Améliorer son style d’écriture (et peut-être publier une œuvre…) – Les 10 conseils du Projet Voltaire

Améliorer son style d'écriture

Utiliser des figures de style, manier avec élégance les tournures à la voix passive et active, user de suspens, alterner phrases longues et phrases courtes pour mieux raconter une histoire ou donner vie à un scénario…

Ce n’est pas impossible, mais cela demande de la pratique, de la patience et de l’abnégation !

À vous qui voulez améliorer votre style d’écriture et qui rêvez peut-être de publier une œuvre, le Projet Voltaire donne dix conseils pour progresser… Cela ne garantit rien, mais vous aidera peut-être à donner vie à votre texte !

Sommaire

1- Lisez autant que possible

Pour bien écrire, il faut d’abord lire beaucoup. Les meilleurs le disent, au premier rang desquels Stephen King, qui affirme lire plusieurs heures par jour. Il s’agit probablement du conseil le plus précieux que l’on vous donnera ici. Oui, pour trouver les sujets, l’inspiration, les idées, les modèles, il faut lire, lire encore, lire beaucoup, lire le plus possible. Donnez-vous comme règle d’avoir toujours « un bouquin en cours ».

Vous n’avez pas le temps ? Mais si, vous l’avez, cherchez bien…

  • Vous pouvez lire le soir (peut-être au lieu de regarder un autre épisode de votre série du moment).
  • Vous pouvez lire le matin au petit-déjeuner.
  • Vous pouvez lire le midi lors de la pause déjeuner.
  • Vous pouvez lire dans le métro…

Si cela est difficile, commencez par lire un peu. Connaissez-vous la différence entre quelqu’un qui lit dix pages d’un livre chaque jour et quelqu’un qui ne lit pas ? Eh bien, la première personne lira 3 650 pages par an. Cela représente tout de même un nombre considérable de romans.

Second point important : en littérature, il faut se forcer parfois à aller « au-delà » de ses goûts. Rien n’interdit d’être amateur inconditionnel d’Harry Potter, ni de dévorer l’œuvre d’Agatha Christie… mais de temps à autre, il est bon de varier. Le truc est parfois de « déborder » un peu tout en restant dans un genre de confort. Si vous aimez Agatha Christie, pourquoi ne pas découvrir d’autres maîtres de la littérature policière ? Simenon, Malet, Vargas…

2- Écrivez régulièrement

On n’attend pas l’inspiration. On l’entretient comme on entretiendrait un muscle. Pour cela, il faut écrire le plus souvent possible, mais surtout de manière régulière. Oui, c’est un peu le même principe qu’une séance de sport ! Plus on y va, plus c’est facile (et plus on apprécie). Un mot à la fois… Un mot après l’autre… mais de manière répétée, c’est le secret et c’est ainsi que l’on progresse et qu’on améliore sa capacité à donner vie à de beaux textes.

Cela signifie se réserver des temps pour écrire. Choisissez les moments qui vous conviennent le mieux, ceux durant lesquels on ne vous dérangera pas. Préférez trois ou quatre séances de trois quarts d’heure à une seule séance de plusieurs heures : vous serez probablement plus efficace. Et bien entendu, il vous faut disposer de votre lieu rien qu’à vous, isolé et tranquille, où vous pourrez à votre aise travailler en musique ou dans le silence.

3- Soyez efficace dans l’exercice

Vous avez suivi notre précédent conseil ? Alors vous voilà installé(e), prêt(e) à en découdre avec votre texte. Encore faut-il se concentrer pleinement sur cette tâche ! Or, vous n’êtes pas sans savoir qu’on peut être constamment sollicité (pour ne pas dire enquiquiné), notamment par nos téléphones prétendument intelligents qui ne cessent de nous apporter des nouvelles plus ou moins intéressantes d’amis, de connaissances plus ou moins lointaines et du reste du monde.

Coupez tout cela. La porte doit être fermée aux distractions.

Durant le temps que dure votre séance, vous ne devez pas permettre qu’on vous dérange. Ainsi, vous allez réellement produire. « Vous ne prenez pas votre téléphone, vous n’avez pas de WiFi, personne ne vient vous déranger, et vous savez que pendant cette heure-là, vous pouvez vous consacrer à votre texte », conseille ainsi Joël Dicker, auteur notamment du roman La Vérité sur l’affaire Harry Quebert.

Et si vous craignez de ne pas vous conformer à cette rigueur, intéressez-vous aux méthodes qui contraignent à se concentrer, comme la technique dite « Pomodoro ». Celle-ci permet notamment de ne pas s’arrêter lors d’une difficulté et oblige à trouver une solution.

4- Participez à des ateliers d’écriture

Des ateliers d’écriture sont aujourd’hui organisés dans de nombreuses villes, par des écrivains, des associations, etc. Ils peuvent avoir lieu dans des MJC, des universités… et sont un excellent moyen de se tester et de faire des exercices de style auxquels on n’aurait pas forcément songé ! Les ateliers d’écriture permettent aussi de se confronter à l’avis d’un public, puisque les travaux sont généralement partagés. Attention cependant : gardez en tête que participer à un atelier d’écriture est enrichissant, mais jamais synonyme d’une promesse de publication.

5- Faites des exercices de style en ligne

Faut-il employer des adverbes ? Faire des phrases courtes ? Minimiser les descriptions pour privilégier l’action ? À dire vrai, nul ne peut vous répondre de manière définitive et c’est tant mieux. Il n’existe pas une seule manière de bien écrire, mais des dizaines de techniques qui peuvent donner envie de faire lire une œuvre. Les goûts varient. Un même lecteur peut apprécier de dévorer un bon polar sur la plage pendant l’été et une biographie de Talleyrand un mois plus tard. Bref, vous l’avez compris, le style n’est jamais « fixé ».

Ainsi, vous pouvez travailler, tester, recommencer… Internet regorge d’articles et de vidéos dans lesquels vous trouverez des conseils d’écriture. Écrire une scène d’action ou de romance, éviter les verbes dits « faibles », ne pas utiliser les expressions qui alourdissent le texte… Selon vos intentions, vous trouverez forcément ce qui vous intéresse. Vous pouvez vous renseigner aussi sur la manière de construire un personnage, une intrigue, des chapitres, sur le moyen de donner vie à un roman historique… encore une fois, selon vos besoins.

Attention : tout ne se vaut pas bien entendu pour améliorer ses écrits. Suivez plutôt celles et ceux qui vous inspirent et qui vous poussent à travailler et retravailler vos écrits. Nous vous recommandons aussi de vous intéresser aux articles et aux chaînes qui décryptent les œuvres littéraires.

6- Choisissez les mots justes…

Écrire, c’est entre autres talents choisir les mots justes… et disposer du vocabulaire adéquat. Notez les mots et expressions que vous apprenez. Les classiques sont pour cela d’inépuisables mines d’or. Le Projet Voltaire propose par ailleurs un module spécifique à l’expression. Objectif : apprendre à structurer son propos et donner de l’élan à son expression. Le module permet notamment d’apprendre 600 mots.

Peut-être vous rappelez-vous ce que sont des palabres, et ce que signifient « symptomatique », « flouer » ou « grief »… mais connaissez-vous le sens de « schisme » ? Connaissez-vous le sens du mot « arguer » (que l’on peut utiliser notamment pour des dialogues) ? Qu’est-ce qu’une doléance ? Et une kyrielle ? Ainsi, vos pérégrinations littéraires vont emmèneront plus loin encore (car, oui, le mot « pérégrination » est aussi dans le corpus du module Expression).

Vous l’avez compris, grâce au Projet Voltaire, vos écrits peuvent s’enrichir de nombreux mots exquis et brillants, qui donnent une vraie portée au récit. Un investissement utile pour l’activité littéraire, mais aussi pour mieux s’exprimer au quotidien à l’écrit et à l’oral… Lisez aussi à ce sujet l’article sur comment améliorer son expression écrite.

Découvrez le module expression du Projet Voltaire

7- Suivez les conseils des plus grands

Ah, les fameux trucs et astuces des écrivains… Eh bien, figurez-vous qu’ils peuvent être très utiles. En farfouillant sur Internet à la recherche de leurs conseils, vous découvrirez quels regards ils portent sur leur art. Il est difficile ici de vous en dire davantage, tant les hommes et les femmes de lettres sont nombreux et tant leurs recommandations peuvent varier. Cependant, n’hésitez pas à « piocher » çà et là ce qui vous intéresse. Commencez, pourquoi pas, par des émissions, des magazines, des entretiens. Visez le domaine qui vous intéresse le plus (par exemple, s’il s’agit d’imaginaire…).

Bien entendu, rien n’interdit d’aller directement à la source. Certains auteurs et certaines autrices ont ainsi rédigé des ouvrages qui traitent de leur art et dévoilent une partie de leurs astuces. C’est le cas de Stephen King (encore lui) avec son livre Écriture : mémoire d’un métier… mais pas seulement. De nombreux autres se sont livrés à l’exercice, comme Marguerite Duras avec son Écrire ou Umberto Eco avec Confessions d’un jeune romancier.

Attention : Stephen King encourage à ne pas trop se soucier de grammaire au départ. Nous préconisons tout de même de faire le moins de fautes possibles : cela sera plus agréable pour vos relecteurs éventuels (les fameux bêta-lecteurs) et cela sera plus crédible devant un éditeur ! Pour ne plus faire de fautes, découvrez les solutions du Projet Voltaire.

Découvrez les solutions d’entraînement du Projet Voltaire

8- Soignez l’introduction de votre œuvre

Oui, ce n’est pas une légende. Quelle que soit votre œuvre (romance, polar, science-fiction…), le début doit être prenant. Happez le lecteur dès vos premières pages, que diable, il ne demande que ça ! Du reste, sachez-le dans le cas où vous souhaiteriez tenter l’aventure de la publication : un éditeur ne lit généralement pas tout ce que vous lui envoyez, mais il y a quelque chance qu’il lise le début. Raison de plus pour y faire particulièrement attention.

9- Écrivain « architecte » ou « jardinier » ?

L’architecte prévoit tout et fait des plans. Il sait exactement où il va. À l’inverse, le jardinier plante et regarde ce que cela donne, expérimente et réorganise ensuite. Chez les écrivains, ces deux écoles existent. Certains ont besoin de planifier leur récit, de disposer d’un brouillon très précis qui indique ce qui se passe, quand et comment. Ce sont les écrivains « architectes ». D’autres préfèrent se jeter à l’eau, amorcer le texte et voir où cela les mène. Ce sont les écrivains « jardiniers ».

Bien entendu, cette structure n’est pas complètement figée. Certains auteurs ne disposent pas de plan pour leur récit, mais de fiches personnages très élaborées. D’autres s’appuient sur des notes, mais s’en écartent. C’est aussi en apprenant à connaître les méthodes d’écriture avec lesquelles on est à l’aise que l’on travaille son style. Si vous êtes « bloqué(e) » par l’une de ces méthodes, vous ne produirez sans doute rien de bon (ou dans la douleur). À l’inverse, si vous travaillez avec plaisir, les mots vous viendront plus facilement.

10- Publication : quelques conseils complémentaires

Nous ne vous le cacherons pas : c’est le parcours du combattant. Les éditeurs reçoivent chaque année des milliers de manuscrits. De surcroît, beaucoup travaillent en priorité avec des personnes qui ont déjà écrit et publié. Cela ne signifie pas qu’un « primo-auteur » n’a aucune chance, mais il faut faire les choses correctement.

  • D’abord, assurez-vous d’avoir finalisé et corrigé autant que possible votre manuscrit. Traquez les dernières fautes d’orthographe et de style. Il existe pour cela des correcteurs… même si rien ne vaut bien entendu une bonne maîtrise de la langue française ! Le Projet Voltaire propose un module Orthographe et un autre consacré à l’orthotypographie.
  • Sélectionnez avec soin la ou les maisons d’édition correspondant à ce que vous avez écrit. Toutes ou presque ont un catalogue accessible en ligne. Servez-vous-en. Inutile d’envoyer votre manuscrit à une maison qui ne publie pas le genre dans lequel vous vous exprimez.
  • Préférez toujours un tome unique (en tout cas la première fois), cela effraie moins que la promesse d’une longue série de romans.
  • Respectez à la lettre les demandes de la maison d’édition pour votre envoi. Beaucoup précisent ces conditions sur leur site (exemple : certaines demandent trente pages, en interligne 1,5 et dans une police de caractères spécifique).
  • Armez-vous de patience : la réponse ne vous arrivera pas avant plusieurs mois… si elle arrive.
  • Sachez par ailleurs qu’une réponse potentiellement positive sera presque systématiquement suivie d’un entretien.
  • Ne vous découragez pas si la réponse est négative. Dites-vous que l’écrivain Pierre Lemaitre, né en 1951, n’a fait publier ses livres qu’à partir des années 2000. Quant à Stephen King (eh oui, encore et toujours lui…), la légende veut qu’il ait jeté à la poubelle les premières pages de son roman Carrie… avant que son épouse les récupère et l’encourage à continuer. Le livre, publié en 1974, a été adapté plusieurs fois au cinéma.

Point bonus ! Ces auteurs et autrices à (re)lire…

Nous vous disions plus haut qu’il fallait lire. De manière parfaitement subjective, nous vous suggérons ci-dessous cinq auteurs et autrices que nous vous invitons à (re)découvrir.

Molière (1622-1673) : au-delà du temps

Il fut et il reste l’un des plus grands dramaturges français. Plus de trois siècles après sa mort, ses pièces nous font encore rire ou nous émeuvent. Grand observateur de son époque, il nous lègue des comédies et des tragédies dont le message reste juste, lucide et actuel. Il laisse son nom à la langue française, ce qui n’est pas peu dire.

Ses grandes œuvres (parmi d’autres) : Dom Juan, Le Misanthrope, Tartuffe, Le Malade imaginaire, L’Avare

Victor Hugo (1802-1885) : la puissance du récit romanesque

Poète, dramaturge, romancier, homme exilé de son pays pendant dix-neuf ans, parlementaire, intellectuel engagé contre la peine de mort… Victor Hugo, c’est tout cela à la fois. Son œuvre littéraire, immense, s’inscrit dans le mouvement du romantisme.

Ses grandes œuvres (parmi d’autres) : Les Misérables, Notre-Dame de Paris, Quatrevingt-treize, Ruy Blas, Les Contemplations

George Sand (1804-1876) : écrivaine féministe

Ne vous y trompez pas, il s’agit bien d’une femme, dont le véritable nom était Aurore Dupin. Son nom de plume lui permit en son temps de faire publier plus facilement son œuvre, qui s’inscrit dans le courant du romantisme et prend la défense des femmes mais aussi de la cause ouvrière. Ses romans prennent souvent comme cadre la campagne du Berry où elle vécut longtemps.

Ses grandes œuvres (parmi d’autres) : Indiana, La Mare au diable, Lélia, Consuelo, La Petite Fadette

Guy de Maupassant (1850-1893) qui savait aussi faire frissonner

Guy de Maupassant a marqué son époque – et la nôtre – par son œuvre profondément empreinte de réalisme. Son legs : six romans, de nombreuses nouvelles et quelques récits de voyage. Maupassant n’hésite pas à faire des incursions dans le fantastique et même l’horreur, avec notamment Le Horla.

Ses grandes œuvres (parmi d’autres) : Une vie, Bel-Ami, Pierre et Jean, Boule de Suif, Contes de la Bécasse

Marguerite Yourcenar (1903-1987) : romancière historienne et académicienne

Romancière, nouvelliste, poétesse, autobiographe et première femme élue membre de l’Académie française, érudite capable de lire le grec ancien et le latin, excusez du peu… Marguerite Yourcenar nous laisse entre autres de grands romans historiques.

Ses grandes œuvres (parmi d’autres) : Mémoires d’Hadrien, L’Œuvre au noir, Nouvelles orientales, Alexis ou le Traité du vain combat

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