Retour d’expérience des professeurs de l’université d’Orléans


Université d’Orléans Franck Bellucci, enseignant au département Langues, Culture, Communication et Développement à Polytech Orléans, l’école d’ingénieurs de l’université d’Orléans, a bien voulu nous livrer son sentiment concernant le Projet Voltaire.

« Polytech a été précurseur dans la démarche car, si nous formons des gens amenés à évoluer dans de nombreux domaines techniques, il n’en reste pas moins vrai que la maîtrise écrite de la langue française est un prérequis incontournable.

C’est pour cela qu’en 2011, à l’instar de l’UFR Droit, Économie et Gestion, de l’IUFM et de l’IUT de Chartres, nous avons décidé d’expérimenter ce programme.

Cela pour plusieurs raisons :

−  Nous constatons, au travers des travaux demandés aux étudiants, que leur maîtrise de l’orthographe est perfectible.
−  Les étudiants sont pour la majorité conscients de leurs faiblesses, et demandeurs de solutions pour y remédier.
−  Les recruteurs, avec lesquels nous sommes en contact permanent, pointent du doigt le fait que s’ils peuvent rendre opérationnel un jeune diplômé sur une période de 6 mois, ils ne peuvent dans le même laps de temps remédier aux déficiences orthographiques, qui deviennent donc pénalisantes à l’embauche.
−  Enfin, et c’est l’enseignant qui parle, la maîtrise de la langue permet de créer la pensée. Nous formons des ingénieurs, des personnes à qui nous allons demander, entre autres, d’innover, imaginer, évaluer, décider et rendre compte. Que faire de ce potentiel en l’absence de maîtrise de la langue ? C’est un peu comme si nous avions des artisans talentueux mais qui n’auraient pas les bons outils.

Le Projet Voltaire s’inscrit ainsi dans un contexte beaucoup plus large que la simple remédiation technique, il crée du sens et permet l’accès à une pensée plus fine. Un autre avantage du Projet Voltaire est qu’il soustrait l’élève au regard des autres et lui permet d‘évoluer sans que ses carences puissent le stigmatiser. Cela favorise parfois un déblocage d’ordre psychologique allié à la prise en compte de l’aspect “vidéoludique” de la méthode.

En tant qu’enseignants, nous avons accès aux statistiques des élèves que nous suivons. Cela nous permet, non seulement de voir leur progression, mais aussi de corréler les difficultés mises en exergue par le Projet Voltaire avec celles que nous percevons au travers des copies qui nous sont remises régulièrement.

Nous pouvons ainsi intervenir de manière précise en cas de constat d’erreurs récurrentes et aider, si nécessaire, le candidat à dépasser les difficultés rencontrées.

Les progressions enregistrées au bout de 6 mois de mise à disposition du système nous ont convaincus, pour cette année, de l’intégrer dans la carte pédagogique des étudiants de première et deuxième années.

Il ne faut cependant pas perdre de vue que, après s’être réapproprié les règles orthographiques, le meilleur moyen de garder les acquis est de les éprouver au quotidien. »


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