Blog Origine des mots

Publié le 6 mars 2014

L’origine de ces fameuses expressions : « En son for intérieur »

« En mon for intérieur, je savais que je n’aurais pas dû le croire. » Quel est ce for dont on parle ici ? Ne serions-nous pas tentés de penser au « fort » de la forteresse ? Il n’y a pourtant aucune faute d’orthographe dans cette phrase, il s’agit bien du « for » intérieur. Pour comprendre cette expression, il est utile d’expliquer l’origine du terme qui lui est associé. En effet, « for » vient du mot latin forum, qui, durant l’Antiquité, désignait la place où se tenaient les assemblées du peuple et où se discutaient les affaires publiques. Ce lieu accueillait des marchands, des galeries d’art, des…

Publié le 27 décembre 2013

L’origine de ces fameuses expressions : « Poser un lapin »

Vous êtes-vous déjà fait poser un lapin ? C’est le genre de lapin que l’on trouve généralement fort désagréable… Mais en fait, pourquoi parle-t-on de cet animal pour dire qu’une personne ne s’est pas présentée à un rendez-vous ? Pour le comprendre, il faut revenir au XIXe siècle. À cette époque, l’expression « poser un lapin » existait déjà, mais son sens faisait référence à un registre particulier de rendez-vous. En effet, dans le Nouveau Supplément du dictionnaire d’argot édité en 1889, Lorédan Larchey mentionne le « lapin » comme « un galant quittant les filles sans payer le prix convenu ». On dit d’abord « poseur…

Publié le 27 novembre 2013

Les grands hommes à l’origine de ces noms communs : Joseph Guillotin

Il est important de rappeler que Joseph Guillotin n’a jamais assisté à une seule exécution et ne se réjouissait pas que cette machine porte son nom. Lui qui n’avait fait que recommander une méthode, le voilà portant la paternité d’une machine à couper des têtes.

Publié le 5 novembre 2013

L’origine de ces fameuses expressions : « À brûle-pourpoint »

L’expression « à brûle-pourpoint » est aujourd’hui utilisée pour mentionner une action soudaine ou une parole abrupte, proférée sans ménagement : « Il déclara à brûle-pourpoint qu’il ne prendrait jamais l’avion. » Mais, à l’origine, c’est au langage militaire et vestimentaire utilisé entre le XIIIe et le XVIIe siècle que nous devons plus précisément la locution « tirer à brûle-pourpoint ». Le pourpoint était une veste matelassée qui couvrait le corps depuis le cou jusqu’au-dessous de la ceinture. Des fixations permettaient de poser une armure par dessus le pourpoint et d’y accrocher des chausses, sorte de bas qui recouvraient les jambes. Cela composait l’ensemble porté par les…

Publié le 30 octobre 2013

L’origine de ces fameuses expressions : « Prendre la mouche »

Quel peut-être le rapport entre l’insecte volant et le fait de se mettre en colère ? Pour comprendre l’expression « prendre la mouche », il nous faut revenir avant le XVIIe siècle et voir l’usage du mot « mouche ». Autrefois, on utilisait ce terme pour désigner différents insectes volants. La « mouche aux bœufs » qualifiait le taon, on parlait de « mouche à miel » pour l’abeille, de « mouche à chien » pour la tique ou encore de « mouche cornue » pour le scarabée. On imagine aisément que la mouche qui a inspiré notre expression doit être la « mouche aux bœufs ». En effet, elle provoque une réaction si vive,…

Publié le 24 septembre 2013

Les grands hommes à l’origine de ces noms communs : Ambroise Calepin

Et si ce petit carnet de notes que l’on appelle calepin était en fait bien plus que ça ? À l’origine, cet ensemble de feuillets faisait partie d’un projet bien plus important : la création d’un dictionnaire. C’est Ambroise Calepin – ou Ambrogio Calepino –, savant et religieux italien de l’ordre des Augustins qui en fut l’instigateur : il consacra en effet sa vie à l’écriture d’un dictionnaire polyglotte. Au départ en latin, celui-ci parut en 1502 et se répandit dans toute l’Europe. L’auteur le compléta en 1509, en le traduisant en trois langues supplémentaires : l’hébreu, l’italien et le grec. Son ouvrage servit…

Publié le 13 septembre 2013

L’origine de ces fameuses expressions : « Faire l’école buissonnière »

En cette période de rentrée, une envie réapparaît dans l’esprit des élèves, qui les avait quittés au cours des vacances : faire l’école buissonnière. Si aujourd’hui cette expression n’est plus l’apanage des écoliers, son origine nous ramène dans les écoles du XVIe siècle. La buissonnière était en fait une école clandestine, qui se tenait dans les champs. À cette époque, Martin Luther, théologien, professeur et père de la Réforme protestante, défia l’autorité du pape en ne reconnaissant que la Bible pour autorité religieuse légitime. Ses idées lui valurent de se retrouver excommunié en 1561, la peine la plus ancienne et la…

Publié le 10 août 2013

L’origine de ces fameuses expressions : « Joindre les deux bouts »

L’expression « Joindre les deux bouts » est connue de tous, même si elle est plus fréquemment utilisée au sens négatif : « Ne pas réussir à joindre les deux bouts. » On l’utilise pour faire référence à la gestion de notre budget ; dire qu’on ne réussit pas à joindre les deux bouts signifie que les revenus d’un mois ne suffisent pas à couvrir nos besoins jusqu’aux revenus du mois suivant. Cette expression trouverait son origine, assez inattendue, dans un phénomène de mode et de société du XVIe siècle : la collerette. Vers 1530, les décolletés féminins cèdent la place aux cols montants, bordés de petits…

Publié le 4 août 2013

L’origine de ces fameuses expressions : « Faire une coquille »

En imprimerie, une coquille est une erreur typographique. Concrètement, une coquille correspond donc à une faute qui s’est glissée dans le texte. Le terme est aujourd’hui resté pour exprimer « une bourde » ou un oubli. Mais quel rapport avec une coquille ? Coquille d’œuf, d’escargot, de coquillage ? Il existe plusieurs origines à cette expression, qui touchent davantage à la légende qu’aux faits historiques. Ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’autrefois les typographes, héritiers de Gutenberg, assemblaient des caractères d’imprimerie en plomb afin d’élaborer des textes. Le typographe se servait d’un composteur sur lequel il alignait les caractères, piochés dans une boîte…

Publié le 29 juillet 2013

Les grands hommes à l’origine de ces noms communs

Qui ne s’est pas retrouvé un jour avec un pneu de vélo crevé sur le bord de la route ? Dans cette situation nous avons tous souhaité avoir une boîte de rustines avec nous… L’homme à l’origine de cette fabuleuse invention n’est autre que Louis Rustin. Nous sommes au début du XXe  siècle, période de révolution industrielle. La bicyclette commence à devenir à la mode et accessible aux classes moyennes. En 1903, un certain Louis Rustin et son associé Jean Larroque ouvrent une boutique de réparation de pneumatiques, dans le 17e arrondissement de Paris. Fervent coureur cycliste amateur et habitué aux…

Publié le 24 juillet 2013

Les Grands Hommes à l’origine de ces noms communs : Carpaccio

Carpaccio, c’est le nom de ce plat fait de fines tranches de bœuf cru, accommodées d’un filet d’huile d’olive, de vinaigre balsamique et de copeaux de parmesan (un plat idéal en cette saison !). Mais c’est aussi le nom d’un célèbre peintre italien du XVe siècle : Vittore Carpaccio. Quel est donc le rapport entre ces deux-là ? Entre les deux, il y a une troisième partie prenante. Il s’agit d’un homme, à l’origine de la fameuse recette : Giuseppe Cipriani. L’histoire raconte qu’en 1950, alors que Giuseppe était chef cuisinier au Harry’s Bar de Venise (tenu aujourd’hui par son…

Publié le 4 juillet 2013

Les grands hommes à l’origine de ces noms communs : Boycott

Changeons nos habitudes. Concernant le mot « boycott », nous ne pouvons pas dire que Monsieur Boycott en soit l’initiateur. Au contraire, ce terme a été créé contre lui. Pour mieux comprendre, revenons au XIXe siècle… Cela se passe en 1880, en Irlande de l’Ouest, dans le comté de Mayo. Charles Cunnigham Boycott est alors intendant d’un riche propriétaire terrien, chargé de louer des parcelles aux paysans. Mais ces derniers, pris à la gorge par des loyers de plus en plus importants, réclament une baisse des rentes. Se sentant tout-puissant, Cunnigham Boycott refuse de céder. Charles Parnell, alors président de la Ligue…