L’origine de ces fameuses expressions : « Poser un lapin »


Poser un lapinVous êtes-vous déjà fait poser un lapin ? C’est le genre de lapin que l’on trouve généralement fort désagréable… Mais en fait, pourquoi parle-t-on de cet animal pour dire qu’une personne ne s’est pas présentée à un rendez-vous ?

Pour le comprendre, il faut revenir au XIXe siècle. À cette époque, l’expression « poser un lapin » existait déjà, mais son sens faisait référence à un registre particulier de rendez-vous. En effet, dans le Nouveau Supplément du dictionnaire d’argot édité en 1889, Lorédan Larchey mentionne le « lapin » comme « un galant quittant les filles sans payer le prix convenu ».

On dit d’abord « poseur de lapin » par allusion au lapin posé sur les tourniquets des jeux de foire, qui paraît facile à gagner et qu’on ne gagne jamais. Ainsi, poser un lapin serait une façon pour un homme de ne pas payer une femme qui lui a vendu ses faveurs.

Une autre origine est avancée par Michel Lis et Michel Barbier dans leur livre Franc-parler. Ils y indiquent qu’en 1718 un « lapin » était une histoire incroyable et fictive. Au XVIIe siècle, pour qualifier un récit complètement fantasque, on se moquait en disant « et celui-là est de garenne ». Par la suite l’expression « poser un lapin » serait apparue pour « raconter des blagues et donner de faux rendez-vous amoureux ».

Dans tous les cas, le mot « lapin » a bien une autre signification que l’animal que nous connaissons et celui-ci nous amène à un autre résultat animal. Car, quand on se fait poser un lapin, on se retrouve souvent à faire le pied de grue…


7 réponses à L’origine de ces fameuses expressions : « Poser un lapin »

  1. pamino dit :

    Merci de cette explication. En apprenant cette locution, je me suis imaginé attendre dans mon appartement qu’on sonne, et quand j’ouvre je ne trouve qu’un lapin assis qui me regarde.

    • Sandrine dit :

      Bonjour, si vous avez le réflexe de « visualiser » les expressions françaises, cette vidéo devrait vous plaire : http://www.youtube.com/watch?v=TjsG8sH_9Xs. Bon après-midi !

      • pamino dit :

        Bonjour, Sandrine, et merci de cette pensée délicate, mais ça s’est déroulé en temps réel, allegro con fuoco, c’est-à-dire que je n’ai presque rien compris. J’ai fait beaucoup de français à l’école et après à l’université et j’ai vécu pendant huit ans à Lyon, mais ça ne suffit pas. Il eût fallu que je fisse un stage de français de ce genre ! … mais probablement il n’y en avait pas à Lyon.

  2. coucou80 dit :

    Poser un lapin revient à violer une femme gratuitement, donc?

    • Sandrine dit :

      « Poser un lapin serait une façon pour un homme de ne pas payer une femme qui lui a vendu ses faveurs ». Où est-il question de viol dans cette définition ?

      • Lulupi dit :

        c’est vrai que la définition donnée a plutôt une connotation sexuelle.
        Quand on lit « Lorédan Larchey mentionne le « lapin » comme « un galant quittant les filles sans payer le prix convenu » ou « Poser un lapin serait une façon pour un homme de ne pas payer une femme qui lui a vendu ses faveurs », il y a de quoi s’interroger sur la nature des faveurs vendues!

  3. Libre Édu dit :

    C’est une histoire de chaud lapin, ça, et faire la grue, ça refroidit.

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