux de cette épreuve est important, dans la mesure où le grand oral peut porter sur différents sujets et où l’épreuve peut être passée de manière individuelle ou collective.

Oral du brevet : préparez vos élèves

Préparer la présentation du stage de troisième

L’oral du brevet ne constitue pas la seule échéance. Au terme de leur année de troisième, les collégiens sont également tenus d’effectuer leur stage en milieu professionnel. Celui-ci fait l’objet d’un rapport qui devra être défendu par l’élève devant un jury. Au programme : 10 minutes de présentation, et 10 minutes de questions et réponses. De nombreux élèves peuvent se retrouver en difficulté lors de cette épreuve, tout simplement parce qu’ils ne sont pas coutumiers de ce type d’examen… et ce même s’ils ont réalisé un bon rapport de stage. Dans ce cadre, il paraît indispensable de les préparer.

Préparer les élèves aux échéances futures

Les épreuves ne sont pas tout. L’oral est utile tout au long de la vie. La maîtrise de la langue française et la capacité à s’exprimer correctement sont des compétences précieuses dans la vie quotidienne et professionnelle. À titre d’exemple, l’enquête Ipsos réalisée en octobre 2021 pour le Projet Voltaire révèle que trois recruteurs sur quatre éliminent un candidat si celui-ci a eu des difficultés à s’exprimer en entretien ou s’il n’a pas su argumenter ou se montrer convaincant. Cela illustre l’importance de l’oral… et la nécessité de préparer ses élèves au plus tôt.

Des pistes concrètes pour travailler l’oral avec ses élèves lors de la scolarité au collège

Afin de préparer les épreuves à venir, voici quelques conseils de professeurs interrogés par le Projet Voltaire.

Adapter les exercices, privilégier la répétition

Selon Déborah Mambé Thomazeau, enseignante de français en collège à Villiers-sur-Marne, il est indispensable de bien connaître ses élèves : « Il faut d’abord prendre en compte le niveau de la classe. Les exercices proposés ne doivent pas être les mêmes si l’on est en début, en milieu ou en fin d’année. »

De manière générale, elle conseille des exercices courts et répétés : « En ce qui me concerne, j’essaye par exemple de mettre en place un vrai travail sur l’ensemble du collège, en commençant dès la sixième. Plus un élève s’entraîne à l’oral, plus il sera à l’aise. J’ajoute que cela permet aussi à un professeur débutant de progresser à son rythme, sans se lancer dans un projet trop ambitieux qui pourrait se révéler décourageant. »

Rassurer les élèves grâce au travail en groupe

Selon Déborah Mambé Thomazeau, mieux vaut privilégier le travail par petits groupes : « Parfois seulement deux élèves. Cela permet de s’entraîner plus facilement, sans subir le regard d’une classe entière. »

Elle ajoute qu’il faut être précis dans les attentes : « Prendre la parole n’a rien d’inné, il s’agit d’un exercice plus complexe qu’on le croit et l’élève doit savoir précisément sur quoi il est noté. Des exercices simples permettent à l’élève de gagner peu à peu en confiance et de se focaliser sur des détails : la gestuelle, la posture… »

Préparer les élèves avec la solution Mon oral du Projet Voltaire

Mon oral est une solution proposée par le Projet Voltaire pour entraîner les élèves à la prise de parole. Intuitif, cet outil permet notamment aux jeunes de préparer et d’enregistrer une prestation orale (audio ou vidéo) depuis leur ordinateur, leur tablette ou leur téléphone. L’enseignant peut ensuite noter leur travail en quelques clics grâce à une grille d’évaluation. Le gain de temps est considérable pour les professeurs… et pour les élèves.

« Mon oral leur permet de s’entraîner de manière régulière », note Déborah Mambé Thomazeau. « Ils peuvent s’observer sur des exercices d’une minute pour améliorer le débit, la posture, la gestuelle… »

Jimmy Caspar, professeur de lettres au collège Grégoire-de-Tours à Marlenheim, partage ce constat : « La prise de parole n’est pas un exercice facile et ça l’est encore moins pour des collégiens. Ils sont souvent angoissés à l’idée de passer devant tout le monde et le fait de pouvoir le faire depuis chez eux les rassure. » L’outil, selon lui, permet un gain de temps considérable.

Je découvre la solution Mon oral

Pratiquer la lecture à voix haute

Pourquoi ne pas faire lire les élèves ? C’est en tout cas la solution que préconise Gislain Prades, auteur de l’ouvrage L’Essentiel de l’éloquence. Cette pratique peut être adoptée dans les matières littéraires, mais pas uniquement. Gislain Prades conseille également aux enseignants de s’appuyer sur de grands discours de figures connues : cela incite les élèves à imiter les orateurs et à s’inspirer de bonnes pratiques. Être à l’aise à l’oral implique aussi, en effet, de maîtriser sa gestuelle, ses silences et ses regards. Observer les meilleurs ne peut qu’être bénéfique.

Travailler en équipe et monter des projets

Encore une fois, Déborah Mambé Thomazeau insiste sur la répétition : « Je dirais qu’il faut évidemment faire confiance à ses collègues et monter des projets avec eux autour de l’oralité… car la prise de parole n’est pas l’apanage des lettres. Par exemple, pour l’oral que nous organisons au sein de notre collège pour toutes les classes de quatrième, beaucoup de professeurs s’impliquent. »

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