Fuchsia, dahlia et forsythia : trois fleurs issues de noms propres

dahlia roseLe point commun entre les noms « fuchsia », « dahlia » et « forsythia » ? Ils contiennent des « h » et des « y », rendant leur écriture (voire leur prononciation) difficile. Et pour cause, ces trois fleurs tirent leur appellation de noms propres d’origine étrangère, généralement ceux de botanistes. Et si, pour mémoriser leur orthographe, nous commencions par faire les présentations ?

Fuchsia / Leonhart Fuchs

À la fin du XVIIe siècle, le père Charles Plumier découvre à Saint-Domingue un arbrisseau exotique aux fleurs pourpres qu’il appelle « fuchsia », en mémoire du botaniste allemand Leonhart Fuchs (1501-1566).

Bien souvent, l’orthographe de « fuchsia » est écorchée. Les professionnels de la teinture, notamment, prennent la liberté d’écrire « fushia » dans leurs catalogues, sous prétexte de distinguer la couleur de la fleur. Quelle audace !

Pour ne pas faire la faute, il suffit de décortiquer le mot : écrivez d’abord « fuchs », qui se prononce [fouks], et ajoutez le suffixe -ia. D’ailleurs, si l’on voulait vraiment être fidèle à l’étymologie, il faudrait prononcer [fouksia] !

Dahlia / Anders Dahl

En 1789, alors que les révolutionnaires français piétinent la fleur de lys, le botaniste suédois Anders Dahl rapporte une nouvelle plante d’un voyage au Mexique. Malheureusement, il meurt la même année. En guise d’hommage, sa plante sera baptisée « dahlia » en 1804.

Cependant, dans le roman de James Ellroy paru en 1987, comme dans son adaptation cinématographique, Le Dahlia noir ne fait pas référence à une fleur mais à Elizabeth Ann Short, une jeune femme de 22 ans assassinée en 1947 à Los Angeles. Elle fut surnommée « le Dahlia noir », sans doute en raison d’une fleur qui ornait sa coiffure ou des vêtements noirs qu’elle portait le jour de son assassinat.

Forsythia / William Forsyth

Toujours en 1804, Martin Vahl, professeur de botanique à Copenhague, découvre un arbrisseau asiatique aux fleurs jaunes. Il le nomme « forsythia » en l’honneur de l’arboriculteur écossais William Forsyth, surintendant des jardins royaux, cofondateur de la Société royale d’horticulture (excusez du peu !), décédé la même année.

Si la forme forsythie est entrée dans le vocabulaire allemand, le français a conservé « forsythia », sur le modèle des autres noms de plante. Si l’on voulait respecter l’origine patronymique du mot, il faudrait prononcer « th » comme dans le nom anglais thing (chose) en sortant le bout de la langue et en l’appuyant contre les dents du haut.

 

Sandrine Campese

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