Conjonctions de coordination

Quand on parle de conjonction de coordination, nous sommes nombreux à avoir en tête la phrase « Mais où est donc Ornicar ? ». Cela, toutefois, ne nous dit pas tout sur les conjonctions de coordination. Que sont-elles exactement ? Quelle est leur fonction grammaticale ? Comment doit-on les utiliser ? Réponses dans ce dossier Voltaire.

Sommaire :

Qu’est-ce qu’une conjonction de coordination ?

« Mais », « ou », « et », « donc », « or », « ni », « car » : voilà quelles sont, en langue française, les conjonctions de coordination.

Invariables, elles font partie des coordonnants et ont pour fonction d’unir deux éléments de même fonction syntaxique (c’est-à-dire ayant le même rôle dans la phrase). Elles se distinguent des conjonctions de subordination qui, elles, établissent une hiérarchie entre les différents éléments.

Les conjonctions de coordination peuvent relier deux mots, deux groupes de mots, deux propositions ou deux phrases.

  • Je viendrai, mais je veux que tu sois là aussi.
  • Tous les matins, je fais une petite marche ou de la course à pied.
  • Pour ce voyage, nous devrons prendre la voiture et le bateau.
  • Tu ne seras pas là quand je passerai, il faut donc que tu me donnes les clés.
  • Il nous avait affirmé qu’il serait absent, or il était bien là !
  • Je ne prendrai pas mon vélo ni ma voiture, je marcherai.
  • Il faut économiser nos forces, car nous avons encore un long chemin à parcourir.

Les grammairiens expliquent que les conjonctions de coordination possèdent trois caractéristiques, qui permettent notamment de les distinguer des adverbes.

  • Elles ont une place fixe dans la phrase (le plus souvent, on les trouve entre les éléments syntaxiques à unir).
  • Elles n’ont pas de fonction particulière à l’intérieur de la phrase.
  • Elles ne peuvent pas être combinées entre elles entre deux éléments syntaxiques.

Liste des conjonctions de coordination

Les conjonctions de coordination lient entre eux des éléments de même fonction syntaxique, mais elles ne signifient pas la même chose. Voici leur sens et quelques exemples.

  • « Mais » marque une opposition entre les deux éléments : « Je voulais venir plus tôt, mais ma voiture est tombée en panne ! »
  • « Ou » marque un choix ou la restriction : « Il faut y aller en train ou en voiture. »
  • « Et » marque l’addition : « Je prendrai du fromage et un dessert. »
  • « Donc » établit une conséquence : « Il était chez lui à sept heures, donc il ne pouvait pas se trouver sur le lieu du crime. »
  • « Or » indique une opposition : « Tu m’as affirmé avoir fini ce dossier, or ce n’est pas le cas ! »
  • « Ni » marque l’exclusion : « Je n’aime pas le football ni le rugby. »
  • « Car » marque la cause : « Je viendrai plus tôt que prévu, car nous devons travailler. »

Au vu de cette liste, il convient d’être prudent avec la phrase « Mais où est donc Ornicar », et ce pour plusieurs raisons. D’abord, « où » avec un accent indique le lieu et non le choix et n’est pas une conjonction de coordination. Ensuite, « est » correspond à la conjugaison du verbe « être » à la troisième personne du singulier (présent de l’indicatif) et n’a rien à voir avec le « et » qui marque l’addition.

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Bien identifier les conjonctions de coordination

Il existe d’autres coordonnants qui, parfois, se substituent aux conjonctions de coordination : pourtant, en effet, néanmoins, d’ailleurs, au contraire, puis… On les considère comme des adverbes de liaison ou des connecteurs.

  • « Il l’estime beaucoup, pourtant il ne l’a rencontrée que deux fois » : « pourtant » remplace « mais ».
  • « Je pense que vous ne parviendrez pas à résoudre ce problème, en effet d’autres plus doués que vous n’y sont pas parvenus » : « en effet » remplace « car ».

Toutefois, ces coordonnants ne sont pas à proprement parler des conjonctions de coordination, et ce pour plusieurs raisons.

  • Ils peuvent être associés à des conjonctions de coordination (« ou alors ») ou à d’autres coordonnants (« alors finalement »).
  • Ils peuvent être déplacés dans la proposition (« En effet, je le sais », « Je le sais en effet »).

On prendra donc soin de retenir la liste « classique » : mais, ou, et, donc, or, ni, car.

Quelques points d’attention autour des conjonctions de coordination

Le débat sur « donc »

Il existe un débat sur la présence de « donc » dans les conjonctions de coordination. En effet, selon certains grammairiens, il ne remplit pas les critères qui s’appliquent traditionnellement. Mobile dans la phrase, il peut aussi être ajouté à d’autres conjonctions de coordination (« Et donc »). Il est donc davantage considéré comme un adverbe, à présent.

« Ou », inclusif ou exclusif

Le « ou » peut inclure les propositions mentionnées ou les exclure. « Fromage ou dessert » est exclusif : c’est l’un ou l’autre, mais pas les deux. Dans ce cas, « ou » peut être remplacé par « ou bien ». « Ce film sortira probablement sur une plateforme vidéo ou sur DVD » est inclusif : les deux propositions sont possibles et ne s’excluent pas.

La répétition possible avec « ni »

« Ni » indique l’exclusion de plusieurs éléments et peut-être répété : « Je n’apprécie ni le thé, ni le café. » Notez qu’on peut également l’associer à « pas » : « Je n’apprécie pas le thé, ni le café. » Il peut y avoir plus de deux éléments exclus. « Cela ne pourra se passer ni en janvier, ni en février, ni en mars. »

« Mais » : exclusion, restriction, opposition…

La conjonction de coordination « mais » a plusieurs sens.

  • L’exclusion : « Cela ne s’est pas passé mardi, mais mercredi. » L’une des deux propositions est clairement exclue.
  • La restriction : « Les joueurs ont été efficaces, mais moins que leurs adversaires. » L’une des propositions restreint l’autre.
  • L’opposition : « Il avait les yeux d’un bleu profond et doux, mais un regard méchant. » La seconde proposition s’oppose à la première, mais sans l’exclure.
  • La concession : « Il s’habille très bien, mais il ne sait pas toujours adapter sa tenue aux circonstances. » Dans ce cas, les éléments s’additionnent, le premier étant vu comme une concession.
  • L’extension : « Victor Hugo n’était pas seulement un écrivain, mais aussi un homme politique. » Dans ce cas, la seconde proposition n’exclut pas la première, mais constitue un prolongement.
  • L’objection : « Je ne peux pas avoir tort… mais si, cependant, je me trompais ? » Dans ce cas, on parlera d’objection plutôt que d’exclusion.
  • La transition : « Nous avons avancé sur le premier dossier, mais le plus important reste de terminer le second. » Dans ce cas, le « mais » perd sa valeur d’exclusion et devient un élément marquant la transition.
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Conjonctions de coordination : entraînez-vous !

Associez à chaque phrase la bonne conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car).

  • Ce sera lui _____ moi.
  • J’y serais arrivé, ____ son intervention m’a retardé !
  • Pierre, Paul ____ Jacques sont capables de gérer ce problème en travaillant ensemble.
  • Il n’aime pas prendre sa voiture, ____ son vélo.
  • Il m’a affirmé avoir quitté les lieux le premier, ____ je l’ai aperçu dans les locaux bien après les premiers départs.
  • Je pense qu’il ment, ____ personne ne l’a vu rentrer.
  • Il n’a pas les clés, ____ il faut qu’il les récupère pour entrer dans la maison.

Même consigne : Associez à chaque phrase la bonne conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car).

  • Il viendra, ____ il sait à quel point ce rendez-vous est important pour nous tous.
  • Je comprends ton souci, _____ il ne m’est pas possible de t’aider.
  • Il se rend toujours au jardin du Luxembourg vers midi, ___ aujourd’hui, je ne l’ai pas aperçu.
  • Préfères-tu l’activité de tir à l’arc ____ la randonnée en montagne ?
  • Je ne vais certainement pas perdre mon temps avec ça, _____ lui faire perdre le sien.
  • Je pensais qu’ils ne viendraient pas, _____ ça a bien été le cas !
  • « Je pense, _____ je suis », affirmait le philosophe Descartes.

Correction :

Premier exercice :

  • Ce sera lui ou moi.
  • J’y serais arrivé, mais son intervention m’a retardé !
  • Pierre, Paul et Jacques sont capables de gérer ce problème en travaillant ensemble.
  • Il n’aime pas prendre sa voiture, ni son vélo.
  • Il m’a affirmé avoir quitté les lieux le premier, or je l’ai aperçu dans les locaux bien après les premiers départs.
  • Je pense qu’il ment, car personne ne l’a vu rentrer.
  • Il n’a pas les clés, donc il faut qu’il les récupère pour entrer dans la maison.

Deuxième exercice

  • Il viendra, car il sait à quel point ce rendez-vous est important pour nous tous.
  • Je comprends ton souci, mais il ne m’est pas possible de t’aider.
  • Il se rend toujours au jardin du Luxembourg vers midi, or aujourd’hui, je ne l’ai pas aperçu.
  • Préfères-tu l’activité de tir à l’arc ou la randonnée en montagne ?
  • Je ne vais certainement pas perdre mon temps avec ça, ni lui faire perdre le sien.
  • Je pensais qu’ils ne viendraient pas, et ça a bien été le cas !

« Je pense, donc je suis », affirmait le philosophe Descartes.

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