Orbiting, stashing, stalking, zombieing… Petit traducteur des anglicismes du couple 2.0 (2/2)

Voici la seconde partie de notre dossier consacré au vocabulaire du couple 2.0. Comme les précédents, les anglicismes suivants décrivent de nouvelles façons de draguer ou de vivre une relation amoureuse via les réseaux sociaux. Ces comportements, il faut bien le reconnaître, sont souvent empreints de paresse, voire de lâcheté, de curiosité, voire encore d’intrusion. Vous ne draguez pas en ligne ? Pas de problème, c’est l’occasion d’enrichir votre culture générale !

Orbiting : garder l’autre en orbite

Quand on pratique l’orbiting – expression inventée par la blogueuse Anna Iovine – on rompt en pratiquant le silence radio (ghosting), mais on continue à suivre l’autre sur les réseaux sociaux, en regardant, par exemple, ses « stories » Instagram et Snapchat. Ici, pas de « j’aime » ou de « commentaires » ostentatoires, plutôt des « vues » qui seront néanmoins notifiées à la « cible ». Autrement dit, l’orbiting est plus discret que le haunting (où l’on use et abuse des pouces en l’air), mais moins que le stalking (où l’on opère incognito).

Stashing : planquer sa moitié

Le stashing, du verbe anglais to stash, que l’on peut traduire par « planquer » ou « mettre de côté », consiste à cacher son ou sa partenaire à ses proches, mais aussi sur les réseaux sociaux. Concrètement, le stasheur veillera à ne pas apparaître avec sa moitié, à ne pas se géolocaliser avec elle, à ne pas conserver de photos à deux sur son téléphone. Réciproquement, il l’empêchera de publier des images de leur relation. Les raisons du stashing peuvent varier, du meilleur au pire : protéger une idylle naissante, avoir honte de sa ou son partenaire, rester « disponible » aux yeux des autres, donc ouvert à toute opportunité…

Stalking : la drague version traque
Contrairement au haunter, qui ne se cache pas, le stalker ou « traqueur » opère incognito, comme le ferait un détective privé. Il passe au peigne fin les profils et les comptes de ses « ex », mais pas seulement ! Le stalking concerne aussi les relations naissantes, où l’on veut tout savoir sur l’autre sans se donner la peine de le lui demander. Le stalker digne de ce nom va remonter le fil des publications de l’autre, pour découvrir des images et des informations cachées qui peuvent lui être utiles pour séduire sa cible… ou la manipuler. Or, entre les deux, la frontière est ténue…

Zombieing : la drague d’outre-tombe
Après le fantôme, place au zombie ! Vous aurez remarqué que l’on reste dans le même champ lexical… Le zombieing est aussi un prolongement du ghosting. Première étape : l’être aimé rompt en ignorant appels et messages. Deuxième étape : quelque temps après, il revient, en quelque sorte, d’entre les morts, et se manifeste de nouveau : un j’aime, un commentaire, un message privé, de manière assez insistante et régulière. Son but ? Comme le haunter, ne pas se faire oublier, vérifier que l’autre est toujours là pour lui. La meilleure façon de se débarrasser d’un zombie reste de pratiquer soi-même le ghosting !

Lire la première partie du dossier

Sandrine Campese
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En un mot comme en cent, la seule newsletter que je dévore est la vôtre. Merci et bravo Sandrine pour votre grande culture et pour l envie que l on sent dans vos écrits de la partager avec nous. Enfin un bout de réseau qui permet de connecter intelligemment des personnes et de les mettre vraiment en communication.

Je demeure au Canada précisément au Québec et j’aimerais savoir si on peut se procurer quelques-uns de vos livres que vous vendez en Europe.

Je vous remercie à l’avance pour votre réponse.

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