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Faut-il accorder les noms de couleur dans les surnoms des équipes de football ?

Les « Bleu » (ou les « Bleus » ?) ajouteront-ils une troisième étoile à leur maillot ? Un supporter de Lens écrira-t-il « Allez les Sang et Or ! » ou « Allez les Sangs et Ors ! » sur sa banderole ? Les joueurs des Pays-Bas sont-ils surnommés « les Orange » ou « les Oranges » ?
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    Pas facile de savoir comment écrire les noms de couleur composant tous ces surnoms d’équipes de football : avec ou sans « s » ? Et pourtant, ils sont familiers des journalistes et des supporters. Alors, comment être sûr de bien orthographier le surnom de son équipe préférée ? Quatre cas sont à distinguer.

    CAS N° 1 – Le nom de couleur est issu d’un adjectif de couleur simple : on l’accorde

    Lorsque le surnom de l’équipe sportive est formé d’un nom de couleur issu d’un adjectif de couleur simple, on l’accorde. Adjectif de couleur à part entière, « bleu » prend la marque du pluriel en devenant un nom (on dit qu’il est « substantivé »). C’est le cas de notre équipe nationale de football :

    • Les Bleus : l’équipe de France de football ;
    • Les Bleues : l’équipe de France féminine de football (l’accord se fait aussi en genre).

    Les Bleus sont également appelés les Tricolores, où « tricolore » est aussi un adjectif substantivé (devenu nom) qui s’accorde au pluriel. Attention, « Tricolores » est aussi le surnom d’autres équipes nationales dont les drapeaux sont composés de trois couleurs : Andorre, Bulgarie, Roumanie, Colombie, Costa Rica, Équateur, Mexique.

    Quant aux « Bleuets », c’est le surnom de l’équipe de France Espoirs de football. Si « bleuet » n’est pas un nom de couleur, mais celui d’une plante à fleurs bleues, il fait penser à un diminutif de « bleu » et apporte une dimension hypocoristique (exprimant une intention affectueuse). On rencontre parfois l’appellation « Bleuettes » pour désigner les joueuses de l’équipe de France Espoirs de football.

    Autres exemples de surnoms d’équipes composés d’un nom tiré d’un adjectif de couleur :

    • Les Verts : l’AS Saint-Étienne (club le plus titré en championnat de France). « Les Verts » ou « les Faucons Verts » désigne aussi l’équipe d’Arabie saoudite de football ;
    • Les Violets : le Toulouse FC, dont les maillots des joueurs sont violet et blanc. Plus couramment, ils sont surnommés « le Téfécé » ou « les Pitchouns » ;
    • Les Rouches, soit « les Rouges » prononcé avec l’accent liégeois. Il s’agit du Standard de Liège, club de football belge de la ville de Liège.

    Parfois, le nom d’équipe est composé d’un nom commun et d’un adjectif de couleur (les deux termes s’accordent) :

    • Les Diables Rouges : l’équipe de Belgique de football. L’équipe Espoirs se nomme… « les Diablotins » !
    • Les Samouraïs Bleus : l’équipe du Japon de football. Le bleu fait référence au maillot officiel de l’équipe nationale. En japonais, on écrit « サムライ・ブル », transcription de l’anglais « Samurai Blue ».

    Pourquoi une majuscule ? Pour marquer la transformation du nom de couleur en nom propre désignant un ensemble de personnes, une entité à part entière (une équipe, en l’occurrence), tout comme on écrit « les Français ». De plus, la majuscule permet de démarquer l’appellation du nom commun : « les bleus » (des bleus sur la peau, des couleurs bleues) vs « les Bleus »(l’équipe de France). Dans la même logique de distinction, les adjectifs de couleur contenus dans les surnoms d’équipes prennent une majuscule également : « les Diables Rouges », « les Samouraïs Bleus ».

    CAS N° 2 – Le nom de couleur est issu d’un adjectif de couleur lui-même issu d’un nom : on l’accorde (généralement)

    Le cas d’« orange »

    On connaît la règle épineuse d’accord de l’adjectif de couleur issu d’un nom (de fruit, de fleur, de pierre précieuse…) : il reste invariable ! L’adjectif « orange » étant issu d’un nom de fruit (l’orange), il ne prend jamais la marque du pluriel. On écrira donc : « des maillots orange ». Et en tant que nom de couleur ? Les dictionnaires ne sont pas d’accord. Pour le Larousse, on accorde (les oranges), pour Le Robert, on n’accorde pas (les orange).

    À lire également sur notre blog : Des maillots « orange » ou « oranges » ? L’accord des couleurs

    Mais quand il devient le surnom d’une équipe ? Deux possibilités :

    • On considère que c’est un adjectif avec ellipse du nom « joueurs », et on le laisse invariable : « les Orange », sous-entendu « les joueurs orange », « les joueurs vêtus en orange » ;
    • On considère que c’est une vraie substantivation (adjectif transformé en nom), et on l’accorde : « les Oranges ».

    à C’est la seconde option qui est la plus courante : « les Oranges » est le surnom de l’équipe des Pays-Bas de football (de Oranje en néerlandais). D’autant qu’ici, le mot n’a pas de rapport direct avec la couleur orange, il fait référence à la maison d’Orange-Nassau, maison régnante des Pays-Bas depuis 1813.

    En conclusion : si « les Oranges » est aujourd’hui la forme attestée, « les Orange » n’est pas fautive pour autant.

    Autres exemples où l’accord est de mise

    • Les Grenats : le FC Metz. « Grenat » étant une couleur issue d’un nom de pierre précieuse, il est invariable comme adjectif (des maillots grenat). Mais, une fois pleinement substantivé et érigé en surnom d’équipe, l’accord en nombre s’impose naturellement, sur le modèle des « Bleus » ou des « Verts » ;
    • Les Mauves : le Royal Sporting Club d’Anderlecht (abrégé en RSC Anderlecht), club de football belge. « Mauve » est issu du nom de la mauve, plante à fleurs roses ou violet pâle. Néanmoins, il fait partie de ces rares adjectifs de couleur nés d’un nom qui ont complètement accédé au statut d’adjectif ordinaire et qui s’accordent en genre et en nombre (comme « rose », « pourpre » ou « écarlate ») ;
    • Les Canaris : le FC Nantes. C’est un cas un peu particulier. Si « Canaris » devrait faire ici référence à la couleur « jaune canari » (et pourrait donc impliquer l’invariabilité), il semble que le nom « se comporte » ici comme celui de l’oiseau. On écrit donc « les Canaris », avec un « s », comme on écrit « les Aigles », « les Lions », ou encore « les Merlus » (Football Club de Lorient).

    CAS N° 3 : le nom de couleur est composé de deux couleurs : on ne l’accorde pas

    Avant toute chose, rappelons la règle générale d’accord des noms de couleur composés :

    • nom de couleur + nom de couleur : les deux noms restent invariables et sont reliés par un trait d’union (« les bleu-vert ») ;
    • nom de couleur + nom qui n’est pas une couleur : seul le nom de couleur prend un « s »au pluriel(« les bleus ciel ») ;
    • nom de couleur + adjectif : les deux mots prennent un « s » au pluriel (« les bleus foncés »).

    À lire également sur notre blog : Comment accorder les noms de couleur ?

    Et si le surnom de l’équipe sportive est composé de deux noms de couleur, reliés par la conjonction de coordination « et » ? Même règle qu’avec le trait d’union ! Ce nom composé de deux noms de couleur reste invariable. Exemples :

    • Les Sang et Or : les joueurs du RC Lens. Le fait que les couleurs « sang » et « or » soient à l’origine des noms communs ne justifie pas ici l’invariabilité. On a vu avec « orange », « grenat » ou « mauve » que l’accord était malgré tout de mise. L’invariabilité est ici justifiée par le fait que les deux noms de couleur sont coordonnés.

    De même, on écrira :

    • Les Rouge et Noir : le Stade Rennais Football Club ;
    • Les Marine et Blanc : le FC Girondins de Bordeaux ;
    • Les Rouge et Blanc : le Valenciennes FC ou le Stade de Reims ;
    • Les Ciel et Marine : le Havre Athletic Club (HAC).

    D’ailleurs, si l’on écrivait « les Rouges et Noirs » au pluriel, on pourrait supposer qu’il y a dans cette équipe des joueurs en rouge et des joueurs en noir. Or, les deux couleurs se trouvent sur leurs maillots ! L’invariabilité permet en outre d’opérer cette distinction subtile.

    À lire également sur notre blog : « Des robes blanc et noir » ou « des robes blanches et noires » ?

    CAS N° 4 : Un détour par les vestiaires étrangers

    Comment nos voisins utilisent-ils les noms de couleur pour nommer leurs équipes de football ? Comme vous allez le voir, c’est plus simple que chez nous, mais également très créatif !

    En anglais, la substantivation est directe et sans ambiguïté : « The Reds » de Liverpool, « The Blues » de Chelsea ou d’Everton… L’accord du pluriel anglais, marqué par le « s » final, est systématique.

    En italien, la tradition est encore plus riche et inventive. Les clubs de Serie A ont développé tout un vocabulaire chromatique en fusionnant deux couleurs en un seul mot :

    • L’équipe d’Italie est surnommée gli Azzurri (« les Bleus »), en référence à la couleur bleue de son maillot. De manière plus formelle, c’est la Squadra Azzurra (l’équipe bleue). À noter que les Azzurri n’iront pas à la Coupe du monde 2026 pour la troisième fois consécutive, après 2018 et 2022 ;
    • I Bianconeri (les blanc-noir) : la Juventus de Turin ;
    • I Giallorossi (les jaune et rouge) : l’AS Roma ;
    • I Rossoneri (les rouge-noir) : l’AC Milan ;
    • I Nerazzurri (les noir-bleu) : l’Inter Milan.

    Et bien d’autres encore !

    En italien, ces surnoms composés s’accordent en genre et en nombre selon les règles habituelles de la langue : Nerazzurro au masculin singulier, Nerazzurra au féminin singulier, Nerazzurri au masculin pluriel. C’est précisément ce masculin pluriel – utilisé pour désigner un groupe de joueurs – que l’on retrouve dans tous ces surnoms.

    En espagnol aussi, les noms des équipes sont souvent des mots-valises, des mots créés par la fusion de deux mots :

    • Les Blaugranas: les joueurs du FC Barcelone. C’est la contraction du mot catalan blau (« bleu ») et de grana (« grenat »), les deux couleurs du maillot. En espagnol (castillan), on les nommerait Azulgranas, « bleu » se disant azul.

    Même s’ils sont au singulier, voici quelques autres surnoms en espagnol :

    • La Roja (ou la Furia Roja) : l’équipe d’Espagne de football. En français, on dira « les Rouges » ou l’on conservera l’espagnol ;
    • La Celeste : l’Uruguay. Celeste, en espagnol, signifie littéralement « bleu ciel », en référence au maillot uruguayen, bleu ciel depuis 1922, couleur que l’on retrouve aussi sur le drapeau national. Un bel équivalent de notre « azur » ou « azuré » ;
    • L’Albiceleste : l’Argentine. Contraction du latin albi (blanc) et de l’espagnol celeste (bleu ciel), les couleurs du drapeau national ;
    • La Vinotinto : leVenezuela,en référence à la couleur des maillots de l’équipe de football, couleur « vin rouge » ! Même s’il est précédé de l’article féminin « la », le nom est invariable en espagnol comme en français.

    Lisez également sur notre blog :

    Toutes les définitions indiquées dans cet article sont tirées des dictionnaires de référence en ligne : Le Robert, le Larousse et celui de l’Académie française.

    Sandrine Campese

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