Être charrette, faire une échappée, décompresser… D’où viennent ces expressions ?

Dans le langage courant, on emploie certaines expressions, abréviations ou interjections sans toujours connaître leur origine. Les huit exemples suivants sont issus d’un domaine bien particulier. Métier ou sport, saurez-vous les identifier ?

DELTA CHARLIE DELTA : la police

Cela signifie, en alphabet phonétique, qu’une personne est DCD (décédée). Ce langage codé permettait aux policiers d’échanger des informations sur des fréquences radio potentiellement piratées. Aujourd’hui, les communications sont sécurisées, mais l’appellation est restée.

ÊTRE CHARRETTE : l’architecture

Anciennement, les étudiants architectes aux Beaux-Arts travaillaient sur des projets d’une journée. Le délai terminé, ils devaient déposer leur travail dans une charrette signalée par un son de cloche et le cri du porteur : « Charrette ! » Ceux qui apportaient les dernières finitions à leurs plans étaient « charrette » (en retard).

ABRACADABRANTESQUE : la littérature

Néologisme inventé par le poète Arthur Rimbaud et popularisé par le président Jacques Chirac. En 2000, ce dernier qualifie d’histoire « abradacadabrantesque » (invraisemblable) une accusation à son encontre.

MERDE ! : le théâtre

Ne dites jamais « bonne chance » à un comédien, ça porte malheur ! Du temps où l’on venait au théâtre en calèche, les chevaux faisaient leurs besoins sur le parvis. Ainsi, plus il y avait de crottin, plus la pièce avait du succès. C’est pourquoi l’on dit « merde » pour souhaiter aux comédiens de faire salle comble. Et que répond-on ? Tout sauf « merci » !

INAUGURER LES CHRYSANTHÈMES : la politique

Cette expression, inventée par le général de Gaulle, s’applique à un président qui n’a qu’un rôle de représentation, sans réel pouvoir. Aujourd’hui encore, il arrive au président de la République d’« inaugurer les chrysanthèmes » quand il multiplie les commémorations.

C’EST OFF ! : le journalisme

Abréviation de l’expression anglaise off the record. « Attention, c’est off ! », dit-on à un journaliste pour préciser que les propos tenus ne doivent pas être publiés. Mais le « off » peut être détourné, pour, au contraire, attirer l’attention du journaliste…

FAIRE UNE ÉCHAPPÉE : le cyclisme

C’est le fait pour un ou plusieurs coureurs de se détacher du peloton. Si l’échappée arrive à creuser l’écart avec le peloton, on dit qu’elle peut « aller au bout », c’est-à-dire joindre l’arrivée sans se faire reprendre par le peloton.

DÉCOMPRESSER : la plongée

Pour un plongeur, « décompresser » consiste à réhabituer progressivement son corps à la pression de surface. À la remontée, il fait des pauses (des « paliers ») pour permettre à l’azote dissous dans le sang d’être évacué progressivement. Dans le langage courant, décompresser revient à se détendre… Or, le « détendeur » fait partie de l’équipement du plongeur. La boucle est bouclée !

Sandrine Campese

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Je ne suis pas d’accord avec la partie traitant de Delta… Utiliser ces termes n’a jamais été une forme de cryptage. En radio, qu’elle soit militaire ou autre, cette utilisation permet de pouvoir épeler un mot en étant certain que tout puisse être compris, que la réception soit « 5/5 » ou « 1/5 ». Alpha, Bravo, Charlie et les autres mots soigneusement choisis sont des termes facilement reconnaissables. On ne risque pas de confondre « f » et « s » si on entend « foxtrot » et « sierra ».
À noter que selon la langue, les mots de l’alphabet changent : en français, « Noemie » vient remplacer « November »

    Bonjour Raphaël et merci pour votre message. C’est un policier et un pompier (militaire) qui m’ont expliqué l’utilisation de Delta Charlie Delta. Mais ils se sont peut-être trompés. Bon après-midi.

      L’explication m’a été donnée par des sources « radio » militaires et confirmée par du personnel civile.
      « Alphabet phonétique de l’OTAN » permet de le retrouver.
      Merci pour les articles. Ils sont prenants!