Féminisation des noms de métiers : le regard des experts du Projet Voltaire

Évolution logique pour certains, véritable hérésie pour d’autres, le pas en avant fait par l’Académie française vers la féminisation des noms de métiers a achevé de diviser les foules. En février dernier, nous vous présentions les recommandations préconisées par l’institution. Cette fois-ci, nous avons décidé de laisser la parole à nos experts ! Sont-ils pour, contre, indifférents ? Découvrez leurs avis et faites-vous un point de vue.

J’ai failli rendre copie blanche, conscient que j’étais du piège qu’on me tendait là : rare expert au pays des expertes (pas si misogyne, le microcosme de l’orthographe !), et surtout seul vieux, pour qui les habitudes du passé pèsent nécessairement plus lourd. Mais, n’ayant jamais vu de courage dans la fuite, je préfère assumer ma perplexité face à une époque qui confond sexe et genre grammatical ; qui feint de ne plus comprendre que parmi les Français il y a nombre de Françaises ; qui croit de bonne foi que, pour une femme, mieux vaut être « la meilleure écrivaine » que « le meilleur écrivain » de sa génération. Il ne s’agit pas de nier qu’une langue faite hier par des mâles pour des mâles ait longtemps orchestré une mélodie qui faisait la part belle aux ténors plutôt qu’aux sopranes. Encore moins de prôner le statu quo. Seulement de veiller à ce que la restauration – légitime – de la dignité féminine ne se solde pas, pour la syntaxe et plus encore pour le style, par un champ de ruines. Une autrice, soit ! Une membre du jury, la Prix Goncourt, j’ai plus de mal. À moins qu’au nom de la parité on ne se mette à parler de Delon comme d’un star et de Benalla comme de l’éminence gris de Macron…

Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe

 

Face à la féminisation des noms de fonctions, je me sens… neutre. Sans y être sensible à titre personnel, je conçois tout à fait que d’autres tiennent à dire ou à s’entendre dire « Madame la » plutôt que « Madame le ».

Alors, oui, il me semble juste que les noms de fonctions existent dans les deux genres, que l’on crée si nécessaire des formes féminines. L’oreille se fera à « auteur, autrice » comme elle s’est faite à « acteur, actrice ». Quoi de plus naturel ?

Je me sens plus réservée avec les termes devenus épicènes. Non que je m’offusque de voir cohabiter dans l’entreprise une ouvrière, une employée et une cadre, bien sûr. Mon tracas ne concerne pas réellement la présence d’un déterminant féminin devant un nom traditionnellement masculin, mais bien plus le flou que cela génère sur le plan orthographique.

Nombre d’entre nous ne savent plus comment accorder. C’est ainsi que s’affichent sur la Toile, voire dans la presse, « une cadre supérieur », « une comptable général », « une ingénieur commercial », « une agent contractuel »… La pauvre grammaire n’est pas à la fête.
Sans parler de « la bras droit » et de « la membre actif ». Allons-nous tout droit vers une réforme de l’accord de l’adjectif ? Voilà un sujet à ne pas traiter par-dessus la jambe.

Marie-France Claerebout, rédactrice-correctrice

 

Il y a quelques années, je voyais d’un mauvais œil la féminisation des noms de métier. Pour moi, il existait des luttes autrement urgentes, utiles, en faveur de l’égalité femmes-hommes. Je trouvais même un certain « charme » à conserver le masculin. Je me trompais. La langue est éminemment politique, elle exprime notre modèle du monde. Elle est ce monde. Nomen est omen.

Désormais, je suis favorable à cette féminisation. Aucun argument « contre » ne me convainc car ils sont tous subjectifs, pour ne pas dire irrationnels : esthétisme (« Une pompière, que c’est laid ! »), conservatisme (« Pourquoi changer ? »), élitisme (« Nivellement par le bas ! »). Enfin, comment peut-on regretter que certains féminins soient déjà des noms de choses alors que l’avocat, le financier et le rapporteur n’ont jamais dérangé personne ?

Comme pour les rectifications orthographiques de 1990, les réactions de rejet s’expliquent par la crainte de voir disparaître des conventions rassurantes que l’on a apprises, transmises, auxquelles nous sommes habitués. J’ai osé féminiser auteur, d’abord en auteure puis en autrice. Les réactions sont plutôt positives, même contagieuses. Récemment, je me suis présentée comme telle dans les médias et les journalistes ont repris le mot. Féminiser les noms de métier ? Il n’y a aucun « mâle » à cela !

Sandrine Campese, autrice et animatrice en langue française

 

POUR LA FÉMINISATION DES NOMS DE MÉTIERS

Depuis l’enfance, entendre « le masculin l’emporte sur le féminin » me déplaît. J’ai toujours trouvé injuste que l’on utilise ils pour un groupe composé d’une majorité de femmes. J’ai même imaginé qu’on pourrait utiliser un pronom neutre tel le they des anglophones.
Certains disent que le masculin est le «neutre », mais l’on trouve en faisant quelques recherches que le masculin était bien considéré comme le genre « noble ». Le fait que certains noms de métiers n’aient pas de féminin n’a rien d’anodin. Pourquoi entend-on souvent que le nom autrice est « laid », tandis que les noms animatrice et actrice ne le sont pas ? Une question d’habitude, tout simplement ! J’ai pour ma part commencé par utiliser auteure, qui ne me satisfaisait pas complètement, car on n’entendait pas que ce nom était féminin. Lorsque j’ai lu que les noms autrice et écrivaine n’étaient pas des néologismes, mais qu’ils avaient fait l’objet de condamnations dans les guides de grammaires et qu’ils avaient disparu des dictionnaires, j’ai décidé de les adopter et je m’y suis bien habituée. Lire l’excellent ouvrage de mon linguiste préféré Bernard Cerquiglini (Le ministre est enceinte) a fini de me convaincre de changer mes habitudes, pour faire évoluer les mentalités, à mon petit niveau.

Aurore Ponsonnet, autrice et formatrice en orthographe

 

Petit extrait d’un dialogue entre deux femmes, en mai 2019, XXIe siècle sur la Terre.

« Et toi, tu es pour ou contre la féminisation des noms de métiers ?
– Pardon ?!! Mais quel argument pourrait bien justifier, en 2019, la masculinisation de certains métiers ?
– Ben, préfète, par exemple, c’est laid ! Comme écrivaine, ou pire encore, autrice !
– Ah ?!! Et prophète, poète, comète, riveraine, Africaine, capitaine, lectrice, éditrice, Patrice…, c’est laid ?
– Ben…
– Ben… non. Et seulement parce que ce sont des mots auxquels notre oreille est habituée depuis notre enfance.
– Avoue tout de même que dire “mon médecin est parti en retraite, c’est une médecine qui le remplace”, ça prête à confusion !
– Ah… parce que quand tu prends rendez-vous avec un avocat, tu imagines un gros bonhomme tout rond, tout vert, avec un noyau dedans ???!
– Haha ! Non, t’es bête…
– La langue française comporte plus de six cents mots homophones… Et, tiens, d’ailleurs, avocate, ça ne te choque pas ? Tu sais où est le problème ? C’est que, maintenant, la place des femmes dans la société va aussi s’entendre. Et ça, certains n’y sont pas encore prêts. Et certaines non plus, d’ailleurs. »

Évelyne Vernisse, formatrice en communication écrite

 

POUR UNE RÉVOLUTION DU NEUTRE

De prime abord, si l’on dit de moi que je suis « autrice », j’ai une réaction viscérale : que ce mot est laid ! Je préfère encore « auteure », qui sonne comme « auteur », que j’ai entendu toute ma vie…
Mais, passé cette première réaction conservatrice, l’autrice féministe en moi s’insurge : comment faire changer les choses et promouvoir l’égalité hommes-femmes si l’on conserve la langue en l’état ?
Oui, mais… la question est : cela changera-t-il vraiment les choses ? Ne s’agit-il pas que d’un dépoussiérage, d’une opération esthétique qui ne modifiera les choses qu’en surface sans bousculer les mœurs ?
Eh bien, oui, sans doute n’est-ce que du maquillage, mais l’espoir demeure que, accompagnée d’autres mesures, cette féminisation des noms de métiers finisse par grignoter, lentement mais sûrement, le mur du sexisme.
Le mieux, cependant – rêvons un peu –, serait d’adopter un genre neutre pour les noms de métiers, genre qui ne renverrait pas dès l’énonciation d’une profession au sexe de la personne qui l’exerce. Car distinguer « un auteur » et « une autrice », « le professeur » et « la professeure », c’est désigner d’emblée le professionnel comme homme ou femme, ramenant ledit professionnel à son sexe là où il ne faudrait s’occuper que de ses compétences. Ainsi, à l’instar du CV anonyme, le genre neutre dirait : Je ne vois pas en toi un homme ou une femme, mais un individu doté des compétences requises pour exercer tel métier.

Agnès Colomb, auteure-adaptatrice

 

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Il ne s’agit pas de féminiser la langue, mais bien de supprimer la masculinisation qui a été faite délibérément depuis le 17ème siècle par les grammairiens.
« Autrice», par exemple, existait déjà au XVe siècle. « Les Français s’imaginent que c’est un néologisme. Or, ce sont les grammairiens masculinistes, c’est-à-dire des hommes qui étaient en faveur du monopole masculin sur cette activité, qui l’ont fait disparaître. Comme ils ont voulu faire disparaître compositrice, écrivaine, poétesse, médecine, etc. »
http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2018/11/19/37002-20181119ARTFIG00027-eliane-viennot-la-langue-francaise-n-est-pas-misogyne.php

La question illustre surtout le traditionnel conformisme des français.e.s et leur extrême capacité à se soumettre à l’ordre social. Notre idiome national est une langue d’Etat depuis l’édit de Villers-Cotterets, et l’académie, institution du despotisme monarchique, en est le gardien. Un gardien patriarcal dans une société patriarcale. Il est temps d’y mettre fin.

Bonjour à tous les animateurs-formateurs et animatrices-formatrices (l’ordre est arbitraire et ne correspond à aucune espèce de préséance) du Projet Voltaire dont je suis heureux de lire ou relire les points de vue sur la féminisation des noms de métiers, fonctions, etc., points de vue émanant donc de spécialistes de notre langue, ce qui est une aubaine. Plusieurs de ces experts connaissent déjà ma position sur le sujet mais je voudrais profiter de ce forum pour la rappeler.
Dans la mesure où l’absence de ces noms féminins peut être un obstacle à l’égalité hommes-femmes, il est évidemment important que le problème soit résolu, la voix des linguistes, lexicographes, grammairiens, etc. devant être prépondérante pour que soient évitées aberrations et incohérences linguistiques. Il est indispensable que soit respectés l’usage comme la tradition- et non les règles car les règles ne font que « fixer » l’usage et la tradition. Ainsi « autrice » est préférable à « auteure » car l’usage nous dit que les noms en -teur font leur féminin en -trice, d’autant que la phonétique ne fait pas entendre le féminin dans « auteure », alors qu’ « autrice » le marque. Enfin, il faut accepter, notamment pour les noms de titres, que l’arbitraire ne puisse être évité et qu’il ne fasse aucune correspondance entre genre grammatical et sexe, comme je le développe dans « Langue française, arrêtez le massacre » et comme le rappelle Bruno Dewaele. Ainsi, acceptons que « président », « ministre », « pasteur », « rabin » soient masculins alors que « vedette », « personnalité », « notabilité », « légume » (une grosse) soient féminins.
Tels sont les critères qui doivent présider, me semble-t-il, à toute tentative de féminisation des noms de métiers.

Le premier expert me semble avoir raison. Un star, un éminence grise… Madame le c’est très bien. Une sage femme peut être un… homme cela se trouve. C’est tout le sel de la langue.

La féminisation pourquoi pas bien que je pense que ce ne soit pas le sujet principal pour l’égalité. J’espère juste que ce n’est pas la boîte de pandore vers l’écriture inclusive car il sera difficile de faire comprendre que ce sont deux sujets différents. Je crains hélas que ce soit mal parti et que la langue française ne s’en remette pas.

Je suis de l’avis de Bruno Dewaele : il ne faut pas confondre sexe et genre grammatical. C’est absurde.
Puis, la professeure, la procureure, la préfète, la docteure, l’écrivaine, je ne m’y ferai jamais.
N’y aurait-il pas là une perte de prestige ?
Enfin, ce n’est pas le moindre des paradoxes de vouloir ajouter un « e » qui ne se prononce pas.

      Oui, car l’intonation sonne mal. On peut très bien dire le docteur Madame Turpin ou Mme Juliot docteur en droit, c’est ce qui se pratique dans les Universités.

    Au reste les femmes médecins dont je suis n’ont pas accepté le mot « doctoresse ». pourquoi devraient elle devenir Docteure ? Madame le Docteur convient très bien. Monsieur la sage femme aussi. C’est cela la poésie d’une langue.

      Il n’est ici question que de liberté. Liberté de « féminiser » ou non. Je ne sais pas si l’emploi du masculin est plus « poétique », ici encore c’est un jugement subjectif. Quoi qu’il en soit, celles et ceux qui souhaitent féminiser peuvent le faire en suivant les indications de l’Académie française. Or, ladite institution écarte « doctoresse » en faveur de « docteure ».

Est-ce mon âge? Je partage totalement le point de vue de Bruno Dewaele. On confond fonction et genre. Madame la procureure de Boigny m’a dit vouloir être appelée ainsi, car « il y a toujours un sexe sous la robe  » (sic). Mais c’est une robe de fonction.
Au demeurant, la plupart du temps, UNE brute épaisse sera un homme/

    et un assassin un monsieur le plus souvent… Cela étant un chemin ne se plaint pas de n’être pas féminin comme route, Gardons nos racines sans oublier nos ailles quand de nouveaux métiers pointent le nez… Une rédactrice, c’est bien auteure ou une autrice c’est moche. Si si. Cordialement à tous

      L’esthétique d’un mot est subjective, si si ;-). Pourquoi actrice serait-il « beau » et autrice, »moche » ? Quoi qu’il en soit, chacun est libre de féminiser ou non, même si ce débat sera sans doute complètement obsolète dans quelques années.

Bonjour,

La féminisation des noms de métier : bien sûr… ! Pourquoi devrait-il y avoir débat sur ce point ?

Par contre, sur l’écriture dite « inclusive », c’est autre chose.

D’entrée de jeu, rappelons un point important : il est obligatoire, en français, de catégoriser le genre.

Mais il est souvent possible de nuancer la chose pour « dégenrer », dans une certaine mesure, notre discours et nos écrits.

Aussi le postulat suivant se pose-t-il : faut-il dire (écrire) ou ne plus dire (écrire) le genre?

Il y a actuellement débat sur la question, dans de nombreux pays et espaces francophones.

Car l’évolution sociale et psychologique de la société occidentale – prise en étau désormais entre la bien-pensance et le politiquement correct – nous amène à repenser notre langage et, de là, la structure linguistique de notre langue.

S’il est heureux, bien entendu, que les mentalités et les institutions changent pour intégrer les nouvelles réalités sociales, il faut cependant avancer avec intelligence sur un terrain qui peut vite devenir très glissant par manque de vision.

Suivant les pays, les provinces ou les territoires, il y a foison de recommandations plus ou moins fondées, mais il y a fort à parier qu’il n’y aura pas consensus, à terme, dans la sphère francophone, sur la façon de traiter le genre dans la langue.

Il suffit d’ailleurs de regarder le nombre de blogues, d’articles, de papiers divers et variés sur la question : écriture épicène ou générique, notation inclusive, etc.

Partant, est-il vraiment nécessaire de « débinariser » ou « décatégoriser » le langage? Il faut bien comprendre que, en matière de genre, il y a distorsion entre discours public (= politique) et langue (= linguistique), et ces deux aspects ne peuvent pas vraiment se rejoindre.

En fait, il y a confusion entre la notion de genre linguistique (qui relève de la sémantique) et celle du genre social (qui relève de la sociologie et de la politique – et surtout du « politiquement correct »).

Pour ne citer que lui, l’OQLF (Office québécois de la langue française), dans une fiche intitulée « Désigner les personnes non binaires », nous donne un florilège de « solutions » qui n’en sont pas, car elles s’inscrivent, pour les plus farfelues, dans une logique de non-respect patent de la structure grammaticale et syntaxique du français.

Il convient donc de ne pas suivre aveuglément les orientations de cet organisme (ou d’un autre, sauf si la démarche est sensée et vraiment exploitable), mais de faire preuve de créativité et de vision.

Comme cela a été rappelé plus haut, il est impossible, en français, de ne pas dire le genre et c’est justement en cela que cette notion s’assortit d’une dimension sociopolitique.
Il ne s’agit pas vraiment de trouver un système satisfaisant en matière d’« écriture inclusive », mais plutôt de faire preuve de souplesse dans la catégorisation.
Par « souplesse », il faut entendre élasticité dans les répartitions (tant sociales que linguistiques) du genre.

Autrement dit : s’orienter sans doute vers une utilisation aussi agissante qu’inventive du langage.

Par conséquent, la difficulté n’est pas tant de trouver absolument les bonnes catégories, mais plutôt de s’inscrire dans le mouvement et de laisser la porte ouverte aux potentialités de mutation (qui sont, somme toute, limitées) tout en respectant les structures de la langue.

Il convient, à mon sens, de ne pas se positionner systématiquement, mais de comprendre avec agilité les différentes situations, en se rappelant que la réalité est tout sauf immobile : elle est mouvante.

Pour avancer sereinement sur ce débat, il faut refuser de se corseter dans des cadres de pensées totalisants, loufoques ou systémiques.

En passant, n’oublions pas que la féminisation permet de féminiser la réalité. A contrario, la « dégenrisation » gomme toute marque du genre ou le neutralise, et donne lieu à des difficultés qui dépassent le cadre de la langue, d’où les problèmes qui d’ores et déjà se posent.

Et ce n’est que le début.

Les moyens linguistiques à notre disposition (qui permettent d’intégrer les réalités sociales à la langue et inversement) ne veulent pas dire que l’égalité ou la parité linguistique entre les femmes, les hommes et toutes les autres personnes soit systématiquement réalisable.

En matière d’« inclusivité », nous vivons sans aucun doute une réelle évolution sociétale et nous devons nous en féliciter.

Veillons toutefois à ne pas verser dans le panurgisme en voulant, entre autres, absolument imiter ce qui se fait dans l’anglosphère ; la syntaxe anglaise (et d’autres langues) permet de « débinariser » et de « dégenrer » facilement le discours et, par ricochets, l’espace social.

Pas le français.

Dans cette perspective, donc, continuons de porter haut la langue française dans toutes ses déclinaisons dynamiques (enseignement, usage, traduction, etc.) dans un échange constructif panfrancophone, au-delà de toute idéologie clivante.

    Bravo, mille fois bravo, pour ce commentaire lucide et nuancé, qui surpasse de loin les avis et recommandations assez superficiels, je trouve, de nos experts.

      Bonjour YH, les experts ont été sollicités pour donner leur avis en très peu de signes. Il ne s’agissait pas de faire un exposé exhaustif de la situation. Bon après-midi.

    Bonsoir Manuel, je ne comprends pas bien votre exemple. Qui a dit que les adjectifs ne devaient plus s’accorder avec le nom qu’ils qualifient ? Qui a dit qu’il fallait changer le genre des noms ? Cette femme est le bras de droit de…, c’est une membre active… Où est le problème ? Bonne soirée !

Doré-« navrant »: ho, la jolie brin(e) de fille qui sauterellise de fleure en fleure avant de s’en faire un bouquet de connivence entre pistil étamine et surtout de ces parfumes dont se grisent trop de sottes humeures… un mâle claude qui rit sous capp!!!

« Pôv Frençe », ton français fiche le camp……………
et pourquoi pas :
un dessinateur
une dessinateuresse,
puisqu’il existe : un docteur, une docteuresse deplus, je pourrai ajouter une consonne entre deux voyelles, pourquoi pas ??? et on veut que le français « façe moin de fôte en ortografe » ?!?!?!
Cordialement.

L’académie française a beau être un cadre merveilleux pour garder la beauté française, toutefois ne perdez pas de vue que le français n’est plus uniquement pour la France, est un patrimoine commun. Ce que vous avez fait en 1990 n’a pas suffit ? Maintenant, nous ne savons même plus écrire, faute pas faute, on n’en sait rien. Je travaille dans un cabinet d’avocat, aucune dame avocat n’aime qu’on l’appelle avocate, elles préfèrent toutes être appelées AVOCATS. Je vous propose une solution simple, pour couper court, faites comme les anglais. Un seul article défini « The », « a et an » selon les circonstances ainsi nous en finirons avec cette fameuse parité. Tous les efforts que nous avons fournis pour apprendre la grammaire, l’orthographe,… ne servent à rien. Alors, éliminons les articles, que tous les vocables soient au neutre. Je suis congolais de la RDC. Cette discussion nous dérange beaucoup, car nous sommes obligés à revenir au point du départ, ou encore, quelques paresseux veulent nous tirer vers le bas. J’ai juste exprimé mon désarroi.

Le problème avec ce genre d’évolution est que ça ne s’arrêtera pas là : si l’auteur / auteure / autrice est « transgenre », il / elle (?) voudra marquer dans le nom de sa profession sa singularité sexuelle ; et s’il / elle est « racisé(e) », il / elle voudra que cela se voit dans la terminologie désignant sa profession, pourquoi pas ?
Alors, par souci de clarté et de cohérence grammaticale (cf argumentaires de M. Dewaele et de Mme Claerebout), et parce que toute évolution n’est pas nécessairement un progrès, tentons humblement de transmettre l’ensemble des règles de notre difficile langue française sans la complexifier davantage !

    Bonjour et merci d’avoir partagé votre point de vue. Il me semble que l’idée est ici de poursuivre ce qui a déjà été entrepris il y a fort longtemps ! Féminiser un nom de métier n’est pas une démarche qui semble très complexe. Une fois encore, chacun son avis ! Bonne fin d’après-midi.

Mesdames vous avez la chance d’avoir pour vous un « genre » à vous toute seule alors que nous sommes obligés de partager le nôtre avec le neutre. Si l’on revenait à la vraie grammaire, la messe serait bientôt dite !

    Bonjour fhab, nous avons beaucoup de chance, en effet, que « le masculin » l’emporte toujours sur « nous » ! Bonne fin d’après-midi.

      Je suis d’accord avec Sandrine, quelle chance que le masculin l’emporte toujours sur le féminin. Vraiment, belle image à transmettre encore et toujours aux générations futures.

      Extrait : L’usage ancien de l’accord de proximité a été combattu de manière totalement délibérée au XVIIe siècle où les académiciens ont mis en place l’accord selon « le genre le plus noble ». Un siècle plus tard, Beauzée justifie cette décision en ceci que « le genre masculin est réputé le plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle ». Bref, il parle d’un monde où c’est une évidence que l’homme est mieux que la femme et donc que la langue doit suivre.

      Vous vous trouvez donc plus noble que les femmes ?