Réseaux sociaux : comment signaler une faute d’orthographe avec tact et délicatesse


Il y a de quoi se réjouir :restez-calme-et-parlez-français-32 nous n’avons jamais autant écrit ! Depuis quelques années, les réseaux sociaux sont devenus notre principal terrain d’expression. Nous publions, partageons, commentons quantité de messages, à un rythme souvent effréné. Or, les fautes qui passaient naguère inaperçues sont désormais exposées aux yeux de tous. Elles inquiètent et agacent les défenseurs de l’orthographe, qui n’hésitent pas à signaler les moindres entorses à la langue de Voltaire… au risque de vexer, voire de blesser, ceux qui les commettent. Pour mener cette noble tâche tout en restant bienveillant, voici quelques conseils.

 1 – Dites « bonjour ».

Chez certaines personnes, la vue d’une faute provoque une réaction si vive qu’elles en oublient les formules de politesse les plus élémentaires. Alors avant de corriger qui que ce soit, pensez à le saluer, comme c’est d’usage entre gens de bonnes manières.

2 – Soyez discret

Au travail, il ne vous viendrait pas à l’idée de reprendre de volée un collègue (ou pire un supérieur hiérarchique) qui s’exprime en pleine réunion, n’est-ce pas ? Ce qui est valable dans la « vraie vie » l’est aussi sur Internet. La manière la plus délicate de signaler à quelqu’un qu’il a fait une faute, c’est encore de le lui dire en privé via un message et non un commentaire qui sera lu par tout le monde.

 3 – Agissez vite

Le conseil précédent n’a d’intérêt que si vous êtes le premier à relever l’erreur. Dans ce cas, votre intervention permettra à votre interlocuteur de se corriger rapidement et d’éviter ainsi un déferlement de commentaires souvent peu amènes. Conseil à celui qui publie : ne pas se « déconnecter » trop vite. Restez en ligne quelques minutes de plus pour lire les premières réactions. Le 15 juin dernier, sur Twitter, Bernard Pivot a commis une faute d’inattention en écrivant « son » au lieu de « sont ». Il ne s’en est rendu compte que 40 minutes plus tard ; l’erreur ayant eu le temps d’être allègrement commentée et retweetée, non sans indulgence et sympathie. Mais tout le monde n’est pas Bernard Pivot…

 4 – Parlez du fond

N’y a-t-il rien de plus vexant, voire blessant, que de publier un contenu qui tient à cœur, qui a peut-être nécessité du temps, de l’investissement, et d’obtenir des commentaires portant uniquement sur la faute qu’on a laissée traîner ? Alors, avant de pointer du doigt l’accord imparfait, on n’hésite pas à souligner l’intérêt du propos, si toutefois on a pris la peine de le lire malgré tout !

 5 – Prenez des pincettes

Dans la vie réelle, lorsqu’on corrige quelqu’un, on connaît plus ou moins son identité. On sera moins « sévère » avec un gardien d’immeuble ou un restaurateur qu’avec un professeur ou un journaliste, censés être des « modèles » de maîtrise de notre langue. Sur Internet, la personne qui a malmené l’orthographe, et que vous malmenez à votre tour, n’a peut-être pas fait d’études, le français n’est peut-être pas sa langue maternelle, bref, elle bénéficie peut-être de circonstances atténuantes qui appellent votre clémence !

6 – Maniez l’humour

Et non l’ironie, nuance ! On évitera donc de ponctuer la faute qu’on aura relevée d’un « vraiment ? » ou de tout procédé qui reviendrait à conforter faussement l’autre dans son erreur. On préfèrera l’humour, voie royale permettant de dédramatiser. Pourquoi ne pas prendre le prétexte de cette faute pour faire un trait d’esprit qui créera de la convivialité dans les échanges et vous fera remarquer de manière positive ?

7- Soyez précis

Sur Internet, comme ailleurs, les adultes apprécient peu d’être « infantilisés ». Si vous tenez à relever leur(s) faute(s), inutile de tourner autour du pot. Dites clairement où le bât blesse au lieu de jouer aux devinettes en « invitant » l’autre à trouver lui-même ses erreurs, comme on le fait avec les enfants qui apprennent l’orthographe à l’école. « Vous n’êtes pas mon professeur et je ne suis pas votre élève », pourrait-il répondre, à l’instar de François Mitterrand en 1981.

 8- Vérifiez vos sources

Le comble pour un « correcteur » de fautes ? Se tromper lui-même ! En orthographe aussi, on peut être victime de ses certitudes. Si vous avez le moindre doute sur une règle de français, faites quelques recherches pour vérifier que ce que vous dites est juste, surtout si vous le dites de manière péremptoire. Dans le cas contraire, il ne vous restera plus qu’à reconnaître votre propre méprise en écrivant : au temps pour moi !

 Sandrine Campese


À propos de Sandrine

Contributrice et modératrice

16 réponses à Réseaux sociaux : comment signaler une faute d’orthographe avec tact et délicatesse

  1. marthemadit dit :

    Bonjour 😉
    tout a fait d accord avec cet article.
    je blog depuis peu et il m´arrive de faire des fautes … mea culpa . Je trouve cela super dommage alors que je passe du temps a écrire pour partager des idées ou des adresses que certains internautes soient aussi durs dans leur commentaires. Ce n est pas constructif et franchement je les trouve plutot ridicule, comme si l article n etait qu un pretexte pour certains qui veulent se défouler apres une mauvaise journée 😉

  2. Jojo dit :

    Bonjour,

    « des commentaires portant uniquement sur la faute qu’on a laissée traîner ?  »

    Ou qu’on a « laissé traîner » suivant qu’on suive ou non la réforme de 1990 😉

  3. Ulbéric Robertinard dit :

    « avant de corriger quiconque »

    Bonjour, je n’ai pas le courage de suivre toute cette procédure, mais il est préférable de n’employer « quiconque » que comme sujet ou complément de la principale ou de la subordonnée : http://www.parmotsetparvaux.fr/cpmf/cpmf127.html

  4. daniel vigneau dit :

    , ……..à un rythme souvent effréné. Or, les fautes qui passaient naguère inaperçues sont désormais exposées aux yeux de tous. Elles inquiètent………… etc
    JE NE SUIS PAS D’ACCORD. AVANT IL N’Y AVAIT TOUT SIMPLEMENT PAS DE FAUTES, MERCI A NOS INSTITUTEURS et INSTITUTRICES.

    • Sandrine dit :

      Bonjour Daniel, pas la peine de hausser le ton en écrivant en capitales pour exprimer votre point de vue ! L’introduction de ce billet indique simplement qu’avec Internet et les réseaux sociaux, n’importe qui peut rendre publics ses écrits ! « Avant », c’était, me semble-t-il, l’apanage des « gens de lettres » (intellectuels, écrivains, journalistes…), censés maîtriser la langue de Voltaire sur le bout des doigts…

      • ibrahima dit :

        pourquoi langue de Voltaire et non de Molière ?

        • Sandrine dit :

          Très bonne question ! Pour désigner la langue française, on peut utiliser les deux périphrases : langue de Molière ou langue de Voltaire. Une périphrase permet de dire en plusieurs mots ce que l’on pourrait exprimer en un seul. On peut même en ajouter une troisième : la langue d’Hugo ! Si dans le billet, la langue de Voltaire a été préférée, c’est bien entendu en écho au Projet Voltaire ! :-). Bon après-midi.

  5. Chambaron dit :

    Ce thème méritait bien un billet !
    Le plus souvent, le plus pertinent est de ne pas relever l’erreur ou les erreurs :
    – cela ne sert fréquemment à rien : l’interlocuteur s’en f…, voire revendique une orthographe calamiteuse ;
    – il n’est même pas flagrant que l’émetteur remarque la critique : il est déjà ailleurs ;
    – cela éloigne du thème traité et du « fond » dont on débat. On peut même dériver sur un sous-débat totalement stérile ;
    – le correspondant ne peut plus modifier son message. Parfois, il n’a pu l’éditer pour contrôle avant envoi (c’est le cas sur ce site…) ;
    – on frappe indistinctement l’erreur occasionnelle et les fautes multiples et récurrentes.

    Je pense que le mieux est, comme vous le suggérez en (2), de signaler l’anomalie en message privé lorsque cela est possible.

    Une exception à tout cela : les journalistes, animateurs de blogues, de sites ou de tout autre contenu, qui se doivent d’être rigoureux. Je viens de faire une remontrance amicale mais publique à un rédacteur d’Actualitté qui avait commis quatre fautes (hors typographie) dans un court texte consacré à la passion de Baudelaire pour…l’orthographe.

    • Sandrine dit :

      Bonjour Chambaron, c’est toujours un plaisir de vous lire. Vous avez raison, parfois, signaler une faute est « peine perdue »; l’auteur ne la corrigera pas pour autant. Disons que les correcteurs bienveillants que nous sommes ont une « obligation » de moyens et non de résultat ! 😉 Étrangement, l’indifférence émane surtout des journalistes et des blogueurs, alors que leurs contenus sont davantage « exposés » que ceux des autres… Bonne journée.

  6. moll marcel dit :

    bonjours sendrine vous pouvez envoyer un mail pour aller sur voltaire merci

  7. Il ne faut pas oublier que l’auteur de la faute vous sera probablement reconnaissant si vous lui dites de la bonne manière. Sur un article de blog par exemple, l’auteur peut corriger en deux minutes une faute qui fait tache. Perso, quand je reçois un message pour une faute qui s’est malheureusement glissée, j’ai un peu honte sur le coup, mais je suis content de la corriger et d’avoir un texte irréprochable 😀

    • Sandrine dit :

      Bonjour Capitaine Rémi. « Il ne faut pas oublier que l’auteur de la faute vous sera probablement reconnaissant si vous lui dites de la bonne manière. ». Bien d’accord avec vous, c’est le sens de l’article, et notamment du conseil n°3. Merci de votre témoignage plein de sagesse et belle journée ! 🙂

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