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On vous explique
Dans la conjugaison du verbe être, si l’on passe du présent au passé simple, « c’est » devient « ce fut » et « est-ce » devient « fut-ce ». Sans accent.
Est-ce clair ? Fut-ce clair ?
La confusion vient de ce que dans le langage soutenu l’on utilise le subjonctif imparfait « fût-ce » là où le langage courant utilise « serait-ce ».
Ne serait-ce qu’un instant (courant). Ne fût-ce qu’un instant (soutenu).
Avis de l'expert
J’aurais tendance à me demander pour ma part (et chacun aura compris qu’il s’agit là d’une précaution oratoire) si, des deux tours, le plus inhabituel aujourd’hui n’est pas celui qui recourt à un passé simple de plus en plus marginalisé dans le langage courant. Certes, l’imparfait du subjonctif ressortit au registre soutenu, mais les formes « fût-ce » et surtout « ne fût-ce que » se sont à ce point figées que le commun lui-même ne recule plus devant leur emploi. Beaucoup moins, en tout cas, que devant un « Fut-ce clair ? » que je ne suis pas près d’entendre dans les couloirs de l’établissement où je travaille !
Exercice
- Le président accepterait-il de nous recevoir, ne fût-ce que cinq minutes ?
- Qui installa-t-il dans cette maison ? Fut-ce fait dans les règles ?
- On raconte que vous avez dîné avec le chef de l’État. Fût-ce le cas ?
- Il faudra bien que nous allions à cette réunion, fut-ce à notre corps défendant.
- J’aimerais que tu me lises l’un de tes textes, ne fût-ce qu’un bref poème.
- Parle-moi de ton mariage. Fût-ce réellement le plus beau jour de ta vie ?
- Il ne revient pas souvent nous voir, ne fut-ce qu’en raison de la distance.
- J’espère pouvoir réduire mon temps de travail, ne fut-ce que de 10 %.
- Fut-ce réellement un travail d’équipe ? Je ne vois qu’un seul signataire.
- Je lui ai proposé de l’accompagner. Mais fût-ce vraiment une bonne idée ?
- Phrase correcte.
- Phrase correcte.
- Faux. Il faut écrire : On raconte que vous avez dîné avec le chef de l’État. Fut-ce le cas ? Cette interrogation est au passé simple, le verbe ne prend donc pas d’accent : « fut ».
- Faux. Il faut écrire : Il faudra bien que nous allions à cette réunion, fût-ce à notre corps défendant. On pourrait formuler cette phrase déclarative avec « serait-ce », on écrit donc « fût-ce ».
- Phrase correcte.
- Faux. Il faut écrire : Fut-ce réellement le plus beau jour de ta vie ? Cette interrogation est au passé simple, le verbe ne prend donc pas d’accent : « fut ».
- Faux. Il faut écrire : Il ne revient pas souvent nous voir, ne fût-ce qu’en raison de la distance. On pourrait formuler cette phrase déclarative avec « ne serait-ce que », on écrit donc « ne fût-ce que ».
- Faux. Il faut écrire : J’espère pouvoir réduire mon temps de travail, ne fût-ce que de 10 %. On pourrait formuler cette phrase déclarative avec « ne serait-ce que », on écrit donc « ne fût-ce que ».
- Phrase correcte.
- Faux. Il faut écrire : Je lui ai proposé de l’accompagner. Mais fut-ce vraiment une bonne idée ? Cette interrogation est au passé simple, le verbe ne prend donc pas d’accent : « fut ».