« pallier quelque chose » « pallier à quelque chose » ?


Erreur couramment commise

N’écrivez pas que le dictionnaire pallie à vos lacunes en orthographe, mais qu’il pallie les lacunes en question.

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Si l’on « remédie à quelque chose », en revanche on « pallie quelque chose ». Ce dernier verbe est transitif direct, ce qui signifie qu’il est inutile de le faire suivre de la préposition « à ».

Ne pas confondre le verbe « pallier » avec le « palier » sur lequel vous rencontrez votre voisin, et qui ne prend qu’un « l ».

Vidéo

Bruno Dewaele - champion du monde d'orthographeAvis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Plus maudit que « pallier », tu meurs… Non seulement le malheureux se voit souvent rogner un « l » ; non seulement on le construit avec une préposition qui n’a pas lieu d’être, mais de surcroît on lui donne un sens qui n’est pas le sien ! Oubliant en effet que le pallium était, chez les Romains, un manteau, on n’a que trop tendance aujourd’hui à en faire un synonyme de « remédier à », alors qu’il faudrait faire ressortir le côté provisoire et insuffisant du « cache-misère », bien mieux conservé dans l’adjectif dérivé « palliatif » !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Pour pallier leur méforme, certains coureurs ont eu recours à des produits dopants.
  2. Je ne vois pas comment pallier au départ d’un collaborateur aussi précieux.
  3. Le professeur cherche le moyen de pallier au désintérêt croissant de ses élèves.
  4. Ce n’est pas avec ces « mesurettes » que l’on palliera le problème de fond !
  5. Mettre les bouchées doubles ne suffira pas à pallier au manque de préparation.
  6. J’ai autre chose à faire que de pallier vos inconséquences.
  7. L’augmentation du prix des places devrait pallier la baisse de la fréquentation.
  8. Il ne sera guère facile de pallier aux conséquences d’un tel refus.
  9. Comment pallier ce manque d’enthousiasme flagrant chez nos adhérents ?
  10. Allez pallier à la misère ambiante avec de si faibles moyens !

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : Je ne vois pas comment pallier le départ d’un collaborateur aussi précieux.
    Contrairement à « remédier », le verbe « pallier » ne se lie pas à son complément par la préposition « à ».
  3. Faux. Il faut écrire : Le professeur cherche le moyen de pallier le désintérêt croissant de ses élèves.
    Nul besoin de la préposition « à » pour relier le verbe « pallier » à son complément !
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : Mettre les bouchées doubles ne suffira pas à pallier le manque de préparation.
    Si l’on « remédie à quelque chose », on « pallie quelque chose » : ce dernier verbe se construit avec un complément d’objet direct !
  6. Phrase correcte.
  7. Phrase correcte.
  8. Faux. Il faut écrire : Il ne sera guère facile de pallier les conséquences d’un tel refus.
    La préposition « à » est superflue derrière le verbe « pallier ».
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : Allez pallier la misère ambiante avec de si faibles moyens !
    Certes, on « remédie à » la misère ambiante. Mais le verbe « pallier » se construit, lui, sans préposition !

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

15 réponses à « pallier quelque chose » « pallier à quelque chose » ?

  1. Paul Omani dit :

    J’ai des lacunes à distinguer «Je lui dit, je le connait, je la connait, je le…, je la….. » et aussi les articles des noms, comment savoir que c’est « la » ou « le ». Merci de me repondre ou de me sugerer des liens qui m’aideront à éviter ces erreurs.

    Je m’excuse pour la répétition. Jai un clavier anglais et ça me trompe des fois.

    • Sandrine dit :

      Bonjour Paul, « le », « la » ou « lui » sont des pronoms qui ont pour rôle de remplacer des noms.
      Je connais cette femme –> Je la connais.
      Je connais cet homme –> Je le connais.
      Je dis (quelque chose) à une personne –> Je lui dis.
      Je dis (quelque chose ) à plusieurs personnes –> Je leur dis.
      N’hésitez pas à préciser votre question si vous souhaitez d’autres informations. Bon dimanche.

  2. Jtho dit :

    Dans la vidéo, on nous annonce que le verbe « PALLIER » est UN TRANSITIF direct…. D’où risque de confusion avec INTRANSITIF direct!
    Sachant que le mot « transitif » est « a priori » un adjectif, pour clarifier, je pense que le mieux serait de l’utiliser en tant quel tel, et de dire tout simplement  » le verbe « pallier » EST TRANSITIF DIRECT!!! »
    Inutile de rajouter du doute au doute…
    Bien cordialement….

    • Sandrine dit :

      Bonjour Jean-Christophe, je comprends votre remarque. « Pallier est un transitif direct » sous-entend que c’est un verbe transitif direct. Il est vrai qu’à l’oral, on peut entendre « intransitif » au lieu de « un transitif ». Heureusement, dans la vidéo, le mot « transitif » est écrit en toutes lettres. Pas d’ambiguïté possible, donc 😉 Belle journée à vous !

  3. Guillaume dit :

    Bonjour,

    j’ai une question qui ne concerne pas directement le sujet de cette page mais je ne sais où la poser.
    J’ai écris un mail à un client (je suis viticulteur) et j’ai eu un doute sur une phrase.
    La voici : « suite à votre appel ce jour, voici la facture modifiée avec le bon nombre de bouteilles facturé. »
    La question est la suivante : le verbe s’accorde t-il avec « le bon nombre » (donc facturé, comme dans l’exemple) ou avec les bouteilles (donc facturées…).

    Merci de votre réponse et bonne journée !

  4. Decaëns Marie dit :

    Pouvez-vous répondre à cette question ?
    C’est un palliatif à la morosité ou c’est un palliatif de la morosité. J’ai lu dans le Larousse que palliatif se construisait avec de mais je l’ai vu employé assez régulièrement avec à. Où est la vérité ? Merci d’avance.
    Marie

    • Sandrine dit :

      Bonjour Marie, lorsque vous rencontrez différentes orthographes ou constructions d’un mot ou d’une expression, le plus sage est de s’en remettre au dictionnaire. Nous confirmons ce que dit le Larousse : le nom « palliatif » se construit avec la préposition « de ». D’où « un palliatif de la morosité ». Par conséquent, la préposition « à » ne s’emploie ni avec le verbe, ni avec le nom !

  5. An Ankoù dit :

    « 4. Ce n’est pas avec ces « mesurettes » que l’on palliera le problème de fond ! (…) Phrase correcte. »

    Je me permets d’en disconvenir et de relever une impropriété. Si j’ai bien compris vos explications concernant le sens de « Pallier », c’est précisément pour des « mesurettes » que son emploi se justifie. Le sens de cette phrase invite donc à l’emploi du verbe « remédier » ou « résoudre », ou à la tourner ainsi : « ces « mesurettes » ne feront que pallier le problème de fond ! ».

    • Francis dit :

      bonjour Ankou,
      On pallie bien le problème et non les mesurettes. Les mesurettes sont de l’ordre de la solution quand le problème est ce qui pose des difficultés.
      D’ailleurs la phrase proposée est obscure. Pourquoi « ne feront que » ? Faut-il comprendre que les mesurettes pallieront le fond et non la surface (ce qui est l’inverse de la phrase initiale) ou y a-t-il une autre interprétation possible ?

      • Sandrine dit :

        Bonjour Francis, vous avez raison. Étymologiquement « pallier » signifie « couvrir d’un manteau (pallium en latin). Il s’agit donc de dissimuler un défaut, de guérir en apparence, sans apporter de remède véritable, de solution durable. C’est bien le sens de la phrase : un problème de fond est un problème important, qui ne peut être pallié (encore moins résolu !) avec des « mesurettes ». Bonne journée.

  6. liz mcgill dit :

    Les soldats de l’an II

    Le 23 février 1793, la Convention décide la levée de trois cent mille hommes parmi les célibataires ou veufs de 18 à 45 ans. Il s’agissait de désigner ou tirer au sort des hommes de tous les départements de France. Objectif : palier à la baisse des effectifs de l’armée révolutionnaire due aux pertes, aux désertions et aux départs massifs des volontaires levés en 1792 et rentrés chez eux après avoir repoussé l’ennemi. Cette levée provoqua des émeutes à Rouen. A Jumièges, on traîna les pieds…
    Voir http://jumieges.free.fr/alonzenfants.html
    peut etre l’evolution de la langue?

    • NARAYANIN Marie-claude dit :

      Correction: « pallier la baisse « , semble convenir davantage?

      • Archillion dit :

        J’ai surtout l’impression qu’il s’agit d’un texte écrit par l’autre du site web, et non pas une retranscription d’un quelconque texte datant d’il y a plusieurs centaines d’années.

        Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une évolution de la langue, mais bel et bien d’une faute de français.

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