Vous avez le choix ! Ces mots à deux orthographes (suite)

Voici la suite de notre article consacré aux mots qui ont la particularité de s’écrire de deux façons, et ce, depuis bien longtemps. S’il arrive qu’une graphie ancienne côtoie une graphie récente, le plus souvent, les deux variantes sont tout autant d’actualité. Un véritable casse-tête pour les rédacteurs de dictées, mais une satisfaction pour celles et ceux qui aiment avoir le choix !

canette et cannette
Le nom de la petite boîte métallique contenant une boisson (bière, soda…) peut s’écrire avec un « n » ou deux « n ». Avec un « n », la canette est aussi une petite cane (la femelle du canard).

chausse-trape et chausse-trappe
Ce mot est, en lui-même une chausse-trap(p)e, c’est-à-dire un piège, puisqu’il peut s’écrire de deux manières ! Avec un « p », c’est la graphie traditionnelle, avec deux « p », c’est la graphie plus récente, et aussi plus logique, puisque trappe prend deux « p ». Les rectifications orthographiques de 1990 préconisent d’ailleurs d’écrire chaussetrappe.

et cetera et et cætera
Cette locution latine signifiant « et les autres choses », « et le reste » peut s’écrire avec un « e dans l’a » ou simplement avec un « e ». Elle est le plus souvent abrégée sous la forme « etc. » (avec un seul point et non pas des points de suspension !).

feignant et faignant
Il y a deux façons d’écrire le nom ou l’adjectif dérivé du verbe feindre, mais attention, le participe présent « (en) feignant » s’écrit bien avec un « e ». Le feignant ou le faignant feint de faire quelque chose. Le fainéant, littéralement « fait néant », c’est-à-dire rien, il ne fait pas semblant ! Dans le langage courant, les deux mots sont devenus synonymes.

hululer ou ululer
Ululer, avec ou sans « h », c’est pousser un long cri plaintif et plus spécifiquement « crier », en parlant des oiseaux rapaces nocturnes. Ainsi, le hibou hulule ou ulule, tout comme la chouette.

lis et lys
Pour écrire le nom de cette plante aux grandes fleurs souvent blanches, on peut choisir entre le « i » et le « y ». Emblème de la royauté en France, la fleur de lis (ou de lys) a donné le verbe fleurdeliser (avec un « i » !).

shampooing et shampoing
Le produit servant à laver les cheveux peut s’écrire avec un ou deux « o ». Le mot a été directement pris à l’anglais shampooing, formé sur le verbe to shampoo, « masser » (lui-même emprunté à l’hindi châmpo). En français, le verbe correspondant est « shampouiner ».

saoul et soûl
Le « a » de saoul, graphie signalée comme « vieillie », est hérité du latin satur qui signifie « rassasié ». La graphie soûl, plus récente, tend également à s’imposer dans les dérivés soûlard, soûlerie, soûler, soûlant. Depuis les rectifications orthographiques de 1990, l’accent circonflexe sur le « u » est facultatif, soul ne se distinguant plus, en tout cas à l’écrit, de son homonyme soul (le style de musique).

tanin et tannin
Pour désigner la substance provenant des pépins du raisin, et qui donne au vin sa matière, vous pouvez écrire tanin ou tannin. Le mot vient du radical tan (chêne), que l’on retrouve en anglais dans le nom tan, « bronzage ».

truquage et trucage
Ce procédé d’illusion comportant l’emploi de « trucs » (au théâtre, au cinéma…) peut s’écrire avec « c » ou « qu ». Truquage est la version classique, formée sur le verbe truquer ; trucage est la version la plus employée.

Sandrine Campese
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Ma base de données personnelle compte plus de 500 mots à double (voire triple) graphie et j’ai arrêté de l’alimenter. Cela pose un problème : comment convaincre les gens de respecter l’orthographe quand autant de mots restent « flottants » ? Cette incapacité des autorités linguistiques à trancher pour une seule graphie, logique et cohérente avec le reste, est une maladie chronique de notre langue. Qu’une graphie de rechange soit acceptée pendant une génération, soit. Mais par pitié que les dictionnaires se mettent d’accord sur ce qui est la référence…