👉 DĂ©couvrez nos SOLUTIONS pour les particuliers (CPF), l’éducation, les organismes de formation et les entreprises.

BillevesĂ©es, calembredaines, fariboles
 Comment nommer des paroles sans intĂ©rĂȘt ?

Les mots suivants ont plusieurs points communs : ils sont d’un registre littĂ©raire, parfois vieilli, sont pĂ©joratifs, dĂ©signent tous des paroles sans intĂ©rĂȘt (avec de lĂ©gĂšres nuances), et leur Ă©tymologie est souvent obscure. Enfin, de genre fĂ©minin, ils s’emploient principalement au pluriel. Nous vous invitons Ă  les (re)dĂ©couvrir, et pourquoi pas Ă  leur donner un second souffle en les intĂ©grant Ă  votre vocabulaire. Croyez-nous, ils ne passeront pas inaperçus...
Explorer la langue française
Article

1- BALIVERNE

Des balivernes, ce sont des propos sans intĂ©rĂȘt, sans vĂ©ritĂ©, futiles, souvent erronĂ©s.

D’oĂč vient le nom « baliverne Â» ? En usage depuis le XVsiĂšcle, il serait, selon l’AcadĂ©mie française, issu du verbe « baliverner Â», qui signifie « dire des balivernes Â» et dont l’origine est plutĂŽt obscure. Le Larousse tente tout de mĂȘme d’éclairer cette derniĂšre : « peut-ĂȘtre de baller, “danser”, et verner, “tourner sur soi-mĂȘme” Â».

On le retrouve notamment dans les tournures « dĂ©biter des balivernes Â», « Ă©couter des balivernes Â», et dans l’expression « trĂȘve de balivernes ! Â» (sous-entendu : « passons aux choses sĂ©rieuses ! Â»).

Notons que la frontiĂšre entre la parole et l’acte est tĂ©nue : la baliverne est aussi une occupation frivole, puĂ©rile ou stupide, d’oĂč « s’amuser Ă  des balivernes Â».

2- BILLEVESÉE

Des billevesĂ©es (les deux « l Â» se prononcent sans mouillure) sont des paroles vides de sens, des propos frivoles ou ridicules.

Les billevesĂ©es se prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement en nombre (« une foule de billevesĂ©es Â»). Comme « balivernes Â», « billevesĂ©es Â» est souvent accompagnĂ© du verbe « dĂ©biter Â» : « dĂ©biter des billevesĂ©es Â».

Étymologiquement, « billevesĂ©e Â», aussi en usage depuis le XVsiĂšcle, serait composĂ© de vesĂ© signifiant « ventru Â», « gonflĂ© Â», « soufflĂ© Â» (de veze, « cornemuse Â») et d’un premier Ă©lĂ©ment d’origine peu claire. D’aprĂšs le Larousse, il s’agirait de beille, « boyau Â».

Comme on dit « trĂȘve de balivernes ! Â», on dit « trĂȘve de billevesĂ©es ! Â». Par extension, une billevesĂ©e est une idĂ©e creuse. Exemple : « Il n’a en tĂȘte que des billevesĂ©es. Â»

3- CALEMBREDAINE

Les calembredaines sont des histoires absurdes, des plaisanteries futiles et sans portĂ©e, des paroles cocasses, extravagantes.Il n’est pas rare, par exemple, d’entendre des calembredaines en rĂ©ponse Ă  des propos sĂ©rieux


S’agissant de l’origine de « calembredaine », l’AcadĂ©mie française avance que le mot, apparu au XVIIIe siĂšcle, est peut-ĂȘtre un dĂ©rivĂ© du radical de « bredouiller » avec un prĂ©fixe pĂ©joratif. Selon le Larousse, il pourrait venir du suisse dialectal calembourdaine, lui-mĂȘme formĂ© sur bourde, « parole en l’air ». Il se rapprocherait alors du nom « calembour ».

4- FADAISE

Les fadaises sont des propos plats, des paroles insignifiantes, des plaisanteries niaises.

Le nom vient de l’ancien provençal fadeza signifiant « sottise Â», lui-mĂȘme dĂ©rivĂ© de fat, « niais, sot Â», du latin fatuus, « insensĂ© Â».

À la diffĂ©rence de « fada Â», de mĂȘme origine, « fadaise Â» n’est plus perçu comme « rĂ©gional Â», il est plutĂŽt considĂ©rĂ© comme un dĂ©rivĂ© de « fade Â», d’oĂč l’évolution de sens de « chose absurde Â» Ă  « chose insignifiante Â».

Les fadaises sont donc des futilitĂ©s. Comme « balivernes Â» et « billevesĂ©es Â», il s’emploie souvent avec le verbe « dĂ©biter Â» : « dĂ©biter des fadaises Â». Autres exemples de tournures : « ne dire que des fadaises Â», « fadaises que tout cela ! Â».

5- FARIBOLE

Dire ou raconter des fariboles, c’est livrer des propos vains, frivoles, lĂ©gers, improbables
 Autrement dit, qu’on ne peut pas prendre au sĂ©rieux !

C’est Ă  François Rabelais, grand faiseur de mots, que l’on doit le nom faribole. Ce dernier est attestĂ© en 1532 dans Pantagruel. Il s’écrivait alors « faribolle Â».

Sa formation n’en demeure pas moins incertaine, d’aprĂšs l’AcadĂ©mie française ; pour Le Robert historique, il pourrait venir du moyen français falibourde, fallebourde, « sottise Â», lequel serait composĂ© de bourde, « mensonge Â» (comme « calembredaine Â»), et du radical de faillir au sens de « mentir Â».

Exemples : « Vous nous contez des fariboles Â», « Tout cela n’est que faribole ! Â».

Par extension, des fariboles sont des choses vaines et sans valeur.

6- SORNETTE

Des sornettes, ce sont des propos en l’air, dĂ©pourvus de sens ou peu crĂ©dibles, des affirmations sans fondement. Comme les fariboles, on ne saurait prendre les sornettes au sĂ©rieux !

Le nom sornette, apparu au XVsiĂšcle, est le diminutif de sorne, en moyen français, soit « plaisanterie, moquerie Â». En effet, l’ancien verbe sorner signifiait « se moquer de quelqu’un Â». Tous ces mots sont issus de l’ancien provençal sorn, « sombre, obscur Â».

On « raconte Â», on « dĂ©bite Â» des sornettes. Exemples : « Il ne dit que des sornettes Â», « Quelles sornettes nous contez-vous lĂ  ? Â».

7- SOTTISE

C’est certainement le nom dont l’étymologie est la plus limpide : « sottise Â», apparu au XIIIsiĂšcle, est dĂ©rivĂ© de « sot, sotte Â».

Au sens premier, la sottise est un acte ou un propos idiot, qui tĂ©moigne d’un manque d’intelligence, de finesse.

On l’emploie plus facilement Ă  propos d’enfants que d’adultes. « Dire des sottises Â», c’est dire des bĂȘtises, des Ăąneries, ou encore commettre une maladresse.

8- STUPIDITÉ

Certes, la stupiditĂ© est le caractĂšre d’une personne, d’une chose stupide, mais c’est aussi une parole ou une action stupide : « ne dire que des stupiditĂ©s Â» (on pourrait dire aussi « des Ăąneries Â»).

Dans Un fil à la patte, voici comment l’auteur Georges Feydeau emploie le mot en ce sens :

MADAME DUVERGER, prenant le journal. Mais pardon, Monsieur, quÊŒest-ce que vous voulez que ça me fasse que mademoiselle je ne sais pas comment chante, quÊŒon lui a fait du pied, du pied, du pied, du pied de cochon, truffĂ© ?

BOUZIN. Comment ?


MADAME DUVERGER. Ça doit ĂȘtre quelque stupiditĂ© !

Voici, en guise de conclusion, encore d’autres synonymes de ces termes :

  • Ceux qui signifient « parole ou chose insignifiante Â» : bagatelle, babiole, bricole, broutille, futilitĂ©, vĂ©tille

  • Ceux qui signifient « bĂȘtise Â» (et qui dĂ©signent aussi les actes) : absurditĂ©, Ăąnerie, balourdise, bĂȘtise, bourde, crĂ©tinerie, enfantillage, ineptie, niaiserie, puĂ©rilité 

Sandrine Campese

Lisez également sur notre blog :

Vous ĂȘtes perdu ?

Plus de contenu

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas affichée.
Les champs obligatoires sont marquĂ©s d’un « * Â».

  • Avatar
    Huvent Jean-Paul
    26 décembre 2025 à 14 h 09 min
    Bonjour , Dans votre rubrique "" billevesĂ©es, calembredaines, fariboles", il manque le fameux "carabistouille" qui ne manque pas d'intĂ©rĂȘt et que j'utilise rĂ©guliĂšrement ! Cordialement
  • Avatar
    Sandrine Campese
    6 janvier 2026 Ă  18 h 13 min
    Mais oui, bien sûr, "carabistouilles" ! Le Robert indique un emploi "régional" (Nord de la France, Belgique). Merci Jean-Paul pour cette proposition et bonne soirée.

Retrouvez le Projet Voltaire dans votre poche !

"Application utile et instructive.

Sa plus grande qualité c'est son accessibilité à toutes les personnes de tous niveaux en français. Les services proposés allient parfaitement bien le rapport qualité-prix. J'apprécie cette application parce qu'obtenir son Certificat Voltaire est un bonus essentiel à mettre sur son CV ou tout simplement pour avoir le plaisir de parler et d'écrire le français correctement."

Harinavalona R
⭐⭐⭐⭐⭐