Biloute, braire, dracher… Parlez-vous « ch’timi » ?

C’est officiel : le mot « biloute », emblématique du langage « ch’timi », a fait une entrée remarquée dans le Petit Larousse illustré 2019 ! Popularisée par Dany Boon et son film à succès Bienvenue chez les ch’tis, la langue de ch’Nord peut être abstruse pour qui l’ignore. L’occasion de réviser ensemble quelques termes et expressions incontournables, bien utiles si vous décidez de visiter la belle région des Hauts-de France !

BILOUTEImage tirée de l'affiche du film "Bienvenue chez les ch'tis"
Nom du sexe masculin. Les ch’tis l’utilisent aussi pour qualifier un jeune garçon (l’équivalent du « minot » chez les Marseillais) ou un ami : « Hé, biloute, vins ichi » (« Hé, petit, viens ici ! ») ; « Cha va biloute ? » (Ça va l’ami ?).

En ch’timi, les « s » et les « c » deviennent des « ch » : « ici » se dit ichi, salut, chalut. À l’inverse, les « ch » deviennent des « k ». Un chien est un kien, « chaud » se dit caud, etc.

DRACHER
Si un ch’ti vous invite chez lui, dans le Nooooord, vous n’échapperez pas à la drache, une pluie battante, une grosse averse. Si vous entendez autour de vous des locaux dire « Cha va dracher ! », courez vous mettre à l’abri.

CHICON
Ne vous fatiguez pas à demander une endive chez un marchand de primeurs de Douai ou de Béthune. Chez les ch’tis, on appelle ça un « chicon ». Il entre dans la composition d’un plat typique : les chicons au gratin (les endives au jambon).

QUINQUIN
Ou « kinkin ». Ce nom désigne un bébé, un petit enfant. Il a été popularisé par Alexandre Desrousseaux dans sa célèbre chanson « Dors min p’tit quinquin, min p’tit pouchin, min gros rojin » (Dors mon p’tit enfant, mon p’tit poussin, mon gros raisin »). Véritable hymne nordiste, le P’tit Quinquin est sonné au carillon du beffroi de certaines villes du Nord, comme Lille.

Les ch’tis aiment bien aussi le son « in » : « mon » devient min, « dans », din, « rien », rin… Attention, brin ne désigne pas un bout d’herbe, mais signifie « merde ». On dit aussi : « du brin ! »

SAQUE ED’DIN
Littéralement « tire dedans ». Si vous accompagnez un ch’ti au stade Pierre-Mauroy pour assister à un match du LOSC (le club de foot lillois), ne vous étonnez pas de l’entendre crier « Saque ed’din » pour encourager un joueur à frapper au but. S’emploie aussi au sens figuré de « vas-y », « fonce », « du nerf ! ».

BRAIRE
Rien à voir avec « brailler » ! Braire signifie « pleurer » et ne concerne pas que les quinquins. Ainsi, quelqu’un qui « brait toudis » (pleure toujours) est un brayou (un pleurnichard).

WASSINGUE
Les ch’tis n’utilisent pas une serpillière, ils appellent ça « une wassingue » (qu’ils prononcent « ouassingue »). D’ailleurs, en ch’timi, « wa » se dit toujours « oua » (un wagon est un ouagon).

BELLOT
Si vous voulez dire à un ch’ti que vous le trouvez beau, dites-lui qu’il est « bellot » (ou « bellote », si c’est une femme ; rien à voir avec le jeu de cartes qui s’écrit « belote »). On dit aussi « Ch’t’un biau garchon » (c’est un beau garçon).

ON S’DIT QUOI
Si un(e) ch’ti vous dit « On s’appelle et on s’dit quoi », ne répondez pas bêtement « Comment ça, quoi ? ». C’est à peu près l’équivalent de « On se tient au courant, au jus ». Autre expression courante : « Si ça tombe » pour « Si ça se trouve ».

BAISSE
Veut dire « baiser ». « Vins m’donner eune baisse » veut dire « Viens me donner un baiser ». Un « tiot baisse » est un petit bisou. Enfin, il est possible de préciser : « sur la bouque » (la bouche). Variante : bécot (bec).

Sandrine Campese

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