Mauvais usages Règle d'orthographe Peut-on employer l’expression « nous étions convenus » ? Vous avez pris rendez-vous avec quelqu’un ? Dans ce cas, vous avez convenu d’un rendez-vous. Ou alors… vous êtes convenus d’un rendez-vous ? La première tournure est la plus courante, mais est-elle pour autant la plus correcte ? Que faut-il donc dire ? Évaluer mon niveau Pour progresser en français, faites le test ! Lancer l’évaluation On vous explique Pour dire « faire un accord, s’entendre sur quelque chose », on a recours au verbe « convenir » suivi de la préposition « de ». Reste à savoir quel auxiliaire utiliser : « être » ou « avoir » ? Pour le Larousse, « convenir » se construit indifféremment avec l’auxiliaire « avoir » ou « être » : « Nous avions convenu (nous étions convenus) de nous revoir sous peu. » Le Robert, lui, distingue l’auxiliaire « avoir », d’usage courant (ils ont convenu d’y aller), de l’auxiliaire « être », d’emploi littéraire (ils sont convenus d’une date). Seule l’Académie française tranche la question et démarque deux sens : Soit l’on veut dire « correspondre aux besoins, aux goûts, aux aptitudes de quelqu’un », et l’on conjugue « convenir » avec « avoir » : « Jusque-là, cette fonction m’a convenu. » Soit l’on veut dire « décider, arrêter d’un commun accord », et là, il se conjugue avec l’auxiliaire « être » : « Ils sont convenus de se revoir mardi. » Et d’ajouter, sentencieuse : « Employer avoir dans ce cas est une faute qu’il faut éviter. » Sans aller jusqu’à parler de « faute », le Projet Voltaire recommande la tournure « être convenu(e)(s) de » dès lors que l’on veut s’exprimer en langue soignée. Avis de l'expert Sandrine Campese Autrice langue française, créatrice de la mnémographie Nous l’avons vu, en ce sens, on rencontre le plus souvent « convenir » suivi de la préposition « de », mais il peut également se construire de la façon suivante : « convenir que ». Exemples : « Nous sommes convenus que vous parleriez le premier. », « il a été convenu que » (on a décidé que). À noter que le sujet étant presque toujours pluriel, « convenus » prend le cas échéant la marque du pluriel, mais aussi du féminin s’il s’agit de femmes : « elles sont convenues de ». Exercice La directrice et la candidate ont convenu d’un nouveau rendez-vous. Les deux parties sont convenues de mettre fin au contrat à l’amiable. Les deux amants avaient convenu de se revoir au plus vite. Il est 15 h ! Nous étions convenus de nous voir à 14 h 30 ! Professeur et élèves étaient convenus de la nécessité d’une pause. Ma sœur et moi avons convenu d’interdire les écrans à nos enfants. Avez-vous convenu de vous parler ? Rien ne vaut une bonne discussion ! Il sera convenu des nouveaux statuts lors de la prochaine assemblée. Les cinéphiles ont convenu que le deuxième volet du film est moins réussi que le premier. Il a été convenu que le rendez-vous se tiendra en visioconférence. Réponses Il vaut mieux écrire : La directrice et la candidate sont convenues d’un nouveau rendez-vous. Phrase correcte. Il vaut mieux écrire : Les deux amants étaient convenus de se revoir au plus vite. Phrase correcte. Phrase correcte. Il vaut mieux écrire : Ma sœur et moi sommes convenues d’interdire les écrans à nos enfants. Il vaut mieux écrire : Êtes-vous convenus de vous parler ? Rien ne vaut une bonne discussion ! Phrase correcte. Il vaut mieux écrire : Les cinéphiles sont convenus que le deuxième volet du film est moins réussi que le premier. Phrase correcte. Auteurs Projet Voltaire Pour cette règle d’orthographe Projet Voltaire : Sandrine Campese, autrice et membre du comité d’experts Projet Voltaire. Mélany Bigot, relectrice.