Améliorez votre vocabulaire : les noms

Après les adjectifs et les verbes, il ne manquait plus que les noms pour que la série soit complète ! Voici donc dix noms tirés de la langue littéraire, poétique ou soutenue. Chacun est accompagné de précisions étymologiques et d’exemples. Il n’y a plus qu’à les glisser malicieusement dans vos conversations pour surprendre et charmer votre auditoire.

Tableau de Ingres, Louis XIV et Molière déjeunant à Versailles

Dites « amphitryon »

… au lieu de « hôte ».

À l’origine, Amphitryon est un roi de la mythologie grecque et le personnage d’une comédie de Molière. Par antonomase, le nom est devenu « l’hôte qui offre à dîner ». Vous organisez une réception chez vous ? Dites à vos convives « Je serai votre amphitryon ! ».

Dites « célérité »

… au lieu de « vitesse ».

Précédemment, nous avons vu que l’adjectif véloce était l’équivalent littéraire de « rapide ». Côté nom, on emploiera « célérité » pour désigner une grande rapidité (dans le geste, l’action). Autre synonyme soutenu : « promptitude » (et son adjectif, « prompt »).

Dites « courroux »

… au lieu de « colère ».

Le courroux est une vive colère, un emportement. On l’utilise aussi pour caractériser la vive agitation de la mer (« Les flots sont en courroux »). L’adjectif correspondant est « courroucé », comme dans ces paroles d’une chanson de Balavoine : « Tu avances sous les regards courroucés ».

Dites « édile »

… au lieu de « maire ».

Terme issu de la Rome antique, l’édile est le magistrat municipal d’une grande ville, autrement dit, son maire. Un synonyme fort utile à connaître, notamment pour éviter de se répéter quand on parle d’Olivier Maire, maire de Cublize (Rhône). Au passage, ce nom propre constitue un « aptonyme » !

Dites « forfanterie »

… au lieu de « vantardise ».

La forfanterie est une vantardise. On l’utilise souvent à la forme négative : « Sans forfanterie aucune, je suis le meilleur cordon-bleu de tout l’immeuble. » Variantes également soutenues : hâblerie, rodomontade.

Dites « gageure »

… au lieu de « pari ».

La gageure, qui se prononce [gajure], est une action, un projet qui relève d’un pari hasardeux. Exemple : « C’est une gageure de vouloir trouver une place aux abords du stade un soir de match ! » Pour aider à la prononciation, les rectifications orthographiques de 1990 proposent la variante « gageüre ».

Dites « géhenne »

… au lieu de « torture ».

Dans la Bible, ce mot d’ancien français désigne l’enfer. Au figuré, c’est une torture, une souffrance intolérable. Le nom a donné « gêne », dont le sens s’est quelque peu adouci. Si l’être bien-aimé vous manque, textotez-lui : « Ton absence est une géhenne ! »

Dites « munificence »

… au lieu de « générosité ».

La munificence, c’est la grandeur dans la générosité. Si, en tant qu’amphitryon*, vous gâtez vos invités, ils vous salueront sans doute pour votre « munificence » (du moins espérons-le !). À ne pas confondre avec la magnificence (qualité de ce qui est magnifique).

Dites « panégyrique »

… au lieu de «  éloge ».

Un panégyrique est un discours à la louange de quelqu’un, d’une institution, d’un pays. On dit aussi « apologie ». Il est fait en public, le mot étant de la même famille que « agora ».

Dites « parangon »

… au lieu de « modèle ».

D’origine espagnole, le nom parangon est l’équivalent littéraire de « modèle ». On peut dire, par exemple, que l’abbé Pierre et Mère Thérésa sont des parangons de générosité.

 

Sandrine Campese

Crédit photo : Ingres, Louis XIV et Molière déjeunant à Versailles

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