du bon usage de « s’avérer »


Erreur couramment commise

S’il est une erreur qui s’échappe de toutes les bouches, c’est bien celle-là. Qui n’a jamais entendu un présentateur de journal télévisé dire que telle rumeur s’était « avérée fausse » ?

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Le sens premier de « s’avérer » est « se révéler vrai ». Si l’on peut aujourd’hui employer « s’avérer » au sens de « se révéler » (« l’affaire s’est avérée rentable »), gardez-vous de dire « s’avérer faux », vous commettriez un contresens. Ne dites pas non plus « s’avérer exact », vous feriez un pléonasme.

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Bruno Dewaele - champion du monde d'orthographeAvis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

D’aucuns objecteront que c’est peut-être là faire trop de cas de l’étymologie. Après tout, on ne s’interdit plus, aujourd’hui, d’utiliser « antan » autrement que pour signifier « l’année d’avant » (« ante annum »), ou encore « naguère » pour renvoyer à une époque bien plus éloignée dans le temps qu’il n’était souhaité à l’origine : ne voulait-on pas dire par là « il n’y a guère (de temps) » ?

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Cette réunion s’est avérée plus intéressante que je ne le prévoyais.
  2. Il est plutôt rare qu’une rumeur de ce genre s’avère vraie.
  3. Finalement, la méthode s’est avérée plutôt efficace.
  4. Comme je le craignais, son diagnostic s’est avéré exact.
  5. En général, la cure de sommeil s’avère profitable au patient.
  6. Et si tout ce qu’il prétend s’avérait vrai ?
  7. Le recours au dictionnaire se sera avéré indispensable pour ce type d’exercice.
  8. Les prévisions alarmistes de cet économiste se sont heureusement avérées erronées.
  9. Au bout du compte, la campagne de vaccination se sera avérée inutile.
  10. La nouvelle s’est avérée fausse, mais le mal était fait.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : Il est plutôt rare qu’une rumeur de ce genre se révèle vraie.
    Compte tenu du sens premier du verbe « s’avérer » (se faire reconnaître pour vrai), la tournure proposée risquait de passer pour pléonastique.
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Comme je le craignais, son diagnostic s’est révélé exact.
    Mieux vaut éviter, pour ne pas verser dans le pléonasme, d’utiliser « s’avérer » devant des adjectifs tels que « exact » ou « vrai ».
  5. Phrase correcte.
  6. Faux. Il faut écrire : Et si tout ce qu’il prétend se révélait vrai ?
    « S’avérer vrai », pour peu que l’on redonne à « s’avérer » son sens premier (se faire reconnaître pour vrai), a tout du pléonasme.
  7. Phrase correcte.
  8. Faux. Il faut écrire : Les prévisions alarmistes de cet économiste se sont heureusement révélées erronées.
    « S’avérer » signifiant à l’origine « se faire reconnaître pour vrai », il y aurait quelque contradiction à l’employer conjointement à l’adjectif « erroné », lequel signifie « faux » !
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : La nouvelle s’est révélée fausse, mais le mal était fait.
    L’adjectif « faux » ne saurait en toute logique se marier avec le verbe « s’avérer » (se faire reconnaître pour vrai).

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

28 réponses à du bon usage de « s’avérer »

  1. Catherine dit :

    Bonjour,

    Pourrait-on écrire : « C’est le contraire qui s’est avéré. »?

  2. Prisse dit :

    Pourquoi peut-on dire s’avérer inexact et non s’avérer faux ? Merci

    • Sandrine dit :

      Bonjour Prisse, « inexact » ou « faux », l’un comme l’autre ne s’emploient pas avec le verbe « s’avérer », sous peine de dire tout et son contraire ! Bonne journée.

  3. ibit dit :

    on peut utiliser  » s’avére grave « 

  4. Laurence dit :

    bonjour

    peut-on utiliser le verbe s’avérer suivi du verbe être ou un substantif

    il s’avère être un vecteur
    ils s’avère un vecteur de

    ou bien s’avérer n’est-il suivi que d’un adjectif?

    merci de votre réponse

  5. Amine dit :

    Donc, si je comprends bien, on doit dire : « la réponse à mes question s’avére ». (sans rien ajouter)
    et non « la réponse à mes question s’avére fausse » ?

    ps : les correcteurs orthographe des navigateurs internet (Firefox, Internet Explorer, Chrome, Opera, etc) indiquent une erreur au niveau de l’accent sur le « é » et le reconnais comme bien écrit avec l’accent sur le « è ». Il y a du boulot de la part des concepteurs de ces correcteurs d’orthographe. C’est un massacre pour la langue de Voltaire. Je crois que ces correcteurs d’orthographe (installées par défaut) des navigateurs internet sont surtout optimisés pour la langue de Shakespeare. Par conséquent, la langue française est délaissée. Et je pense que ça l’est aussi beaucoup d’autres langues.

    • Erick dit :

      Amine, comme pour la phrase numéro 2 dans notre exercice, il faudrait plutôt utiliser une autre expression que « s’avérer » dans votre exemple. Si la réponse à votre question est exacte, on écrira « la réponse à ma question s’est révélée exacte ».
      Par ailleurs, conjugué au présent de l’indicatif, « s’avérer » prend bien un accent grave à « il s’avère » : les correcteur orthographiques ont donc raison de vous le signaler.

    • Vandenberghe dit :

      Bonjour,
      Vous vous trompez, Laurence: les correcteurs d’orthographe ont raison de souligner qu’il faut un accent grave lorsque vous écrivez le verbe pronominal « s’avérer » à la 3è personne du singulier. Ainsi, on écrira: « il s’avère que » et non « il s’avére que »
      Bien à vous

  6. On joue là sur les mots car il est possible de dire “il est vrai que telle information est fausse“, ce qui signifie qu’il s’avère que telle information est fausse.

    Or, si l’assertion “il s’avère que telle information est fausse” est possible, on ne voit pas comment son raccourci “cette information s’est avérée fausse” deviendrait incorrect puisque les deux phrases signifient la même chose.

    “S’avérer faux” devrait être accepté car s’avérer signifie “devenir vrai après un certain temps d’étude”, s’avérer faux signifie alors devenir vrai après un certain temps d’étude que telle information est fausse.

    Or, une information qu’on croyait vraie peut devenir fausse après étude.

    Voilà pourquoi “cette information s’est avérée fausse” sonne juste, cela signifie qu’il est vrai après étude qu’une information qu’on croyait vraie est devenue fausse.

    Si je peux dire “il s’avère que cette information est fausse”, je dois pouvoir dire “cette information s’est avérée fausse” car les deux phrases signifient la même chose.

    Vouloir remplacer s’avérer par se révéler n’a pas beaucoup de sens. C’est comme ceux qui ne veulent pas du verbe générer, en arguant que ça vient de l’anglais, et veulent imposer engendrer ou créer ou autres, alors que générer vient du latin generare et doit pouvoir s’utiliser comme tel en français e.g. ce programme génère deux fichiers de résultats.

    Bien à vous

  7. CB dit :

    Érick,

    Je me permets de vous poser une seconde question.

    Bien que l’expression « Au revoir » soit utilisée par plusieurs au téléphone en s’adressant à une personne qu’on n’a jamais vue, je refuse carrément d’en faire autant. Vous l’aurez deviné je suis de la vieille école.
    N’y aurait-il pas une meilleure expression plus logique?

    CB

  8. CB dit :

    Bonjour,
    Je suis dans la soixantaine et on m’a donc enseigné l’orthographe traditionnelle. Je travaille toujours et j’avoue avoir beaucoup de mal à écrire ‘ognon’, ‘nénufar’ ‘assoir’ , du au lieu de dû et aout sans accent, et le déplacement du tréma dans aiguë au lieu de aigüe. Malgré les nombreux changements apportés au cours des dernières années, est-ce que l’ancienne orthographe est tout de même acceptée (pour ne pas dire tolérée).

    Quant aux mots qui s’écrivent maintenant sans trait-d’union, je n’ai aucun problème.

    Je souhaite vivement que vous pourrez me rassurer à ce sujet.

    Merci bien.
    CB

    • Erick dit :

      Bonjour CB,
      Alors oui, vous pouvez être rassuré. L’orthographe réformée de 1990 est indicative : il s’agit de recommandations que vous êtes libre d’utiliser ou non.

      • CB dit :

        Bonjour Érick,
        J’apprécie votre prompte réponse et suis en effet très soulagée de pouvoir continuer à m’occuper de mes oIgnons, et m’assEoir confortablement en admirant les beaux nénupHars par un beau mois d’aoÛt (si l’hiver ici veut bien se terminer un jour… c’est la grâce que nous souhaitons à tous. 🙂

        Merci beaucoup.
        CB

        • Vincent dit :

          La tradition française est décrire Nénufar.
          C’est une réforme de 1935 qui avait décrété l ‘orthographe « Nénuphar »

  9. Dugelet dit :

    faut-il écrire : Il y en a qui se marie ou alors : il y en a qui se marient.

    Je sais que dans cette phrase le premier il est indéfini et que normalement on écrit le verbe au singulier. Est-ce toujours ainsi ?
    Merci de votre réponse.
    Gérard

    • Erick dit :

      La méthode consiste à remplacer le verbe Se Marier par un autre, comme Faire par exemple.
      Dit-on : « Il y en a qui fait » ou « Il y en a qui font » ?
      « Qui font », bien sûr.
      La troisième personne du pluriel est donc la bonne : « Il y en a qui se marient ».

  10. Nature dit :

    La ou ça devient compliqué c’est quand Mauriac, Yourcenar ou Montherlant utilisent « s’avérer faux »

    • Erick dit :

      Cet emploi, même s’il est le fait de grands auteurs, est toujours considéré abusif et critiqué. Pour certains, « s’avérer » est ainsi perçu dans le sens de « se montrer, se confirmer ». Mais c’est là aussi un abus.

    • Pascal dit :

      Le Grevisse regorge de fautes commises par nos illustres auteurs. Les fautes n’en sont pas moins… avérées.

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