Lexical Règle d'orthographe Faut-il écrire « à l’insu » ou « à l’insue » ? Voici une expression plutôt courante, mais qu’on ne sait pas toujours correctement écrire et employer. « Insu » est-il un nom masculin ou féminin ? Faut-il ajouter un « e » à la fin ? Et que signifie vraiment cette expression ? Y a-t-il des cas où elle ne convient pas ? Évaluer mon niveau Pour progresser en français, faites le test ! Lancer l’évaluation On vous explique La locution « à l’insu » est composée du nom masculin « insu », que l’on employait jadis seul. Il s’est toujours écrit sans « e » final. L’insu (formé du préfixe négatif « in » + « su », participe passé du verbe « savoir »), c’était l’ignorance de quelque chose. Il ne se rencontre désormais plus que sous la forme « à l’insu de quelqu’un », c’est-à-dire sans que cette personne le sache, en échappant à son attention. Exemple : « Combien d’adolescents sont déjà sortis à l’insu de leurs parents ? » Le complément peut être au féminin, au pluriel : « à l’insu » ne s’accorde jamais ! Vous hésitez quant au pronom à employer ? Les voici : à mon insu: sans que je le sache à ton insu: sans que tu le saches à son insu: sans qu’il/elle le sache à notre insu: sans que nous le sachions à votre insu : sans que vous le sachiez à leur insu : sans qu’ils/elles le sachent Et pour finir : le sens ! La personne visée par « à l’insu de » ne peut pas être celle qui agit à son propre insu. On dira : « Il a été filmé à son insu. » (= sans qu’il le sache.) On ne dira pas : «Il a agi à son insu. » (= Il ne saurait pas ce qu’il fait lui-même, ce qui n’a guère de sens.) Enfin, on distinguera : « à son insu » : sans le savoir ; « malgré soi », « à son corps défendant », « à contrecœur » : sans le vouloir ou avec une grande réticence. Avis de l'expert Sandrine Campese Autrice langue française, créatrice de la mnémographie « J’ai été dopé à l’insu de mon plein gré ! » Cette phrase, prononcée dans l’émission Les Guignols de l’info par la marionnette du cycliste français Richard Virenque lors de l’affaire Festina (1998), offre un paradoxe comique. « Mon plein gré » désigne une volonté pleine et entière, à l’opposé de l’ignorance totale qu’exprime « à mon insu ». Depuis près de trente ans, cette réplique demeure, dans la culture populaire, le symbole de l’aveu involontaire. Exercice Ma voisine a arrosé mes plantes à son insu, je n’en demandais pas tant ! Elle s’est mariée à l’insu de ses proches, nombreux à la cérémonie. Le plan de restructuration a été élaboré à l’insu des équipes concernées. « Cesse d’emprunter la voiture à mon insu ! » se plaint régulièrement ma mère. Un médecin peut-il modifier le traitement à l’insu du patient ? Les paparazzis sont connus pour photographier les stars à leur insu. Le prestataire avait majoré ses factures à l’insu du service comptabilité. Mon frère est parti en voyage à son insu, sans rien me dire ! À son insu, le directeur a révélé des informations confidentielles. À son insu, le commercial a démarché les clients concurrents. Réponses Faux. Il faut écrire : Ma voisine a arrosé mes plantes à mon insu, je n’en demandais pas tant ! Faux. Il faut écrire : Elle s’est mariée à l’insu de ses proches, absents de la cérémonie. Ou : Elle s’est mariée en présence de ses proches, nombreux à la cérémonie. Phrase correcte. Phrase correcte. Phrase correcte. Phrase correcte. Phrase correcte. Faux. Il faut écrire : Mon frère est parti en voyage à mon insu, sans rien me dire ! Faux : Il faut écrire : Malgré lui, le directeur a révélé des informations confidentielles. Faux. Il faut écrire : Le commercial a démarché les clients concurrents. (On ne peut agir à son propre insu.) Ou : À notre insu, le commercial a démarché les clients concurrents. Auteurs Projet Voltaire Pour cette règle d’orthographe Projet Voltaire : Sandrine Campese, autrice et membre du comité d’experts Projet Voltaire. Mélany Bigot, relectrice.