Biniou, kenavo, yec’hed mat… Parlez-vous le « breton » ?

Vous aimez les crêpes et le beurre demi-sel ? La pluie et les vieilles pierres ? Astérix et Nolwenn Leroy ? C’est un bon début, mais pour que la Bretagne vous gagne (vraiment), il est indispensable de maîtriser quelques « bretonnismes ». Voici dix mots qui donneront à votre langage une lueur de Breizh !

BIGOUDEN Bouche rouge avec langue tirée recouverte du drapeau breton

Le bigouden, c’est la coiffe traditionnelle des Bretonnes du Finistère : une sorte de bonnet allongé orné de dentelle. Ce sont bien des mamies bigoudènes que l’on voit dans la pub Tipiak (« Ils nous ont volé notre recette, piraaates ! »).

BINIOU

Mot breton qui désigne une sorte de cornemuse, mais qui s’emploie aussi au sens figuré. Le biniou, c’est le téléphone (passer un coup de biniou) ou l’alcootest. Pour éviter de « souffler dans le biniou », les Bretons vont en ribouleen passant par les ribines (les petits chemins) !

Le nom baragouin et le verbe baragouiner seraient d’origine bretonne. Jadis, les soldats bretons auraient commandé dans les tavernes françaises « bara » (pain) et « gwin » (vin), sans toujours bien se faire comprendre…

BREIZH

C’est le nom breton de la Bretagne, que l’on rencontre souvent sous la forme abrégée « BZH ». Pour les Bretons, ces trois lettres sont tout un symbole ! Ils les arborent fièrement à l’arrière de leurs voitures. Elles servent aussi d’extension Internet (.bzh) pour la communauté bretonne.

GWENN HA DU

Littéralement « blanc et noir ». C’est le nom breton du drapeau de la Bretagne composé de neuf bandes noires et blanches avec une moucheture d’hermines noires sur fond blanc. Un Breton digne de ce nom sort son Gwenn ha Du à toutes les occasions : manifs, concerts, matchs…

KENAVO

Quand ils se quittent, les Bretons ne disent pas « au revoir » mais « kenavo ! ». Littéralement, ken-a-vo signifie « jusqu’à ce que soit » et sous-entend une prochaine fois.

KOUIGN-AMANN

Littéralement « gâteau-beurre ». Oubliez le régime ! En Bretagne, vous n’échapperez pas à ce célèbre gâteau fait d’un feuilleté de pâte à pain, de beurre et de sucre, caramélisé sur le dessus.

Les Bretons de Basse-Bretagne (à l’ouest) mangent des crêpes ; les Bretons de Haute-Bretagne (à l’est) mangent des galettes.

POK

Plus engageant que le « poke » Facebook, sorte de « tape sur l’épaule » virtuelle, le pok breton est un baiser. S’il y en a plusieurs, ce sont des pokoù. Après le french kiss, le breizh kiss !

REUZ

Le reuz, pour un Breton, c’est du bruit, de l’agitation. « Ça va faire du reuz » signifie « ça va faire du bruit », faire parler dans les chaumières, bousculer l’ordre établi… Pourquoi ne pas proposer « reuz » comme traduction de « buzz » ?

RIBOULE

Si un Breton vous lance « Tiens, si on allait en riboule ce soir ? », il vous propose tout simplement une sortie arrosée. Au programme : tournée des bars du port ou fête de village estivale. Variantes : tirer une piste, faire une foire, partiren valse, etc.

YEC’HED MAT

Prononcez [Yermat]. Traduction : « santé ! », « à la vôtre ! ». Comme disent les locaux : « En Bretagne on n’a pas de montagne, mais on a une bonne descente ». Et que boivent-ils, les Bretons  ? Une binouze (une bière), un Breizh cola (le coca local), du gwin ru (vin rouge), du gwin gwenn (vin blanc), du chouchen (sorte d’hydromel), du lambig (eau-de-vie de pomme)…

Sandrine Campese

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« Manger, boire et danser » !
Maintenant il vous faudra écrire un second « bijou » pour étaler les autres richesses du breton dans le français, et notamment celles du lexique des paysages, de l’Armor ou de l’Argoat.
Ce n’est pas la « cohue » en nombre de mots, mais il y a de quoi faire…
Kenavo et toujours bravo.