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On vous explique
Les verbes pronominaux se conjuguant avec l’auxiliaire « être », leur participe passé s’accorde le plus souvent avec le sujet :
- Elle s’est évanouie.
- Ils se sont enfuis.
Certains verbes pronominaux peuvent pourtant avoir un complément d’objet direct. L’accord du participe se fait alors avec celui-ci, à condition qu’il précède le verbe :
- Ils se sont lavés. ? Le COD est le pronom réfléchi « se », placé avant le verbe : on accorde le participe passé avec lui.
mais
- Ils se sont lavé les mains. ? Le COD est « les mains », placé après le verbe : on n’accorde pas « lavé ».
Le participe passé d’un verbe pronominal reste invariable quand le pronom réfléchi est objet indirect :
- Ils se sont parlé, car on parle à quelqu’un.
- Elle s’est permis de prendre la parole, car on permet quelque chose à quelqu’un.
De même, le participe passé des verbes « se plaire », « se complaire », « se déplaire » et « se rire » reste invariable :
Elle s’est plu à l’agacer.
Découvrez également notre règle permettant d’écrire correctement Ils sont venus, ainsi que notre article sur l’accord du participe passé.
Avis de l'expert
Si les verbes « essentiellement pronominaux », autrement dit ceux qui n’existent qu’à la forme pronominale, s’accordent quasiment toujours avec le sujet (« ils se sont souvenus de cette mésaventure »), les autres, dits « accidentellement pronominaux », se comportent, en matière d’accord du participe passé, comme s’ils étaient conjugués avec l’auxiliaire « avoir » : invariables si leur complément d’objet direct est placé après eux ou s’ils en sont dépourvus, ils s’accordent avec celui-ci s’il les précède (« ils se sont rappelé cette mésaventure » mais « la mésaventure qu’ils se sont rappelée »).
Exercice
- En guise de réconciliation, ils se sont longuement serré la main.
- Elle s’est permis de corriger une faute d’orthographe dans la lettre du patron.
- La veste qu’il s’est acheté durant la période des soldes lui va à merveille.
- Les convives se sont plu à souligner le savoir-faire de l’hôtesse.
- Les tourtereaux se seront souri tout au long de la réunion.
- Les orateurs se sont défié du regard avant de monter à la tribune.
- De nombreux collègues s’étaient souvenus de la date de son anniversaire.
- Les hommes qui se sont succédés à la tête de l’entreprise étaient tous de valeur.
- Faute de temps, les négociateurs se seront dits l’essentiel.
- Ils se sont ris des pièges qu’on leur tendait.
- Phrase correcte.
- Phrase correcte.
- Faux. Il faut écrire : La veste qu’il s’est achetée durant la période des soldes lui va à merveille.
Le participe passé d’un verbe pronominal doit s’accorder avec son complément d’objet direct s’il est placé avant lui. Qu’a-t-on acheté, ici ? « qu’ », mis pour « la veste », lequel précède bien le participe en question. D’où la marque du féminin singulier à ce dernier. - Phrase correcte.
- Phrase correcte.
- Faux. Il faut écrire : Les orateurs se sont défiés du regard avant de monter à la tribune.
Encore un verbe pronominal pour lequel il importe de rechercher un éventuel complément d’objet direct. Qui les orateurs ont-ils défié ? « se », mis pour le masculin pluriel « orateurs ». Voilà qui justifie la terminaison « -és » du participe passé, contraint de s’accorder avec son COD puisque celui-ci le précède ! - Phrase correcte.
- Faux. Il faut écrire : Les hommes qui se sont succédé à la tête de l’entreprise étaient tous de valeur.
Il ne saurait être question d’accorder le participe passé d’un verbe pronominal qui n’admet jamais de complément d’objet direct : on succède toujours « à » quelqu’un ! Le pronom « se » qui précède le participe est ici un complément d’objet indirect, qui n’a aucune influence sur son accord. - Faux. Il faut écrire : Faute de temps, les négociateurs se seront dit l’essentiel.
Que se seront dit les négociateurs ? « l’essentiel » ! Le complément d’objet direct ne peut influer sur l’accord d’un participe passé quand il le suit. - Faux. Il faut écrire : Ils se sont ri des pièges qu’on leur tendait.
Le participe passé du verbe « se rire », comme ceux des verbes « se plaire », « se déplaire », « se complaire », est toujours invariable.