Carte blanche, c’est la vie, cordon bleu : trois expressions françaises dont les Anglais raffolent ! (3)

Voici un nouveau volet de notre série sur les expressions françaises qui sont entrées dans le vocabulaire anglais sans passer par la case « traduction » ! Cet inventaire distrayant a le mérite de rebattre un peu les cartes concernant l’invasion d’anglicismes dans notre langue. Dans la langue de Shakespeare aussi, on compte bon nombre de « gallicismes » ! Cette fois-ci, intéressons-nous à trois expressions commençant par la lettre C.

Carte blanche Chef cuisinier

D’origine militaire, cette expression est apparue dans le courant du XVIIIesiècle. Aux termes d’un conflit, l’armée victorieuse écrivait ses conditions sur un morceau de papier vierge. L’armée qui s’était rendue n’avait plus qu’à s’y plier ! De nos jours encore, la carte blanche confère un pouvoir total à celui ou celle qui la reçoit symboliquement. La personne à qui l’on donne carte blanche a les mains libres pour choisir et décider ce que bon lui semble !

Ce que disent les Anglais : Sarah stared at the orange wallpaper in horror. She knew she should never have given Francisco carte blanche with the choice of decor. (Sarah regarda avec effroi le papier peint orange. Elle savait qu’elle n’aurait jamais dû donner carte blanche à Francisco pour le choix du décor.)

C’est la vie

Cette phrase, que l’on dit après une difficulté ou une déception, équivaut, en anglais à « That’s life » ou encore « That’s juste the way life goes » (Ainsi va la vie). En France, on continue à l’utiliser, même si elle a tendance à se ringardiser. En Angleterre, elle a encore de la vitalité, bien que concurrencée par des expressions amusantes comme « That’s the way the cookie crumble » (littéralement : « C’est comme ça que le cookie s’émiette. »).

Ce que disent les Anglais : « Come on, Tony, you’ve got to put that French girl out of your mind and move on. » (Allez, Tony, tu dois te sortir cette Française de la tête et passer à autre chose.) « I know, Dave, but everywhere I turn there’s something French that reminds me of her. » (Je sais, Dave, mais où que j’aille il y a un truc français qui me fait penser à elle.) « C’est la vie. »

Cordon bleu

Au XVIesiècle, un cordon bleu (blue ribbon en anglais) était décerné par les rois de la dynastie des Bourbons aux chevaliers du plus haut rang. L’expression est passée telle quelle dans le vocabulaire anglais au cours des années 1720 pour désigner une distinction nobiliaire, avant d’investir le domaine culinaire. Depuis lors, elle sert à faire l’éloge d’une cuisine de haute qualité. En 1827, un livre de recettes intitulé Le Cordon bleu ou Nouvelle Cuisinière bourgeoisea été le premier à utiliser cette locution dans ce contexte. Quand la « Cordon bleu school » (l’école du Cordon bleu) a été créée à Londres en 1933, l’expression est entrée dans le dictionnaire culinaire anglais et s’est répandue dans la haute société.

Ce que disent les Anglais : « Peter stood back and admire his creation. It wasn’t exactly cordon bleubut it didn’t look too bad now he’d sliced off the burnt bits. » (Peter recula pour admirer sa création. Ce n’était pas exactement « cordon bleu », mais ça n’avait pas trop mauvaise allure depuis qu’il avait supprimé les parties brûlées.)

Source : Chloe Rhodes, A certain je ne sais quoi, Words we pinched from other languages, Michael O’Mara Books Limited, 2015.

Sandrine Campese

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