À trancher une bonne fois pour toutes : l’élision de lorsque, puisque, quoique (1/2)

Voici une question que nous nous sommes tous posée au moment d’écrire « lorsque », « puisque » et « quoique » : quand doit-on les élider, c’est-à-dire échanger leur « e » final contre une apostrophe ? Bonne nouvelle : ces trois conjonctions suivent toutes la même règle d’élision ! Il ne reste plus qu’à savoir laquelle…

« Lorsque » : s’élide devant CERTAINES voyelles

La conjonction lorsque, composée de lors et de que, s’est d’abord écrite en deux mots. Elle s’est soudée au XVe ou au XVIe siècle.

« Lorsque » s’élide obligatoirement : devant les pronoms « il(s) », « elle(s) », « on » et les déterminants « un » et « une ».

Exemples : « Lorsqu’on voit une étoile filante, il faut faire un vœu », « Le voleur s’apprêtait à ouvrir le coffre lorsqu’une sonnerie l’a fait sursauter ».

Lorsque s’élide devant « on », pourtant, il est conseillé d’éviter le son [con]. Alors, faut-il écrire « Lorsque l’on » ? Ici, la présence des deux « l » n’est pas heureuse à l’oral. Pour des raisons d’euphonie, donc, on s’octroiera le droit d’écrire et de dire « lorsqu’on ».

« Lorsque » s’élide éventuellement devant « en ».

Traditionnellement, devant les autres mots commençant par une voyelle, ainsi que devant les noms propres, « lorsque » ne s’élide pas.

Exemples : « Il était presque 19 heures lorsque enfin je réussis à joindre mon conseiller », « Lorsque Obélix veut boire de la potion magique, Panoramix refuse ».

Entraînez-vous à bien élider « lorsque ».

Quelle différence entre « lorsque » et « quand » ? D’après Le Grand Robert : « Par sa forme même, lorsque est plus explicite et appuyé que quand et convient peut-être mieux pour marquer les circonstances, l’occasion. En outre, lorsque est d’un emploi plus littéraire que quand. »

« Puisque » : suit la MÊME règle

La conjonction puisque est composée de puis et de que.

Élision obligatoire devant les pronoms « il(s) », « elle(s) », « on » et les déterminants « un » et « une », éventuellement devant « en ». Exemples : « Puisqu’on ne vivra jamais tous les deux » (Francis Cabrel), « Puisqu’une telle fleur ne dure » (Pierre de Ronsard).

Pas d’élision dans les autres cas. Exemple : « Puisque Alice vient me voir, je reste à la maison. »

« Quoique » : suit la MÊME règle

La conjonction quoique est composée de quoi et de que et s’écrit en un seul mot.

Élision obligatoire devant les pronoms « il(s) », « elle(s) », « on » et les déterminants « un » et « une », éventuellement devant « en ». Exemples : « Quoiqu’il soit laid, Quasimodo est un vrai héros », « Quoiqu’un peu frais, le vent du large est agréable ».

Équivalent de « bien que », quoique est généralement suivi d’un verbe au subjonctif.

Pas d’élision dans les autres cas. Exemples : « Quoique ingénue, cette starlette de la téléréalité s’est construit un véritable empire », « Quoique Arthur soit un homme, il est devenu une légende ».

Au sens strict, quoique introduit une proposition traduisant une circonstance défavorable, la difficulté malgré laquelle l’action principale s’accomplit.

Remarque :

Les écrivains et les grammairiens ne s’accordent pas tous sur cette règle. Pour certains, « lorsque », « puisque » et « quoique » peuvent également s’élider devant à, ainsi, aucun, après, avec, aussi, enfin, voire devant tous les mots commençant par une voyelle ! L’observation de l’usage nous dira si la règle doit ou non évoluer.

Sandrine CAMPESE
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Many thanks Sandrine. It seems like the number of nuances in French is boundless. But with your help I continue to persevere!
Patrick
(Ireland)

    Dear Patrick, thank you for your message. It’s a pleasure to learn that we have readers in Ireland. Congratulations for your perseverance !