Conjugaison Formes conjuguées « Il y a » ou « il est » ? Parfois, dans des textes littéraires et poétiques, on rencontre la tournure « il est », la plupart du temps suivie par un nom au pluriel, ce qui est d’autant plus étonnant. Que signifie cette formulation ? Peut-on encore l’employer de nos jours ? Et si oui, comment ? Évaluer mon niveau Pour progresser en français, faites le test ! Lancer l’évaluation On vous explique « Il est » : cette tournure, vous l’avez entendue et lue durant votre enfance, et pour cause, elle introduit souvent les contes de fées. Vous ne la reconnaissez toujours pas ? C’est normal, elle est à l’imparfait dans la célèbre formule « Il était une fois », mais aussi dans… « Il était un petit navire », ou même « Il était un petit homme ». En ce sens, « il est + nom » signifie « il existe », « on trouve ». C’est, dans la langue littéraire, l’équivalent de « il y a ». Ainsi Baudelaire écrit-il dans L’Invitation au voyage (1857) : « Il est un pays superbe, un pays de Cocagne… », c’est-à-dire « Il existe un pays superbe… ». Cependant, le nom qui suit « il est » est généralement au pluriel, et la phrase traduit une idée abstraite, une vérité générale, une réflexion poétique ou philosophique plutôt qu’une donnée concrète, factuelle, comptable. « Il est, paraît-il, des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril », chante Jacques Brel, un siècle après Baudelaire. Autres exemples : « Il est des parfums subtils », « Il est des hommes que la difficulté exalte »… Avis de l'expert Sandrine Campese Autrice langue française, créatrice de la mnémographie « Il est + nom » fait partie des emplois impersonnels du verbe « être ». En voici d’autres : Toujours est-il: « en tout cas », « quoi qu’il en soit » ; Ainsi soit-il: pour exprimer un vœu, affirmer l’adhésion à la fin d’une prière ; S’il en est, s’il en fut: pour donner une valeur superlative. Exemples : « C’est un lettré, s’il en est », « C’était un héros, s’il en fut ». Exercice Il y a des regards qu’on ne peut oublier. Il y a une voiture rouge garée devant chez moi. Il y a des maisons très colorées dans cette rue. Il y a des maisons qui semblent habitées par les souvenirs. Il y a des silences qui valent mieux qu’un long discours. Il y a des jours où tout semble possible. Il y a des enfants dans le jardin. Il y a des enfants que la solitude rend farouches. Il y a trente-deux élèves dans la classe. Il y a une odeur étrange dans la cuisine, tu ne trouves pas ? Réponses Remplacement par « il est » (variante littéraire) : Il est des regards qu’on ne peut oublier. Pas de remplacement par « il est ». Pas de remplacement par « il est ». Remplacement par « il est » (variante littéraire) : Il est des maisons qui semblent habitées par les souvenirs. Remplacement par « il est » (variante littéraire) : Il est des silences qui valent mieux qu’un long discours. Remplacement par « il est » (variante littéraire) : Il est des jours où tout semble possible. Pas de remplacement par « il est ». Remplacement par « il est » (variante littéraire) : Il est des enfants que la solitude rend farouches. Pas de remplacement par « il est ». Pas de remplacement par « il est ». Auteurs Projet Voltaire Pour cette règle d’orthographe Projet Voltaire : Sandrine Campese, autrice et membre du comité d’experts Projet Voltaire. Mélany Bigot, relectrice.