10 choses à savoir avant de goûter le beaujolais nouveau

« Ciné jeudi soir ? – Ah ben non, c’est le beaujolais nouveau ! » Tous les 3es jeudis de novembre, c’est la même chose : le temps d’une soirée (ou plus !), on célèbre l’arrivée d’un vin. Vignerons, cavistes, restaurateurs, particuliers… nombreux sont ceux qui se réunissent pour le déguster. Mais que savez-vous vraiment du beaujolais nouveau ? Pour ne jamais être à sec, voici quelques infos à glisser entre deux gorgées.

1- Le beaujolais est un vin « au sommet »

Beaujolais vient de « Beaujou », où l’on reconnaît beau et la forme dialectale jou signifiant « mont, colline ». En effet, la région du Beaujolais est très vallonnée, et c’est ce qui donne au vin tout son arôme. Explications : plus les vignes sont en pente, plus elles font face au soleil et plus le raisin mûrit. Mieux : l’eau ne reste pas sur les flancs, elle ruisselle jusqu’en bas de la vallée. Donc les racines doivent puiser l’eau plus profondément ; celle-ci étant gorgée de nutriments, le raisin est plus aromatique.

Rappel sur les appellations de vins : en bas : appellation villages ; en haut : premier cru ; sur les flancs : grand cru

2- Il est « nouveau » en raison de sa fermentation rapide

« Nouveau » signifie que c’est un vin primeur : il n’est pas « fini ». Et pour cause : il a été mis tôt en bouteille, 4 ou 5 semaines après la récolte. Il n’a donc pas subi une fermentation et un élevage complets. La « naissance » du beaujolais nouveau remonte au 13 novembre 1951. Ce jour-là, les producteurs de beaujolais obtiennent l’autorisation de vendre leur vin avant le 15 décembre de l’année, contrairement à ce qui était fixé par arrêté.

3- Le beaujolais n’est pas toujours « nouveau »

« Beaujolais » existe seul en tant qu’appellation, tout comme bourgogne, bordeaux, chinoncôtes-du-rhône… C’est un vin blanc ou rouge. Le beaujolais rouge est dit « monocépage » puisqu’il n’est fait qu’à base de gamay, le raisin rouge le plus fruité. Beaujolais et beaujolais nouveau sont faits à partir des mêmes raisins, la différence est la durée de fermentation. Le beaujolais « nouveau » est devenu très populaire, éclipsant le beaujolais « classique », pourtant fort de ses dix crus (brouilly, chénas, chiroubles, côte-de-brouilly, fleurie, julienas, morgon, moulin-à-vent, régnié, saint-amour) !

Rappel : plus l’appellation est précise, plus le vin est bon ! Beaujolais < beaujolais-villages < nord du Beaujolais (les 10 crus ci-dessus). Les équivalents en « bordeaux » sont saint-estèphe ou margaux !

4- Le « vin nouveau » n’est pas propre au Beaujolais

Certaines appellations, comme le côtes-du-rhône, s’y sont essayées avec plus ou moins de succès. Dans le Bordelais, il est coutume de goûter le vin primeur avant de mélanger les cépages (merlot, cabernet sauvignon). Le but : avoir une première idée de ce millésime. En fait, à l’époque où chacun ou presque faisait son vin, on avait coutume de le goûter alors qu’il n’avait pas fini de fermenter. Ce vin primeur, traditionnel, se nomme « bernache » ou « vin bourru ».

5- Il tient sa particularité des arômes amyliques

Petit rappel technique : le vin, pour fermenter, a besoin de levures. Ces levures peuvent être indigènes (déjà présentes dans le raisin). C’est le cas des vins bio, dont la fermentation nécessite une étroite surveillance. Ces levures peuvent être exogènes (ajoutées). Celles qui entrent dans la fabrication du beaujolais favorisent l’émergence d’arômes appelés amyliques.

En bref, si le beaujolais est si particulier, c’est d’une part, en raison de sa fermentation rapide ; d’autre part, en raison de l’ajout de levures exogènes permettant la création d’arômes amyliques.

6- Le beaujolais nouveau a un goût fruité et acidulé

Ce sont ces deux phénomènes qui vont donner son goût à notre vin. Mais quel goût ? Un goût de banane et de bonbon anglais !

En résumé, le beaujolais nouveau est un vin très léger, fruité et acidulé. En bouche, il peut être un peu perlant, comme s’il y avait de toutes petites bulles. On comprend pourquoi il fait autant d’adeptes, même parmi celles et ceux qui n’aiment pas vraiment le vin !

7- Il ne faut pas le faire vieillir

Comme il n’est pas structuré, stabilisé, le beaujolais nouveau est fait pour être bu rapidement, dans l’année, comme un vin rosé !

8- Il s’exporte principalement au Japon

Au pays du Soleil Levant, le beaujolais nouveau est un événement. Les Japonais célèbrent son arrivée non seulement en le goûtant mais… en se baignant dedans ! La gastronomie japonaise s’illustrant par la recherche de goûts subtils, on comprend aisément cet engouement pour la légèreté du beaujolais nouveau, à l’opposé des vins puissants du sud de la France, par exemple.

9- En France, il reste un rendez-vous incontournable

Le beaujolais nouveau a été très populaire dans les années 1980. Depuis quelques années, l’effervescence semble être un peu retombée. Ce que l’on retient, plus que la qualité du vin, c’est le côté festif et, disons-le, commercial. Les cavistes et les restaurateurs comptent sur cette date pour vendre du vin. Dans le Beaujolais, durant un week-end, les vignerons ouvrent leur caveau, invitant les autres vignerons et les habitants à goûter leur beaujolais nouveau. Vous l’aurez compris, l’arrivée du beaujolais nouveau est avant tout un prétexte pour se réunir !

10- Il se marie parfaitement avec de la charcuterie

Généralement, les vins de chaque région sont faits pour s’accommoder avec les produits… de la région ! Or le Beaujolais côtoie le Lyonnais, connu pour ses saucissons, ses saucisses, ses abats. Parce qu’ils sont fruités, les vins du Beaujolais s’accordent aussi très bien avec la cuisine asiatique.

Article réalisé à partir des propos de l’œnophile Olivier Chanonat.

Sandrine Campese
Crédit photo

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