La maîtrise de la langue française, compétence clé pour la lutte contre le décrochage scolaire

La Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) de l’académie de Paris vient de généraliser l’utilisation du Projet Voltaire au sein de son action de remédiation auprès des jeunes décrocheurs. Christine Ponsignon, coordinatrice académique, nous explique ce choix, les avantages de la solution pour ce public ainsi que l’importance du français dans la lutte contre le décrochage scolaire.

Pouvez-vous nous rappeler les missions et actions de la MLDS ?

Il y a des Missions de lutte contre le décrochage scolaire partout en France, elles sont rattachées à chaque académie et ont deux actions principales. 

La MLDS a tout d’abord une mission de prévention : les coordonnateurs, implantés dans les bassins scolaires, viennent en appui des établissements dans les actions de prévention du décrochage scolaire, qu’il s’agisse du repérage des élèves en risque de décrochage ou de la réflexion avec l’équipe éducative pour trouver des solutions afin d’éviter les ruptures scolaires. 

La MLDS intervient également en remédiation des situations de décrochage scolaire. La MLDS accueille des jeunes qui ont cessé d’aller à l’école et met en place des actions de formation sous statut scolaire. Les jeunes sont accompagnés dans un travail de renforcement des compétences socles, mais aussi des compétences psychosociales, en utilisant notamment des activités culturelles et artistiques en support. L’estime de soi des jeunes est souvent malmenée par la situation vécue d’échec ou de rupture scolaire ; ouvrir le champ au-delà du scolaire permet de valoriser leurs compétences dans d’autres domaines et ainsi de renforcer leur estime de soi. Enfin, les jeunes sont suivis dans l’élaboration de leur projet de formation et/ou d’insertion professionnelle, au moyen de stages en entreprise, de modules de techniques de recherche d’emploi ou de mise en relation avec des partenaires de l’insertion.

Nous intervenons donc en amont, en soutien des établissements pour le repérage et la prévention, et ensuite dans le cadre d’actions de remédiation.

Est-ce que le fait de ne pas maîtriser le français peut déclencher ou accélérer le décrochage scolaire ?

C’est certain, c’est un vrai frein à la scolarité. Il s’agit de la compétence de base à maîtriser pour pouvoir réussir dans toutes les matières. Le fait de lever ce frein permet d’accéder à tous les possibles en matière d’acquisition de connaissances et de compétences. C’est vrai à la fois pour la scolarité et pour l’insertion professionnelle. Quand ces jeunes vont devoir chercher un stage qui fera partie intégrante de la validation de leur diplôme, il leur faudra rédiger un CV, une lettre de motivation… le français sert donc à tous les niveaux. Certains jeunes ont un très bon niveau technique mais sont freinés par leurs difficultés en français, qui se verront en amont du moment où on peut évaluer leurs compétences professionnelles. Quand on candidate quelque part, on est évalué d’abord sur son niveau de français avant de l’être sur ses compétences techniques.

Vous avez fait le choix d’utiliser le Projet Voltaire au sein de vos actions de remédiation; pourquoi ?

Certains coordonnateurs de la MLDS ont déjà eu l’occasion de travailler avec le Projet Voltaire dans le cadre d’actions locales, nous le déployons maintenant à l’ensemble des actions MLDS de l’académie de Paris. Ils y ont vu plusieurs intérêts. Tout d’abord, presque tous les jeunes que nous accompagnons ont de grandes difficultés avec l’expression écrite et, comme nous venons de le voir, c’est un frein pour la scolarité mais aussi pour l’insertion professionnelle. L’intérêt du Projet Voltaire, c’est qu’il permet de suivre un parcours personnalisé, de travailler à son rythme mais aussi, pour des jeunes qui sont fâchés avec le français, de travailler sur un support numérique qui offre une approche plus ludique du français. 

Le Projet Voltaire permet aussi de faire travailler d’autres compétences que l’expression écrite et le français, comme la compétence numérique avec l’utilisation de l’ordinateur, mais aussi l’autonomie dans les apprentissages et la concentration. Ces compétences sont essentielles pour progresser et elles servent tout au long de la vie. 

Le fait que les jeunes puissent télécharger l’application sur leur téléphone leur permet de continuer, en autonomie et à leur rythme, l’apprentissage depuis chez eux. 

Enfin, le Projet Voltaire permet d’accéder à une certification, c’est un enjeu majeur pour ces jeunes qui ont des difficultés scolaires et un sentiment d’échec, et pour qui ce sera parfois le seul diplôme. Le Certificat Voltaire est donc une valorisation de leur parcours. 

Il peut être indiqué sur un CV et tout le monde peut le passer, le Certificat Voltaire n’est pas réservé aux décrocheurs.

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