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« panacée » ou « panacée universelle » ?

S’il n’est pas difficile de reconnaître (et d’éviter) certains pléonasmes, tels que « des brigands malhonnêtes » ou « séparément les uns des autres », certains sont plus difficiles à identifier. Méfiez-vous donc, et ne dites pas qu’une chose s’avère vraie (« s’avérer » signifie déjà « se révéler vrai ») ou encore que tel médicament est une panacée universelle (« panacée » signifie « remède universel »).

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Panacée signifie donc comme précisé plus haut « remède universel ». Cela peut également faire référence à une formule par laquelle on prétend résoudre tous les problèmes du monde. Le mot nous vient de la mythologie grecque : Panacée, fille d’Asclépios, était la déesse qui prodiguait aux hommes des remèdes par les plantes.

Le serment d’Hippocrate (texte d’origine) fait référence à cette déesse. Actuellement, le mot est souvent utilisée de manière ironique pour désigner un objet ou une idée que l’on présenterait comme un remède « miracle ». On emploie d’ailleurs en ce sens l’expression « ce n’est pas la panacée » qui signifie « ce n’est pas une solution miraculeuse ».

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Bruno Dewaele - champion du monde d'orthographe Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Si l’étymologie n’est pas une panacée, elle devrait déjà nous aider à éviter ce pléonasme ! Le préfixe pan-, du grec pas, pantos, « tout, chacun », n’est-il pas voué dans notre langue à traduire l’idée de totalité, d’universalité ? Ainsi la pandémie s’étend-elle à l’ensemble des populations, la panoplie à l’armure complète d’un guerrier de l’Antiquité et le panthéon à tous les dieux sans exception! Quant au beau parleur Pangloss, chez Voltaire, il est « tout en langue »…

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Exercices (cherchez les erreurs)

  1. « Le café de la Panacée », c’est un drôle de nom pour un bar !
  2. Ce produit, ce n’est pas la panacé…
  3. Est-ce la panacée de tous les maux ?
  4. « Panacée » ne signifie pas tout à fait « idéal ».
  5. Pour ce politicien, les provatisations sont la panacée à tous nos problèmes économiques.
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Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : « Ce produit, ce n’est pas la panacée… »
  3. Phrase correcte.
  4. Phrase correcte.
  5. Phrase correcte.

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Auteurs Projet Voltaire :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire
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À la suite de mon premier message, je viens de découvrir d’où provient la popularité de ce pléonasme précis : nous la devons à une chanson…
En effet, en 1969, le chanteur Richard Anthony connaît un succès incroyable avec le fameux « Sirop Typhon », adaptation humoristique d’un « tube » anglais. Le refrain en est : «Buvons, buvons, buvons / Le sirop Typhon, Typhon, Typhon / L’universelle panacée, eh ! eh ! ». Il va entrer dans toutes les têtes, propageant à la vitesse d’un cyclone le célèbre pléonasme dont aucune potion ne nous a encore guéris.
Il y a sans doute un billet original à réaliser sur l’impact des chansons — ou des sketchs — dans notre vocabulaire…

Le pléonasme est la plus belle tarte à la crème que nous aient léguée la rhétorique et le goût fantasque des Français pour leur langue.
Même au bas de l’échelle, on se gausse de ceux qui « montent en haut » et cela met tout le monde de bonne humeur : en France, tout finit par des pléonasmes ! Nous n’aurions pas ce bel effet de style devenu machine à sanctionner, nous en serions le peuple le plus malheureux de la terre.
Et, pour pasticher le vieux Poquelin : « Je l’ai dit, de ma bouche dit…»