« bâiller », « bailler » ou « bayer » ?


(Difficulté traitée dans le module Projet Voltaire EXCELLENCE)

Erreur couramment commise

Face à ces trois verbes qui se prononcent de la même façon, on reste souvent bouche bée… sans pouvoir se décider.

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

« Bailler » et « bayer » sont d’anciens verbes qu’on rencontre surtout dans des expressions figées : « la bailler belle à quelqu’un » (chercher à le tromper) et « bayer aux corneilles » (rêvasser). À notre époque, c’est le plus souvent le verbe « bâiller » que nous utilisons, soit pour un être vivant qui ouvre largement la bouche, soit pour un objet entrouvert ou mal ajusté. Principale difficulté : poser l’accent circonflexe à la bonne place, non pas sur le « i » mais sur le « a » !

Une personne qui bâille ; une fenêtre qui bâille.

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Qui ne se montrerait plein d’indulgence envers celui qui confond les verbes bâiller et bayer ? Le second, variante de béer que l’on retrouve dans la locution toujours vivace bouche bée, signifie « avoir la bouche ouverte », ce que l’on fait également, à l’évidence, en… bâillant ! On comprend que l’usage ait très vite cantonné ce bayer dans la seule contemplation (béate) des corneilles, oiseaux qui abondaient à l’époque et, partant, constituaient un gibier de peu de valeur, lequel n’avait aucune chance de retenir l’attention du chasseur…

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Mettez-vous donc au travail, au lieu de bayer aux corneilles.
  2. Les individus qui bayaient bruyamment ont été priés de sortir.
  3. Comptes-tu sortir dans cette tenue, avec cette chemise qui baille ?
  4. Je n’ai jamais compris comment on pouvait bâiller la bouche fermée.
  5. Avec le courant d’air, la porte qui bâille fait un bruit inquiétant.
  6. À l’issue du plantureux repas, tous les convives se mirent à bayer.
  7. Votre voiture roule au jus de navet ? Vous me la baillez belle !
  8. Saviez-vous qu’en baîllant vous améliorez votre respiration ?
  9. Avec ce système, la fenêtre reste entrebayée en toute sécurité.
  10. Somnolence, baillements… C’est le moment de faire une pause.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : Les individus qui bâillaient bruyamment ont été priés de sortir.
    Le verbe « bayer » ne se rencontre plus que dans « bayer aux corneilles ». Ici, c’est « bâiller » qui était attendu.
  3. Faux. Il faut écrire : Comptes-tu sortir dans cette tenue, avec cette chemise qui bâille ? Pour une chemise entrouverte, mal ajustée, c’est le verbe « bâiller » (avec accent) qui convient.
  4. Phrase correcte.
  5. Phrase correcte.
  6. Faux. Il faut écrire : À l’issue du plantureux repas, tous les convives se mirent à bâiller. Le verbe « bayer » ne se rencontre plus que dans « bayer aux corneilles ». C’est « bâiller » qui convient ici.
  7. Phrase correcte.
  8. Faux. Il faut écrire : Saviez-vous qu’en bâillant vous améliorez votre respiration ?
    Dans le verbe « bâiller », l’accent circonflexe se pose sur le « a », pas sur le « i ».
  9. Faux. Il faut écrire : Avec ce système, la fenêtre reste entrebâillée en toute sécurité. Il s’agit ici d’un mot de la famille de « bâiller » : c’est « entrebâillée » qu’il convenait d’écrire.
  10. Faux. Il faut écrire : Somnolence, bâillements… C’est le moment de faire une pause. Tous les mots de la famille de « bâiller » prennent un accent circonflexe sur le « a », c’est le cas de « bâillements ».
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    Auteurs :
    Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
    Marie-France Claereboutcorrectrice d’édition et formatrice
    Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

3 réponses à « bâiller », « bailler » ou « bayer » ?

  1. EON philippe dit :

    A l’heure d’une réforme sûrement aussi nécessaire qu’ inopportune touchant l’orthographe
    Je découvre votre site avec émerveillement et apaisement
    Merci

  2. Chambaron dit :

    Belle démonstration, mais c’est faire vite fi de la très longue histoire du mot « bailler » (sans accent) qui hante la langue française depuis tant de siècles, et jusqu’à aujourd’hui.
    Je m’émerveille en effet de la vitalité de ce terme, remontant au XIIe siècle et finissant ses vieux jours dans nos « Contrats de bail », pour pouvoir pieuter sans vue sur la mer, dans les « baux emphytéotiques » consentis aux entreprises, dans les « bail-out » anglo-saxons, aides publiques accordées à une société privée pour éviter qu’elle ne dégrade l’ensemble du tissu économique.
    En France, durant des siècles, il y a eu des baillis, des baillages, des « concessions » dirions-nous dans notre vocabulaire républicain. Cela rythmait la vie quotidienne, et M. le Baillif avait sa baillive, aussi vive que lui était vif.
    Clin d’œil,
    Bien littérairement

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