« il travail » ou « il travaille » ?


Erreur couramment commise

« Travail » et « travaille » étant de la même famille et se prononçant de la même façon, il n’est pas rare de trouver l’un écrit pour l’autre : « Comment s’épanouir au travaille ? » pour « Comment s’épanouir au travail ? »

Pour ne plus commettre cette faute et beaucoup d’autres :
entraînez-vous gratuitement sur www.projet-voltaire.fr
Déjà plus de 3 millions d’utilisateurs !

Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Veillez à ne pas écrire « travail » pour « travaille », « conseil » pour « conseille », « détail » pour « détaille ». Les premiers (« détail », « conseil »…) sont des noms, les seconds (« détaille », « conseille »…) des verbes conjugués.

Pour les distinguer, mettez le terme qui pose problème à l’imparfait : si la phrase reste juste, c’est qu’il s’agit du verbe. Sinon, il s’agit du nom, et il faut écrire « détail », « conseil » ou « travail ».

L’électricien travaille d’arrache-pied. = L’électricien travaillait d’arrache-pied.

mais

Les conditions de travail sont déplorables. ≠ Les conditions de travaillait sont déplorables.

Vidéo


Bruno Dewaele - champion du monde d'orthographeAvis de l’expert –
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

N’en déplaise à ceux qui prétendent – qui plus est en chantant – que c’est la santé, le travail a des antécédents étymologiques qui incitent à la prudence. Le tripalium latin dont il est issu n’était en effet rien d’autre qu’une « machine à trois pieux », initialement destinée à… torturer ! On comprend que certains le fuient comme la peste…

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Le ministre s’est enfermé dans son cabinet de travaille.
  2. Je ne tiens pas à connaître le détaille de tes aventures.
  3. Quel restaurant me conseils-tu ?
  4. Les grévistes demandent de meilleures conditions de travail.
  5. Le client recherche des conseilles auprès du vendeur.
  6. Le monde du travail n’a jamais été plus hostile.
  7. Raconte-moi tout, dans les moindres détailles.
  8. J’aimerais avoir le détaille de la facture.
  9. La durée légale du travail varie selon les pays.
  10. Pour plus de détails, consultez notre site internet.

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Le ministre s’est enfermé dans son cabinet de travail.
    Peut-on dire : « Le ministre s’est enfermé dans son cabinet de travaillait » ? Non. Il ne s’agit donc pas du verbe « travaille », mais du nom « travail ».
  2. Faux. Il faut écrire : Je ne tiens pas à connaître le détail de tes aventures.
    Peut-on dire : « Je ne tiens pas à connaître le détaillait de tes aventures » ? Non. Il ne s’agit donc pas du verbe « détaille », mais du nom « détail ».
  3. Faux. Il faut écrire : Quel restaurant me conseilles-tu ? Peut-on dire :
    « Quel restaurant me conseillais-tu ? » Oui. Il s’agit donc du verbe « conseiller », conjugué ici avec « tu », et non du nom « conseil ».
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : Le client recherche des conseils auprès du vendeur.
    Peut-on dire : « Le client recherche des conseillait auprès du vendeur » ? Non. Il ne s’agit donc pas du verbe « conseilles » mais du nom « conseil(s) ».
  6. Phrase correcte.
  7. Faux. Il faut écrire : Raconte-moi tout, dans les moindres détails.
    Peut-on dire : « Raconte-moi tout, dans les moindres détaillait » ? Non. Il ne s’agit donc pas du verbe « détailles » mais du nom « détails ».
  8. Faux. Il faut écrire : J’aimerais avoir le détail de la facture.
    Peut-on dire : « J’aimerais avoir le détaillait de la facture » ? Non. Il ne s’agit donc pas du verbe « détaille » mais du nom « détail ».
  9. Phrase correcte.
  10. Phrase correcte.

Besoin de vous remettre à niveau en orthographe ?
Entraînez-vous gratuitement sur www.projet-voltaire.fr !

Une méthode innovante et ludique pour s’entraîner. Déjà plus de 3 millions d’utilisateurs !

Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

7 réponses à « il travail » ou « il travaille » ?

  1. Oullaf dit :

    Merci c’est toujous un plaisir de trouver des réponses à mes questions

  2. Patrick dit :

    Bonjour,
    Je peine à trouver une réponse à mon questionnement : « La tournure que cela a pris(e). »
    Accord ou pas ?
    Quelle option me conseilleriez-vous ?
    Je vous remercie par avance pour votre aide.
    Cordialement
    Patrick

  3. Chambaron dit :

    L’étymologie est un art vraiment surprenant.
    J’étais aussi un adepte de l’origine du « supplice romain », si convaincante et spectaculaire, et je vivais bien avec ça ! Mais l’article m’a poussé à la recherche, et je dois quelque peu me raviser.
    Le fameux tripalium romain a sans doute existé au milieu de tant d’outils cruels pour punir esclaves, rebelles ou chrétiens. Mais pas de quoi fouetter un chat, ou donner son nom à une importante activité humaine. Rappelons que « labor » est alors le mot de référence, et traverse bien mieux les siècles pour désigner les activités industrieuses. Une exploration des premiers dictionnaires (XVIIe au XIXe siècles) confirme que personne ne fait mention dudit supplice. Il n’y est question que du travail de l’accouchement, et des « pieux » montés pour panser ou opérer bestiaux et chevaux. France rurale des maréchaux-ferrants et des parturientes méritantes, toujours dans la douleur et le transpiration. Littré en 1872, malgré ses exemples en tous sens, ne mentionne même pas cette origine romaine !
    Et vient le XXe siècle ! Quel nègre fou nous a pondu cette étymologie d’un sou ? Je ne sais, et ayant trace d’un ouvrage de 1915 ( https://archive.org/stream/dictionnairety00cluoft#page/582/mode/2up/search/travail ), je pense maintenant qu’il s’agit d’une filouterie moderne.
    J’attends l’avis d’expert…

    Bien littérairement,
    Chambaron

    • Sandrine dit :

      Bonjour Chambaron,
      Aucune trace non plus du « supplice romain » dans mon Dictionnaire historique de la langue française.
      Il n’en demeure pas moins qu’étymologiquement « travailler » signifie bien « torturer avec le trepalium », et donc « (faire) souffrir physiquement ou moralement ». On retrouve notamment ce sens vieilli en médecine, dans l’expression « salle de travail » pour « salle d’accouchement », ce dernier n’étant vraisemblablement pas une partie de plaisir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *