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Exemples de répétitions littéraires
« À l’époque dont nous parlons, il régnait dans les villes une puanteur à peine imaginable pour les modernes que nous sommes. […] Le paysan puait comme le prêtre, le compagnon tout comme l’épouse de son maître artisan, la noblesse puait du haut jusqu’en bas, et le roi lui-même puait, il puait comme un fauve, et la reine comme une vieille chèvre, été comme hiver. » (Patrick Süskind, Le Parfum).
Dans son roman Le Parfum, Patrick Süskind utilise de manière répétée le mot « puait » pour insister sur les mauvaises odeurs et donner le ton de son œuvre.
« Je chante, je chante soir et matin, je chante sur mon chemin… » (Charles Trenet, Je chante).
Le « fou chantant » répétait « je chante » dans sa célèbre chanson, pour décrire une vie faite d’insouciance et de bonheur. Le personnage chante d’ailleurs jusqu’à sa mort et après, lorsqu’il devient un fantôme.
« Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! » (Charles de Gaulle, discours du 18 juin 1940).
Dans son célèbre appel à la résistance, le général de Gaulle a utilisé cette répétition, martelant le fait que la France avait des alliés sur lesquels s’appuyer.
Exemples de répétitions courantes
Nous employons couramment des répétitions, notamment pour marquer une émotion spécifique.
- Personne ici pour me renseigner, personne là, personne nulle part !
- Il faut faire trois choses pour apprendre une langue : travailler, travailler et travailler !
- C’est incroyable, ce qu’il vient de se passer. Incroyable !
- À travers mon programme, je n’ai qu’une obsession : l’emploi, l’emploi, l’emploi.
Les fonctions de la répétition
Mettre en valeur une idée
La répétition attire l’attention du lecteur ou de l’auditeur sur une idée essentielle. Elle permet d’insister et même de marteler une idée : « Non, non, je ne céderai pas ! »
Créer un effet de rythme
La répétition structure le texte et lui donne un rythme particulier, qui peut être utilisé en poésie, en discours ou en chanson : « J’ai échoué, je le sais… oui, je le sais ! »
Exprimer une émotion forte
Elle peut traduire une colère, une peur, une joie, une forte angoisse : « J’ai eu peur, peur de mourir, peur de tout perdre. »
Créer une progression ou une accumulation
Même s’il existe des figures de style spécifiques pour marquer la gradation ou l’accumulation, la répétition peut aussi remplir cette fonction : « Il a crié, crié, crié jusqu’à s’en briser les cordes vocales. »
Avis de l'expert
La répétition se distingue d’autres figures de style proches. Ainsi, le pléonasme n’est pas une répétition : il consiste à insister sur un point par une redondance. De même, la répétition n’est pas tout à fait une anaphore : cette figure de style consiste à répéter un même mot ou une même expression, mais au début de plusieurs phrases, de propositions ou de vers. C’est le fameux « Moi, président de la République ».
Exercice
Exerçons-nous ! S’agit-il de répétitions ?
- Et j’ai crié, crié, pour qu’elle revienne.
- J’ai crié, hurlé, me suis époumoné… sans succès.
- Je surgis, nous surgissons, ils surgissent.
- J’enrage de ne pouvoir venir. Oui, j’enrage !
- Elle ne va pas bien. Vraiment pas bien.
- Dans cet extrait de la chanson Aline, le chanteur Christophe fait bien usage d’une répétition.
- Il ne s’agit pas d’une répétition : ce n’est pas le même mot qui est employé. Cela serait plutôt une gradation.
- Il ne s’agit pas d’une répétition : c’est bien le même verbe qui est employé, mais il est conjugué différemment. Il s’agit plutôt d’une figure de style spécifique, la polyptote.
- Il s’agit bien d’une répétition.
- Il s’agit bien d’une répétition.