À trancher une bonne fois pour toutes : bienvenu ou bienvenue chez moi ?

 

« Bienvenu » fait partie de ces nombreux mots qui sont souvent mal orthographiés. Quand faut-il mettre un « e » à la fin ? Quand l’employer au pluriel ? Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons que « bienvenu » a été formé par l’agglutination de « bien » et de « venu ». Voici un petit rappel – bienvenu, cela va sans dire – pour ne plus hésiter au moment d’écrire « bienvenu(e)(s) » !

Bienvenu : un adjectif ou un nom qui s’accorde

 L’adjectif bienvenu signifie « qui arrive à point, à propos, que l’on accueille avec satisfaction ». Il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. On écrira donc : « une remarque bienvenue », « des travaux bienvenus ».

Il en est de même avec le nom bienvenu, qui désigne une personne ou une chose accueillie avec plaisir : il prend la marque du féminin et du pluriel.

Exemples : « Soyez les bienvenus ! » (ou les « bienvenues » si le message s’adresse exclusivement à des femmes), « Votre offre est la bienvenue », « Ces changements sont les bienvenus ».

Dans tous ces cas, « bienvenu » est très proche de son sens originel : « bien venu », qui vient « bien », à point nommé, au moment opportun.

Bienvenue : un nom féminin employé dans une formule

Ce mot a un autre emploi : il sert de formule de bienveillance ou de civilité à l’égard d’une personne qui arrive. Il prend alors la marque du féminin. Ce qui induit en erreur, c’est que l’article « la » disparaît (c’est une ellipse). Exemple : « Bienvenue à nos invités ! »

Or, « Bienvenue à nos invités ! » n’est que la version raccourcie de « Je souhaite (ou nous souhaitons) LA bienvenue à nos invités ». On pourrait aussi dire, en utilisant l’adjectif, « Chers invités, vous êtes les bienvenus ! ». Facile, non ?

Notons que la formule est souvent teintée d’ironie. Imaginez : vous vivez dans un charmant petit village de province et vous rendez visite à un ami, à Paris. Vous vous faites bousculer dans le métro, vous êtes gêné par le bruit des travaux, bref, vous grimacez. Votre ami pourra vous lancer, avec un sourire entendu : « Bienvenue à Paris ! » Le fait que vous soyez un homme n’y changera rien : il faut un « e » à « bienvenue » dans ce cas.

Illustrations avec les Ch’tis et Florent Pagny

Les titres d’œuvres respectent cette règle à la lettre. Citons Bienvenue chez les Ch’tis, le film de Dany Boon aux 20 489 303 entrées ou encore Bienvenue chez moi, un grand succès de Florent Pagny dans les années 1990.

Cette jolie chanson pourrait, à elle seule, servir de support à cette « leçon ». En effet, on y trouve les deux cas de figure. Si le titre est composé de la formule au féminin, les paroles, en revanche, contiennent l’adjectif au masculin : « Sois le bienvenu chez moi » ou encore « Tu seras bienvenu chez moi ».

Précisons qu’au Québec, « Bienvenue » est une formule de réponse à un remerciement. Calque de l’anglais (You’re) welcome, elle signifie « De rien, je vous en prie ».

Enfin, la station de métro parisienne Montparnasse-Bienvenüe n’est pas plus accueillante que les autres : elle tire son nom du patronyme de l’ingénieur Fulgence Bienvenüe, l’un des pères du métro de Paris !

 

Sandrine Campese

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Cependant, quand on salue un familier avec le seul mot : bienvenu(e), les deux orthographes ne sont-elles pas acceptables ?
Bienvenue ! (version raccourcie de « je vous souhaite la bienvenue »).
Bienvenu ! (version raccourcie de « sois le bienvenu ») .
Non ?

Merci pour cette explication, c’est très apprécié! Je me demandais comment on l’écrit quand on repond à un remerciement. Exemple: merci – bienvenue (?) (synonyme il n’y a pas de quoi).

    Bonjour Kathleen, c’est en français québécois que l’on traduit l’expression anglaise « you are welcome » par « bienvenue », en réponse à un remerciement. Ce n’est pas le cas en France, où l’on répondra plutôt, « je vous en prie », « il n’y a pas de quoi », « ce n’est rien », « avec plaisir », « tout le plaisir est pour moi »… Bon week-end.