Accident, incident et autres paronymes que l’on confond tout le temps (3/5)

Nouveau volet de notre série sur les paronymes ! Ces mots se ressemblent à quelques lettres près, ont souvent la même origine… mais pas le même sens. Parle-t-on d’un accident ou d’un incident diplomatique ? La capacité à faire quelque chose, est-ce l’habileté ou l’habilité ? Quelle est la différence entre vénéneux et venimeux ? Autant de nuances à connaître pour s’exprimer clairement et correctement.

accident et incident

L’accident a d’abord été un événement fortuit, imprévisible. Et comme ce qui arrive sans prévenir est souvent fâcheux, l’accident est devenu malheureux. Pire encore, il entraîne des dégâts et met en danger. Son étymologie le rattache au verbe latin accidere, « survenir ».

Et l’incident alors ? En quoi est-il différent ? L’incident, que l’on rattache au verbe latin incidere, dérivé de cadere, « tomber », est une petite difficulté imprévue… dont les conséquences peuvent être grandes, surtout dans les relations internationales où les « incidents diplomatiques » sont redoutés !

décerner et discerner

Ces deux verbes sont issus du même verbe latin cernere, « passer au crible, trier ». Cette étymologie commune fait d’eux des synonymes de « distinguer », mais dans des sens différents. On reconnaît dans discerner le préfixe latin dis- qui a donné à ce premier verbe le sens de séparer (discerner le bien du mal), puis de reconnaître (discerner le cri d’un animal), notamment à l’aide de la vue (discerner une couleur).

D’abord terme juridique, décerner consistait à attribuer par décret, puis solennellement (décerner des honneurs, des couronnes, des statues) et enfin à accorder une récompense dans le cadre d’un concours ou d’une compétition (décerner un prix, une médaille).

habileté et habilité

potier-habile

Une simple voyelle distingue ces deux noms qui ne désignent pas, de nos jours en tout cas, la même chose. L’habileté est la qualité d’une personne habile. On parle aussi d’adresse ou de dextérité. Dans le passé, « l’habileté à » désignait « l’aptitude à », « la capacité à ».

 

Mais ça, c’était avant ! Ce dernier sens est désormais réservé à l’habilité, de même origine (le latin habilitas, de habilis). Le nom semble de moins en moins employé, au profit de la forme verbale « être habilité à », s’agissant de démarches juridiques, par exemple.

prescrire et proscrire

Prescrire, proscrire, pas de doute, ces deux paronymes ont le verbe écrire en commun (scribere en latin) ! Littéralement, prescrire, c’est « écrire en tête », et donc « mettre en avant ». On le rencontre d’abord en droit, où il signifie « libérer quelqu’un d’une obligation » (d’où « prescription »), puis en médecine pour « indiquer un traitement ».

Prescrire est donc assez prévenant, là où proscrire est plutôt inquiétant. En effet, dans l’histoire romaine, proscrire consistait à condamner à mort sans forme judiciaire, en affichant publiquement les noms des condamnés. Par la suite, proscrire a pris le sens de « chasser, éloigner quelqu’un » et enfin de « rejeter, abolir un usage » (proscrire la liberté, l’ennui). Il est aujourd’hui synonyme du verbe interdire.

vénéneux et venimeux

Voici deux adjectifs qui portent dans leur racine le même mot : « venin ». On a coutume d’observer la distinction suivante. Ce qui est vénéneux est réservé aux plantes. On parle d’ailleurs de plantes vénéneuses, de champignons vénéneux, en ce qu’ils contiennent du poison.

L’adjectif s’emploie aussi au figuré pour dire « qui empoisonne », « qui envenime ». Quant à venimeux, il qualifie traditionnellement des animaux : un serpent venimeux, une araignée venimeuse… Il a aussi son sens figuré, à propos d’une personne, d’un regard, d’une parole qui manifeste de la haine, de la méchanceté.

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