« censé » ou « sensé » ?


Erreur couramment commise

Qui n’a jamais confondu « sensé » avec «  censé » et écrit : « Les machines sont sensées faciliter le travail de l’ouvrier » au lieu de : « Les machines sont censées faciliter le travail de l’ouvrier » ?

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Vous pouvez remplacer le terme qui pose problème par « supposé » ? Écrivez « censé », qui est presque toujours suivi d’un infinitif :

On n’est pas censé passer au feu rouge. = On n’est pas supposé passer au feu rouge.

« Sensé » signifie, pour sa part, « plein de bon sens » ou « qui a du sens » :

Quel être sensé sauterait de la tour Eiffel ? = Quel être plein de bon sens sauterait de la tour Eiffel ?

Vidéo

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Si « censé » est si souvent mis à mal, c’est qu’il est l’unique vestige de la conjugaison d’un verbe qui nous a quittés depuis le XVIe siècle, et qui signifiait, dans le sillage du censere latin, « penser, croire ». Ce participe passé orphelin s’est donc reconverti en adjectif et a, depuis lors, connu la belle carrière que l’on sait, qu’a encore contribué à magnifier l’adage : « Nul n’est censé ignorer la loi » !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Cette colle est sensée adhérer à toutes les surfaces.
  2. Comment étais-je sensé le savoir ?
  3. On est censé remettre un badge à chaque participant.
  4. Une secrétaire n’est pas sensée garder les enfants de son patron.
  5. Où sommes-nous censés nous réunir ?
  6. Un rapport de ce type est sensé contenir une centaine de pages.
  7. Le cahier des charges est censé détailler la chronologie des travaux.
  8. Toute secrétaire bilingue est sensée parler deux langues.
  9. Ordonnez vos arguments de manière sensée.
  10. Si la critique est censée et argumentée, il n’en prend pas ombrage.

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Cette colle est censée adhérer à toutes les surfaces.
    En remplaçant « sensée » par « supposée » puis par « pleine de bon sens », on se rend compte que le sens de la phrase est conservé avec « supposée » : c’est donc qu’il faut écrire « censée » et non « sensée ».
  2. Faux. Il faut écrire : Comment étais-je censé le savoir ?
    Si « sensé » est la bonne orthographe, on devrait pouvoir dire : « Comment étais-je plein de bon sens le savoir ? » Or cette phrase n’a aucun sens. Il ne faut donc pas écrire « sensé », mais « censé ».
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Une secrétaire n’est pas censée garder les enfants de son patron.
    Cette phrase a le même sens que : « Une secrétaire n’est pas supposée garder les enfants de son patron », signe qu’il faut écrire « censée » et non « sensée ».
  5. Phrase correcte.
  6. Faux. Il faut écrire : Un rapport de ce type est censé contenir une centaine de pages.
    Peut-on dire : « Un rapport de ce type est plein de bon sens contenir… » ? Non. C’est donc qu’il ne faut pas écrire « sensé », mais « censé ».
  7. Phrase correcte.
  8. Faux. Il faut écrire : Toute secrétaire bilingue est censée parler deux langues.
    Cette phrase a le même sens que : « Toute secrétaire bilingue est supposée parler deux langues. » C’est donc qu’il faut écrire « censée » et non « sensée ».
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : Si la critique est sensée et argumentée, il n’en prend pas ombrage.
    Remplaçons « censée » par « supposée » : « Si la critique est supposée et argumentée… » ne signifie rien. En revanche, on peut dire : « Si la critique a du sens et est argumentée… » Il faut donc écrire « sensée » avec un « s ».

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

32 réponses à « censé » ou « sensé » ?

  1. Noëlle dit :

    Magnifique! Je dormirais moins bête et surtout j’aurai corrigé une erreur qui, si longtemps, me collait… Molière ne sera plus aussi fâché grâce au site 😊

  2. ISABELLE MARCHAL (ISA) dit :

    Ça fait plaisir de remarquer que la langue française est encore si bien défendue et respectée 🙂
    Bravo, très chouette site !

    Isa

  3. Mohamed dit :

    Super ce site ! Merci pour votre travail !

  4. Cuisinier dit :

    Merci pour l’explication, c’était pourtant simple et logique 🙂

  5. L'amande dit :

    Merci, je faisais autrefois toujours l’erreur, sans connaître la règle ! 🙂

  6. lionel dit :

    Merci d’améliorer mon niveau de français.

  7. Ricour dit :

    voir ci-dessous « Cochez cette case pour être prévenu lorsqu’il y aura des réponses à votre commentaire »

    soyez galant(e) : prévoyez « prévenue » : lol

  8. Bonjour. Je découvre votre site en m’interrogeant sur « censé » et je vous félicite. J’en parlerai à mes lecteurs et autour de moi…
    Vive la langue Française !

  9. Robert dit :

    Un verbe qui nous a quittéS…est-ce correct? Quelle est la règle justificative de ce pluriel?

  10. JML dit :

    Bonjour,

    ‘quittés’ avec un ‘s’ bien sûr.
    Choisissons le genre. Imaginons que le ‘nous’ représente des filles. Et prenons un participe passé dont on entend la finale au féminin : ‘pris’, ‘prise’.

    Un verbe qui nous a prise…

  11. Chambaron dit :

    En fait, le mot a survécu bien plus longtemps !
    On le retrouve dans l’impôt sous la forme de « cens », redevance due sur la richesse – estimée – des propriétaires. Avant le suffrage universel, le vote fut longtemps en France « censitaire », conditionné par la fortune individuelle.
    N’oublions pas les « censeurs », et surtout la « censure »: il s’agit d’estimer la correction des publications vis-à-vis de l’orthodoxie régnante.
    Et lorsqu’on « recense » la population, on l’estime n’est-ce pas, même si on la tient en piètre estime.

    Quant à l’encens, on le brûle pour oublier toutes les horreurs de ce monde…
    Chambaron

  12. webpage dit :

    Un immeոse merci à l’auteur du blog

  13. Frances Emmanuel dit :

    Merci pour les clarifications.

    Par contre j’ai un petit souci dans la phrase ci-suit

    « Si « censé » est si souvent mis à mal, c’est qu’il est l’unique vestige de la conjugaison d’un verbe qui nous a quittés….  »

    Avec quel sujet le verbe quitter s’accorde dans cette phrase? Pourquoi le « s » s’ajoute à la fin?

    • Josselin dit :

      « un verbe qui nous a quittés »
      Sauf erreur de ma part, le verbe « quitter » qui est ici au « passé composé » a pour sujet « un verbe ».
      Qui nous a quittés ? Un verbe.
      Puisque nous sommes en présence d’un passé composé requérant l’usage de l’auxiliaire « avoir », le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le COD si ce dernier est placé avant le verbe conjugué : dans le cas présent, le COD de la phrase est « nous » qui est un pluriel (le genre n’est pas défini, donc par défaut il convient de retenir le masculin) : or, il est bien placé avant « a quitté » : par conséquent, il convient bien d’accorder le participe passé « quitté » en genre et en nombre avec le COD « nous ».

  14. edouard dit :

    un site formidable..bravo a vous les concepteurs

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