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La qualité de l’orthographe et de l’expression au cœur des préoccupations du ministre de l’Éducation nationale
Dans la circulaire de rentrée 2026, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray indiquait ses priorités. « Je vous demande de vous concentrer sur l’essentiel », précisait-il aux enseignants, « [et de] préférer le “mieux” au “plus”, de mettre la juste exigence – celle qui pousse en avant et refuse la fatalité – au cœur de votre action […]. »
Dans ce cadre, le ministre insistait notamment sur la maîtrise de la graphie, la diversification du vocabulaire, et la pratique de l’écrit et de l’expression : des enjeux fondamentaux à l’heure où de nombreux élèves se reposent sur l’intelligence artificielle générative et doivent plus que jamais être capables de comprendre et de questionner ce qu’ils voient et ce qu’ils lisent.
Édouard Geffray maintenait ces orientations le 19 mai sur le site de l’Éducation nationale, évoquant une « exigence rédactionnelle réaffirmée » pour le brevet des collèges et le baccalauréat. Il précisait à cet égard : « La prise en compte de la qualité rédactionnelle – orthographe, syntaxe, grammaire, clarté de la langue – et du raisonnement sera renforcée et explicitée dans les barèmes nationaux de toutes les disciplines. »
Dans un entretien au journal Le Parisien, le ministre allait plus loin : « J’estime qu’une copie qui est écrite de manière inintelligible, avec un niveau d’orthographe, de syntaxe et de grammaire absolument déplorable, ne peut pas avoir la moyenne. Je veux mettre la priorité sur l’expression écrite. »
Depuis le 17 septembre 2026, un barème pour noter la qualité de l’orthographe et de l’expression
La priorité est claire… mais qu’en est-il du barème de notation ? Si quelques indications avaient été données – notamment dans une note de service en date du 26 mars 2026 qui spécifiait les attentes en matière d’orthographe –, les précisions manquaient. Un communiqué paru sur le site de l’Éducation nationale le 17 septembre 2026 donne des réponses.
- Deux points – au minimum – sont accordés à la maîtrise de la langue dans chacune des épreuves comptant pour le brevet des collèges, le baccalauréat et les diplômes professionnels.
- Pour les épreuves dont la dimension rédactionnelle est majeure, il est impératif de rendre une copie qui ne montre pas de défaillance majeure en orthographe et en expression, sous peine de ne pas obtenir la moyenne.
- La clarté et l’intelligibilité des productions écrites pour les diplômes professionnels sont prises en compte « en cohérence avec les exigences de communication professionnelle propres à chaque métier ».
La maîtrise de la langue est évaluée à travers quatre dimensions : l’orthographe, la syntaxe, le lexique et l’organisation de la réflexion.
- En orthographe, le niveau est jugé très insuffisant en cas d’erreurs fréquentes sur des règles grammaticales simples. Des erreurs rares ou isolées ne donnent pas lieu à une perte de points.
- En ce qui concerne la syntaxe, les correcteurs doivent évaluer la qualité de la construction des phrases, leur sens, et le bon emploi de la ponctuation. Des maladresses répétées et des phrases incompréhensibles dans une copie sont susceptibles d’entraîner une perte de points.
- Pour ce qui est du lexique, c’est la qualité du vocabulaire qui sera évaluée. S’il est pauvre, s’il est employé à mauvais escient ou s’il ne correspond pas à celui de la matière, il sera possible que le correcteur supprime un ou plusieurs points.
- Enfin, le propos général doit être organisé de manière cohérente, autour d’un fil conducteur pertinent. Si tel n’est pas le cas, le correcteur pourra être amené à retirer des points.
Une analyse de la qualité globale de chaque copie
De tout cela, on retiendra que l’évaluation ne porte pas uniquement sur les fautes d’orthographe, mais aussi sur la qualité globale d’expression. Un élève qui laisse quelques fautes dans sa copie ne se verra donc pas systématiquement sanctionné.
Il faut également garder en tête que ce nouveau barème s’applique pour l’ensemble des disciplines, y compris les sciences. Ainsi, des fautes répétées dans une copie de mathématiques ou de physique-chimie peuvent entraîner une perte de points.
Enfin, dans le cas où la qualité de l’expression est jugée essentielle à la discipline (épreuves de français, de philosophie, d’histoire…), les correcteurs sont invités à ne pas mettre la moyenne à une copie présentant trop de défauts dans la rédaction.
Les attentes sont donc précisées. Notons d’ores et déjà que le monde enseignant pointe du doigt certaines limites. Certains professeurs estiment ainsi que cette mesure ne s’attaque pas au problème de fond. L’argument avancé est que la prise en compte de la qualité du français dans les épreuves ne permettra pas une amélioration du niveau des élèves.
D’autres enseignants pointent du doigt le manque de précision du barème : par exemple, quelles fautes doivent être prises en considération ? Combien de points peuvent être retirés au maximum ? Ils estiment aussi que les commissions d’harmonisation peineront à arbitrer dans certains cas. Enfin, ils insistent sur le fait que la prise en compte de la maîtrise de la langue dans la notation peut empêcher un élève de connaître son niveau réel : une mauvaise note résultera-t-elle d’erreurs portant sur la matière ou sur le français ?
La maîtrise du français s’acquiert tout au long de la scolarité
Et de notre côté ?
En tant que premier service de remédiation en maîtrise du français, nous ne pouvons que nous réjouir du fait que l’on accorde une attention particulière à la maîtrise de la langue. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, nous pensons que le fait de bien parler sa langue constitue un préalable indispensable à la réflexion, à la réussite scolaire et à l’insertion professionnelle.
Un sondage Ipsos réalisé en octobre 2021 rappelle ainsi que les employeurs sont désormais très sensibles à la qualité de l’expression écrite et orale. Les lettres de motivation et les C.V. qui contiennent des fautes d’orthographe ou de syntaxe sont souvent écartés par les recruteurs. De plus, la maîtrise du français représente pour les employeurs un plus grand point d’attention que celle de l’anglais.
Rappelons par ailleurs que maîtriser le français devient essentiel à l’ère de l’obsolescence rapide des compétences. Alors que la durée de vie d’un savoir-faire technique est tombée de 30 ans en 1987 à 2 ans aujourd’hui, le Forum économique mondial estime que 59 % des actifs devront se former à de nouveaux métiers d’ici 2030. Un bon niveau de langue constitue le socle indispensable pour se projeter dans de nouveaux apprentissages.
Il nous apparaît donc parfaitement opportun de favoriser l’apprentissage du français, en particulier grâce à la lecture et à l’écriture sous toutes ses formes (y compris créative). Il nous paraît par ailleurs tout à fait pertinent de prendre en compte la qualité de la langue de manière globale, et non pas seulement dans les matières dites « littéraires ».
Néanmoins, nous pensons également qu’une plus grande exigence aux examens nationaux n’est pas suffisante pour permettre une amélioration notable et durable de la maîtrise du français. Celle-ci s’acquiert tout au long de la scolarité.
Dans ce cadre, nous faisons en sorte de proposer aux enseignants et aux professionnels de l’éducation des solutions performantes, qui permettent une véritable remise à niveau, et un perfectionnement en orthographe et en expression. Nous mettons à disposition des scolaires, du monde de l’entreprise et des particuliers des ressources gratuites qui favorisent une pratique ludique du français.
Plus que jamais, nous souhaitons faire en sorte que chacun ait les moyens de devenir acteur de son épanouissement personnel grâce à la maîtrise de la langue.