Trucs & astuces pour retenir le genre des noms


Un échappatoire oumasculin feminin une échappatoire ? Un obélisque ou une obélisque ? Un aromate ou une aromate ? Le genre de certains noms de la langue française est aussi énigmatique que le sexe des anges ! Masculins ? Féminins ? Pour se décider, il est possible de s’aider en pensant à d’autres mots dont la forme est proche ou qui ont la même origine. Voici des moyens mnémotechniques, qui, par association d’idées, ou en tout cas de sonorités, permettent de retenir le genre de quelques noms qui nous mènent la vie dure !

Les féminins

Honneur aux dames ! Sont de genre féminin les noms suivants :

une hécatombe, car on dit « une tombe » ;
une acoustique : féminin comme la musique ;
une mandibule : pensez à « une bulle » ;
une écritoire, car on dit « une écriture » ;
une stalagmite : pensez à « une mite » ;
une interview, car on dit « une entrevue » ;
une échappatoire, parce qu’on l’a échappé belle ;
une épithète : pensez à « une tête » ;
une omoplate, parce que plate est le féminin de « plat » ;
une équivoque : le « v » esquisse les contours du bas-ventre féminin.

Ici, c’est la racine, elle-même féminine, qui nous aide :

une gare, donc une aérogare ;
– une face, donc une volte-face ;
une chambre, donc une antichambre ;
une route, donc une autoroute ;
une flamme, donc une oriflamme ;
– une strophe, donc une apostrophe.

Les masculins

Testostérone garantie pour ces noms 100 % virils :

un abysse : le nom abîme, qui a la même racine, est aussi masculin ;
un apogée : pensez à « l’apogée d’Apollon », le dieu grec par excellence ;
un astérisque : masculin, comme le héros gaulois Astérix ;
un obélisque : masculin, comme son camarade Obélix ;
un esclandre, car on dit « un clan » ;
un agrume : en manger permet d’éviter d’avoir un rhume ;
un aromate, comme « un automate » ;
un antipode : on dit bien « un iPod » ;
un ovule : masculin, comme le spermatozoïde qui le féconde ;
un aparté, car on dit « un appartement » ;
un effluve : il se répand comme « un fleuve » qui coule ;
un oxymore : on imagine que la syllabe « xy » est formée par les chromosomes mâles « XY » ;
– enfin, un après-midi car « midi » est masculin. C’est en tout cas le genre qui a la faveur de l’Académie française.

Attention aux pièges !

Ce serait trop simple si les astuces marchaient à tous les coups…

une sphère, mais un hémisphère et un planisphère ;
une jambe, mais un entrejambe ;
une mite mais un termite ;
une halte, mais un haltère ;
une dot, mais un antidote ;
une gamme, mais un amalgame ;
une loge, mais un éloge ;
une zone mais un ozone ;
une ligne, mais un interligne ;
un gramme mais une anagramme ;
– enfin, Octave a beau être un prénom masculin, on dit une octave.

 Sandrine Campese

 


À propos de Sandrine

Contributrice et modératrice

38 réponses à Trucs & astuces pour retenir le genre des noms

  1. SORO dit :

    Et Sandrine et les autres, il n’y a pas mieux que de connaître mieux.

  2. SORO dit :

    Vous êtes vraiment fantastiques

  3. les mots de genre masculin qui se terminent par un E muet ( à l’attention des nuls en orthographe )

    Un petit PYGMEE presque SOSIE d’un SCARABEE, en guise de TROPHEE portait un PARAPLUIE . Il sortait du LYCEE contant de son GENIE , dédaignant l’HYMENEE il jouait au MESSIE bien qu’ATHEE, bien qu’IMPIE , il périt à son APOGEE dans l’INCENDIE du grand MUSEE et il n’eut pas de MOSOLEE

    • Sandrine dit :

      Merci Jacques ! Il ne reste plus qu’à mémoriser la phrase ;-). Bonne journée.

      • Thérèse Depelchin dit :

        Jacques,
        Merci pour le petit texte, très drôle. Mais, hélas, il contient deux fautes d’orthographe me semble-t-il.
        il sortit du lycée contENT de son génie…
        De même, on écrit un MAUsolée, non?

        Je voudrais en profiter pour signaler qu’il est possible de mettre les accents sur les lettres majuscules.
        Très simple: écrire la lettre minuscule avec son accent, puis placer le curseur devant cette lettre et appuyez sur Majuscule + F3 et votre lettre devient majuscule avec son accent! Si l’accent est au milieu du mot, placez le curseeur devant le mot et appuyez sur Maj+F3 à 2 reprises
        École
        Ève
        Ça
        Être
        Le LYCÉE
        MÉDÉE
        Remarque: cela fonctionne dans les documents Word, sur la Toile cela dépend des sites.
        C’est tellement plus beau avec les accents.
        Thérèse

  4. GIRAUD dit :

    à l’école j’ai appris que devant une voyelle on ne devait pas utiliser « une » donc le mot était classé masculin… là j’apprends que ce n’est pas à priori le cas … çà me trouble…

    • Sandrine dit :

      Bonsoir, la règle que vous évoquez n’existe pas. Nombreux sont les noms féminins qui commencent par une voyelle. En voici quelques-uns : une arme, une attelle, une erreur, une épée, une eau, une illusion, une île, une orthographe, une orque, une utopie, une urne… Bonne soirée !

  5. SamuelAFRO dit :

    Très belle leçon, Sandrine !
    Et pour epignosis ?
    Oui, je sais c’est limite grec mais si je veux l’utiliser en Français?

  6. Jacques Rozenblum dit :

    A propos de changement de sens selon le sexe, bien sûr espace, mais également œuvre.

    Une question toutefois concernant des mots importés et naturalisés comme holding : masculin ou féminin ?

    • Sandrine dit :

      Les deux genres sont acceptés. Cependant, « holding » étant la réduction de holding company, parfois adapté en « société holding » (ou traduit « société de portefeuille »), le nom se rencontre souvent au féminin à cause de cette origine. Pour autant, les mots en -ing tirés ou inspirés de l’anglais prennent normalement le genre masculin.

    • Knocke dit :

      Une espace : terme de typographie.

  7. Cedric dit :

    Merci Sandrine,

    Belle leçon, et curieuse méthode… mais qui a du style!

    On pourrait aussi parler de cette énigme de l’amour qui change de genre selon son nombre… Un amour perdu, pour dix de retrouvées ?
    Peut-être qu’au pluriel, le machisme prend le dessus sur le romantisme ?…

    • Sandrine dit :

      Bonjour Cédric, effectivement, le nom amour est (traditionnellement) de genre masculin lorsqu’il est employé au singulier et féminin quand il est employé au pluriel. C’est bien pour cela qu’après avoir éternué, il faut répondre « que les tiennes durent toujours ! » à celui ou celle qui nous souhaite : « à tes amours » ! Les noms délice et orgue suivent la même règle.

  8. Adama dit :

    Très intéressantes ces leçons . Merci
    À force de parler de fête de Noël, Noël à pris le genre de fête par ici.
    Merci et à bientôt

  9. michèle Buchet dit :

    Si la plupart des gens – à commencer par les journalistes…– mettent « après-midi »au féminin, n »est-ce pas à cause des expressions courantes « bel après-midi » ou « bon après-midi », qu’on entend comme des féminins par suite de la liaison?

    • Sandrine dit :

      Entièrement d’accord avec vous, Michèle ! Les liaisons induisent parfois en erreur. Autre exemple dans la lignée de « bon » ou « bel » après-midi : « bonne anniversaire » au lieu de « bon anniversaire ». De même, la liaison entre le pronom « on » et la voyelle qui commence le verbe qui suit donne l’illusion d’une négation. Ainsi, « on a pas faim » se prononce de la même manière que « on n’a pas faim », ce qui explique sans doute que la première tournure (fautive) se substitue fréquemment à la seconde (correcte).

      • Anne dit :

        Je pensais que les 2 genres étaient admis pour après-midi:

        « La huitième édition (1932-1935) du dictionnaire de l’Académie française donnait ce mot masculin ; mais la neuvième édition (1992-…) lui donne les deux genres.
        Le genre masculin est le plus courant. En France, cependant, ainsi que dans le parler populaire canadien, le genre féminin se rencontre aussi. Son utilisation est également relativement fréquente en Belgique et en Suisse.
        C’était une froide après-midi de novembre. Je venais justement d’expédier un dîner plus solide qu’à l’ordinaire […] — (Edgar Poe, L’Ange du bizarre, dans Histoires grotesques et sérieuses, traduction de Charles Baudelaire) ».

        • Sandrine dit :

          Bonjour Anne, le nom composé « après-midi » peut s’employer au masculin et au féminin, avec une légère nuance de sens. En effet, le féminin « une après-midi » insiste sur la notion de durée, sur le modèle d’« une matinée » et « une soirée ». On le rencontre surtout dans le langage littéraire et poétique. D’usage plus courant, la forme « un après-midi » semble également plus logique, le nom « midi » étant de genre masculin. C’est la raison pour laquelle l’Académie française préconise cette tournure. Bon dimanche.

          • Anne dit :

            Merci pour la précision.

          • Thérèse Depelchin dit :

            Merci de traiter ce chapitre. Je donne un cours de FLE à des néerlandophones et le genre des noms est un vrai souci. Même les pays ont un genre en français! J’ai trouvé des moyens pour aider mes étudiants, en se basant sur le suffixe de certains mots : -ence, -ude, etc.. Ce n’est pas la panacée, mais cela dépanne fameusement!
            Pour ‘après-midi’, j’utilise les deux genres (Le Petit Robert 2005)
            Effectivement je dirai « J’ai passé une excellente après-midi’ (idée de durée) mais ‘Je pars cet après-midi'(moment).
            Reste que la langue la plus facile, question genre des noms, est l’anglais, champion toute catégorie!
            Merci pour tous ces trucs et astuces .
            Bien à vous
            Thérèse

          • Sandrine dit :

            Bonjour Thérèse, vous avez raison, le féminin littéraire « une après-midi » insiste sur la notion de durée, sur le modèle de « une matinée » et « une soirée ». Recommandée par l’Académie française, la forme « un après-midi » est plus courante et plus logique, le nom « midi » étant masculin. Si vous êtes enseignante de FLE et que vous êtes friande de moyens mnémotechniques, alors vous apprécierez sûrement un livre soutenu par le Projet Voltaire : 99 dessins pour ne plus faire de fautes, paru le 5 mars dernier aux Éditions de l’Opportun. Vous trouverez la bande-annonce sur ce lien : http://www.youtube.com/watch?v=5ZPUi4xEe6k. Bonne journée !

      • michèle Buchet dit :

        Mes élèves – dans une autre époque où on parlait français…- savaient qu’ils devaient chercher la 2e partie de la négation : pas, plus, guère etc, avant de mettre le fameux « n’ « après « on ». Mais, quel effort!

  10. Chambaron dit :

    Mot-bémol (ou flattag en anglais) concernant « interligne » : féminin en typographie, à l’instar (quel genre ?) de sa pote « espace ».
    Un article à consacrer à ces vocables qui changent de sens selon le « sexe », et Dieu sait qu’il y en a… Ses anges aussi.

  11. Xavier dit :

    Une fois de plus, merci Sandrine pour cet article très utile pour nous tous qui sommes des fondus de la langue. Cela me permettra sans aucun doute d’éviter bon nombre de chausse-trapes dans toutes les dictées que je serai amené à rédiger dans le futur.

    Le terme effluve retient ici toute mon attention car je suis tombé en plein dans le piège tissé par Prosper Mérimée.

    Pour parler sans ambiguïté ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer…

    Quelle ne fut pas ma stupéfaction lorsque je me suis référé au corrigé et que j’ai constaté que effluve était effectivement un nom de genre masculin et cela malgré le son qui nous évoque plutôt un nom féminin (une effluve choque moins l’oreille)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *