Au jour d’aujourd’hui, un hasard imprévu, applaudir des deux mains : les pléonasmes (3/4)

En matière de pléonasmes, nous n’avons pas dit notre dernier mot ! Voici de nouveaux exemples de formules redondantes, dans lesquelles nous disons deux fois la même chose. Parfois, un petit détour par l’étymologie s’impose pour dévoiler la répétition. C’est le cas, notamment, pour « au jour d’aujourd’hui » et « s’avérer vrai ». Puis, comme d’habitude, vous découvrirez un pléonasme qu’il peut être utile de conserver.

 

Trois dés rouges lancés par une main

Des pléonasmes à bannir

Au jour d’aujourd’hui

C’est sans doute l’un des pléonasmes les plus employés mais aussi l’un des plus agaçants. Dans « aujourd’hui », l’ancien français hui veut dire jour, par conséquent « au jour d’hui » est déjà un pléonasme. Dans au jour d’aujourd’hui, il y a trois fois « jour », soit « au jour du jour de ce jour ».

On remplace par : « aujourd’hui » pour le jour où l’on est et « actuellement », « de nos jours » quand on parle de notre époque.

S’avérer vrai

Le verbe avérer contient déjà l’adjectif vrai (sous sa forme latine verus). Par conséquent, s’avérer signifie « apparaître comme vrai ». Voilà pourquoi s’avérer vrai est un pléonasme. Il est néanmoins possible de faire suivre « s’avérer » d’un autre adjectif. Le verbe prend alors le sens de « se révéler ». Exemple : « l’affaire s’est avérée rentable ». Quant à « s’avérer faux », c’est un contresens, aussi peu fréquentable que le pléonasme !

On remplace par : « être vrai » ou « se révéler vrai ».

On évite aussi : « s’avérer exact » et « vérité avérée ».

Différer à une date ultérieure

Différer veut dire « remettre à un autre moment ». À défaut de pouvoir voyager dans le passé, on se doute bien que ce sera à une date ultérieure (qui arrive après). Voilà une précision dont on se passera bien volontiers !

On évite aussi : « ajourner à plus tard », « reporter à plus tard » et « renvoyer à plus tard ».

Un hasard imprévu

Quoi de plus imprévu que le hasard ? Au Moyen Âge, le hasard désignait un jeu de dés, mais également le coup heureux à ce jeu, c’est-à-dire le six. Mais comme tout ce qui tient du jeu est incertain, « hasard » a fini par impliquer l’idée de risque puis d’événement fortuit et sans cause.

On évite aussi : un hasard incertain, un hasard fortuit.

On remplace par : « hasard » tout court ou « circonstance imprévue », « événement imprévu ».

Joindre ensemble

Le verbe joindre signifie déjà « mettre des choses ensemble, de façon qu’elles se touchent ou qu’elles tiennent ensemble ». Si je veux, par exemple, « joindre l’utile à l’agréable », il faut bien que je mette les deux ensemble.

On évite aussi : « lier ensemble », pour les mêmes raisons.

On remplace par : « joindre » tout court ou « mettre ensemble ».

 

Un pléonasme toléré

Applaudir des deux mains

Comme pour « tourner en rond », ce qui est, en apparence, un pléonasme, donne un sens figuré au verbe applaudir. Applaudir, tout court, c’est faire l’action de taper ses mains l’une contre l’autre pour produire un son. Applaudir des deux mains, c’est apprécier chaudement, sincèrement, sans forcément faire de geste. On peut applaudir des deux mains en les ayant dans les poches. L’inverse pourrait être : applaudir du bout des doigts.

 

Sandrine Campese

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Bonjour. Avant de lire l’article sur les pléonasmes, j’ai remarqué que les dés que la personne a dans la main sont faux . En effet, la somme de deux faces opposées est  » 7  » et sur ce dessin ce n’est pas possible. Bonne journée

Bonjour,

Ah! Je vais enfin pouvoir vous prendre en défaut! Dans « Au jour d’aujourd’hui », on ne répète pas trois fois le mot « jour »: on l’écrit trois fois, mais on ne le répète que deux fois.
Cela étant, je lis tous vos billets avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. Continuez, SVP. Merci!

    Bonjour Jean, merci pour votre remarque qui est très juste. J’ai corrigé ma phrase. C’est un plaisir d’avoir des lecteurs aussi vigilants et bienveillants que vous. Continuez de nous lire également :-).