Participe passé : 5 règles à réviser pendant les fêtes

Au Projet Voltaire, toutes les occasions sont bonnes pour améliorer son orthographe et soigner sa langue. Et ce ne sont pas les fêtes de fin d’années qui vont nous faire déroger à la tradition ! Au contraire, la période est propice à l’envoi de nombreux messages qui peuvent contenir des erreurs, en particulier des erreurs d’accord du participe passé. Qu’à cela ne tienne, ces cinq règles en tête, même le participe passé aura un air de fête ! 

Le soir du réveillon, les familles se sont réuniesPère Noël devant la cheminée

Le verbe réunir est « occasionnellement pronominal ». Autrement dit, il peut s’employer à la forme simple (sans pronom personnel réfléchi) ou à la forme pronominale (pronom personnel réfléchi). Dans ce cas, il faut s’intéresser à la fonction du pronom réfléchi (se).

Quand le pronom réfléchi (me, te, se, nous, vous, se) est complément d’objet direct (COD), le participe passé s’accorde avec lui.

 On pose la question : Elles ont réuni qui ? « se » (les unes les autres), pronom réfléchi féminin pluriel. Puisque la question est « qui ? », « se » est bien COD. Par conséquent, on accorde le participe passé « réuni » au féminin pluriel, d’où « elles se sont réunies ».

Ceux qui n’étaient pas ensemble se sont téléphoné.

 Parce que le participe passé est employé avec l’auxiliaire être, on a envie d’accorder le participe passé et d’écrire « ils se sont téléphonés » ! Or, c’est la fonction du pronom réfléchi (se) qui nous intéresse ici…

Quand le pronom réfléchi (me, te, se, nous, vous, se) est complément d’objet indirect (COI), le participe passé d’un verbe pronominal ne s’accorde pas avec lui.

On pose la question : Ils ont téléphoné à qui ? à « se », pronom réfléchi masculin pluriel. Puisque la question est « à qui ? », « se » est bien COI. Par conséquent, on n’accorde pas le participe « téléphoné ».

Pour s’entraîner : https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/ils-se-sont-telephone-ils-se-sont-telephones/ 

Impatients, les enfants ont déballé leurs cadeaux.

Parce que le sujet est « les enfants », masculin pluriel, il peut être tentant d’écrire « les enfants ont déballés ». Or, ici, le participe passé déballé est employé avec l’auxiliaire avoir (ont).

Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde pas avec le sujet.

On écrira donc : « Impatients, les enfants ont déballé leurs cadeaux. »

Pour s’entraîner : https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/elle-a-chante-ou-elle-a-chantee/ 

À noter que leurs et cadeaux prennent la marque du pluriel. On considère que chaque enfant a un ou plusieurs cadeaux. Écrire « leur cadeau » sous-entendrait qu’il n’y a qu’un cadeau pour tous.

Pour aller plus loin : https://www.projet-voltaire.fr/regle-orthographe/leur-chapeau-leurs-chapeaux-adjectif-possessif-singulier-pluriel-accord/

La trottinette que j’ai reçue m’a beaucoup plu.

Parce que le participe passé est employé avec l’auxiliaire avoir (ai), il peut être tentant d’écrire « la trottinette que j’ai reçu ». Sauf que le complément d’objet direct (COD), trottinette, est placé avant le verbe. Or le participe passé s’accorde avec le COD quand celui-ci est placé avant le verbe.

On pose la question : J’ai reçu quoi ? la trottinette, nom féminin singulier. Puisque la question est « quoi ? », « trottinette » est bien COD. De plus, il est placé avant le verbe. Par conséquent, on accorde le participe passé « reçu » au féminin singulier, d’où : « la trottinette que j’ai reçue ».

En revanche, l’autre participe passé, plu, ne s’accorde pas. Pourquoi ? Parce qu’on pose la question : La trottinette que j’ai reçue a plu à qui ? à « m’ » (mis pour « moi »). Ici le pronom « m’ » est complément d’objet indirect (COI) et non COD. Voilà pourquoi on n’accorde pas « plu », quand bien même « m’ » représenterait un féminin !

Pour s’entraîner : https://www.projet-voltaire.fr/regles-orthographe/les-fraises-que-j-ai-mange-les-fraises-que-j-ai-mangees/

Cette année encore, le père Noël nous a gâtés !

Parce que le COD est ici un pronom et non un nom, il est tentant d’oublier de faire l’accord et d’écrire « le père Noël nous a gâté ». Pourtant, la même règle s’applique lorsque le COD est un pronom.

On pose la question : Le père Noël a gâté qui ? « nous », pronom masculin pluriel, d’où « gâtés ». Si « nous » ne représentait que des femmes, alors on écrirait « nous a gâtées ».

Cette erreur se rencontre abondamment sur les réseaux sociaux lorsqu’une personnalité décède. Les messages d’hommage contiennent souvent la formule « Il/elle nous a quitté », alors qu’il faut écrire « nous a quittés » !

Sandrine Campese
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Bonjour,
moi, ce qui m´exaspère , ce sont les mauvaises liaisons avec le mot « euro(s) » précédé d´une somme. Sans doute un « copié-collé » sur la forme de nos anciens francs, où la liaison ne jouait aucun rôle, puisque commencant par une consonne.
Ainsi « deu euros », au lieu de deux Zeuros », « quatre-vingt (t)euros » au lieu de quatre-vingtS Zeuros »:
Vous viendrait-il à l´idée de dire « elle a troi ans » ? Non, parce que cette liaison avec le mot « ans »est ancrée en nous.
Retenons : elle a trois Zans et trois Zeuros!

Je suis retraitée et je n’écrie pas beaucoup comme je le faisais au bureau. Je commence à perdre l’usage des règles d’orthographe et de la grammaire. Mais j’aimerai pouvoir enseigner à ma petite fille et je continue à m’entrainer. Merci de nous donner cette faciliter.

    Bonjour javen, vous avez raison de continuer à vous entraîner : l’orthographe s’apprend et se réapprend tout au long de la vie ! Vous avez gardé de très bonnes bases. Je me permets simplement de corriger trois petites erreurs qui se sont glissées dans votre message : « je n’écris », « j’aimerais », « facilité ». N’hésitez pas à vous entraîner avec le Projet Voltaire en vous connectant sur notre site (essai gratuit) : https://www.projet-voltaire.fr/test-orthographe/. Bonne découverte !

Bonjour ,
Les règles d’accord du participe passé –avec être et avoir– sont bien malmenées à l’oral par certains (es) intervenants (es) dans les médias !
Enseignant retraité , mes oreilles sont très fréquemment écorchées et je suis irrité par l’indifférence des interlocuteurs qui ne relèvent pas ces fautes , sans doute par ignorance partagée ???
Je pourrais en donner des dizaines d’exemples à rassembler dans un … « ANA de Médiocrités « …
— G. Miller: Une chose que j’ai APPRIS …LCI : 17/01/19 / 10h05.
–Député LREM /Ain : La violence qui était FAIT … Des manifesta- tions qui sont FAITS /LCI / 17/01/19 / 9h32 et 50 !
— Mme Belloubet :Cette évasion qui s’est PRODUIT …LCI / 04/07/18 / 9h12 .
«  »CH . Barbier : Des oppositions qui se sont RECONSTRUITS … BFMTV /10/07/18 /14h22 .
— B . Hamon : Des violences qu’elle n’a pas COMMIS elle-même …
Notre langue est bien maltraitée !!!
Les Académiciens auraient-ils autorisé semblables « tolérances » ?
Cordialement .

    Bonjour Jean, vous avez raison, l’accord du participe passé avec le COD placé avant le verbe est de moins en moins observé, à l’écrit, mais aussi à l’oral ! L’Académie ne le cautionne pas, mais, sur le long terme, l’usage finit souvent par avoir raison, alors l’on peut imaginer que dans quelques dizaines d’années, l’erreur devienne la règle… C’est la même chose pour le fameux « au temps pour moi », l’usage préférant « autant pour moi ». Bon dimanche :-).