« aie », « aies » ou « ais » ?


Erreur couramment commise

Veillez à ne pas écrire « n’aies pas de regrets » pour « n’aie pas de regrets ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

La terminaison « s », que l’on trouve à la 2e personne du singulier (« tu pars », « tu chanteras », etc.), ne s’applique pas à l’impératif du verbe « avoir », lequel s’écrit « aie » :

N’aie pas peur de ce que tu ne peux changer.
Aie conscience qu’une telle chance ne se représentera pas.

N.B. Rappelez-vous qu’on reconnaît l’impératif au fait que le sujet n’est pas exprimé.

Vidéo


Bruno Dewaele - champion du monde d'orthographeAvis de l’expert –
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Il n’est peut-être pas inutile de remarquer que, si les graphies « aie » et « aies » existent bel et bien, la troisième (« ais ») ne se rencontre jamais dans la conjugaison du verbe « avoir ». Il s’agirait même d’un barbarisme si le mot n’avait désigné – et désigne quelquefois encore, mais dans un domaine très spécialisé – une planche, voire une plaque rectangulaire de carton utilisée en reliure.

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Aie assez d’estime de toi pour garder la tête haute.
  2. N’aies pas d’illusions, rien ne dure jamais.
  3. Aie soin de répondre au client avec le sourire.
  4. Aies l’honnêteté d’admettre ta part de responsabilité dans cet échec.
  5. N’aies pas l’air si arrogant, cela te nuit.
  6. Aie pitié de celui qui te lit, corrige tes fautes !
  7. Aies le courage de défendre tes opinions.
  8. En réunion, n’aie pas peur de t’imposer.
  9. En cas d’accident de la route, ais le réflexe de faire un constat.
  10. Si tu envisages d’être absent, aies la courtoisie de prévenir tes collègues.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : N’aie pas d’illusions, rien ne dure jamais.
    À la 2e personne du singulier de l’impératif, « avoir » fait « aie » et non « aies ».
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Aie l’honnêteté d’admettre ta part de responsabilité dans cet échec.
    À la 2e personne du singulier de l’impératif, « avoir » fait « aie » et non « aies ».
  5. Faux. Il faut écrire : N’aie pas l’air si arrogant, cela te nuit.
    « Aies » n’a pas de sujet exprimé, signe qu’il s’agit de l’impératif. Or, à la 2e personne du singulier de l’impératif, « avoir » fait « aie » et non « aies ».
  6. Phrase correcte.
  7. Faux. Il faut écrire : Aie le courage de défendre tes opinions.
    À la 2e personne du singulier de l’impératif, « avoir » fait « aie » et non « aies ».
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : En cas d’accident de la route, aie le réflexe de faire un constat.
    « Ais » n’a pas de sujet exprimé, signe qu’il s’agit de l’impératif. Or, à la 2e personne du singulier de l’impératif, « avoir » fait « aie » et non « ais ».
  10. Faux. Il faut écrire : Si tu envisages d’être absent, aie la courtoisie de prévenir tes collègues.
    « Aies » n’a pas de sujet exprimé, signe qu’il s’agit de l’impératif. Or, à la 2e personne du singulier de l’impératif, « avoir » fait « aie » et non « aies ».

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire

19 réponses à « aie », « aies » ou « ais » ?

  1. taï-marc dit :

    merci pour cette précieuse aide.
    et longue vie à l’orto… l’otro… l’othografe… l’orthographe.

  2. Tina dit :

    Avec tous mes remerciements pour votre site et les bonnes expications,
    je voudrais savoir si c’est possible pour vous d’expliquer certains problèmes de langue concernants la couleur des cheveux et des yeux.
    par exemple je sais qu’en français on peut dire : » il a les cheveux bruns/ il a les cheveux châtains/
    mais on peut aussi dire: » il a les cheveux marron »????
    ou pour les yeux on dit: » il a les yeux marron »
    alors peut-on dire : » il a les yeux bruns/ il a les yeux châtains »??
    Je vous remercie déjà pour les explications
    Cordialement

    • Sandrine dit :

      Bonjour Tina,

      On écrit « des cheveux bruns » et « des cheveux châtains ».
      – « brun » est un adjectif : il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte (ici, « cheveux », masculin – pluriel).
      – « châtain » est également un adjectif (dérivé du nom « châtaigne ») : il s’accorde au masculin mais peut rester invariable au féminin.
      Pour caractériser la couleur des yeux, on utilisera plus volontiers « brun » ou « marron » que « châtain », d’où « des yeux bruns », « des yeux marron ».
      – marron est le nom d’un fruit employé comme adjectif, soit « de la couleur du marron » : il ne s’accorde pas.
      Pour tout savoir sur l’accord des adjectifs de couleur, simples et composés, n’hésitez pas à consulter nos fiches et nos vidéos :

      http://www.projet-voltaire.fr/blog/regle-orthographe/«-des-nuages-blanc-»-ou-«-des-nuages-blancs-»
      http://www.projet-voltaire.fr/blog/regle-orthographe/des-maillots-«-orange-»-ou-«-oranges-»
      http://www.projet-voltaire.fr/blog/regle-orthographe/des-tuniques-«-bleu-fonce-»-ou-«-bleues-foncees-»
      http://www.projet-voltaire.fr/blog/regle-orthographe/les-bleu-ciel-les-bleus-ciel-ou-les-bleus-ciels
      http://www.projet-voltaire.fr/blog/regle-orthographe/des-robes-blanc-et-noir-ou-des-robes-blanches-et-noires

      En espérant vous avoir éclairée, nous vous souhaitons une excellente soirée !

      • Tina dit :

        Mille Merci pour la réponse. 🙂

      • Chambaron dit :

        Bonsoir,
        Doutes concernant châtain (adjectif accordable) et marron (nom invariable)…
        Cordialement
        Chambaron

        • Sandrine dit :

          Bonsoir Chambaron,
          Merci pour votre remarque qui me permet de préciser mon explication.
          Aucun doute possible concernant « marron » : parce que c’est un nom employé comme un adjectif, il est invariable. Il faut sous-entendre « de la couleur du marron ».
          En revanche, les choses se compliquent pour « châtain ». Bien que formé à partir de « châtaigne » (comme « bénin » l’a été à partir de « bénigne »), il s’accorde presque toujours quand il est employé avec un nom ou un pronom masculin. Mais avec un nom ou un pronom féminin, il peut soit s’accorder sous la forme « châtaine » (parfois « châtaigne »), soit rester invariable.
          Un cas particulier qui ajoute encore à la subtilité de la règle d’accord des adjectifs de couleur qui comprend non seulement des exceptions (comme « marron »), mais également des exceptions aux exceptions (bien qu’étant avant tout des noms, « rose », « mauve », « fauve », « écarlate », « incarnat », « pourpre » et « vermeil » s’accordent) !

          • Alexia dit :

            Pardon pour cette intrusion, mais il semble que vous ayez fait erreur sur le tout dernier mot de votre réponse, puisque les exceptions aux exceptions que vous citez s’accordent en genre et en nombre. Cordialement

          • Sandrine dit :

            Vous avez tout à fait raison, je viens de corriger le dernier mot de ma réponse.
            Il est vrai qu’entre la règle, les exceptions et les exceptions aux exceptions, il y a de quoi s’emmêler les pinceaux !
            Raison de plus pour redoubler de vigilance 😉
            Merci !

      • clélia dit :

        Bonsoir,
        une petite précision s’impose
        Dit-on « que je n’aie pas eu le temps » ou « que je n’ai pas eu le temps » ?
        Merci d’avance
        Très bonne soirée
        Clélia

        • Sandrine dit :

          Bonjour Clélia, complétons votre phrase : « La pluie est tombée si soudainement que je n’ai pas eu le temps de rentrer le linge ». C’est bien l’indicatif qui convient ici et non le subjonctif car il s’agit d’une réalité et non d’une éventualité. Lorsque vous avez un doute, n’hésitez pas à remplacer par une autre personne : « qui n’ait pas eu le temps » ne convient pas ici. C’est aussi valable pour le conditionnel, pour distinguer, notamment, « je serai » de « je serais ». Belle journée.

  3. Laroche dit :

    On ne dit pas  » fou comme un balai » mais « con comme un balai » . Le sens de l’expression est assez simple. Avez vous déjà vu un balai prendre des initiatives , et ramasser des poussières là où on une main ne l’a pas conduit. Le balai se contente de ne faire que se qui lui est commandé, et si vous passez 5 mm d’une poussiére, il ne la balaiera pas.;)

  4. Diantrosité dit :

    La frontière est très mince mais il me semble juste que vous rajoutiez le conditionnel à côté de l’impératif pour la catégorie « règle »

    • Erick dit :

      J’avoue ne pas comprendre votre demande. Pourriez-vous la préciser, et peut-être nous donner un exemple ? Merci d’avance.

      • Aude dit :

        une idée: j’ai dû sortir mon Bescherelle pour vérifier dans quelle situation on utilisait l’orthographe “aies“ car cela n’était pas précisé(e? la situation plaçée avant le pp s’accorde??) dans l’article.
        Il se trouve que c’est au subjonctif présent “que tu aies“ (mais pas le conditionnel de toute façon)

  5. LELO dit :

    Je suis content et heureux de votre initiative. Et je dis, si seulement si les NTCI(Nouvelles Techniques d’Information et de Communication) pouvaientt servir à rehausser notre niveau de savoir à ce point, ça sera un bienfait non négligeable pour la société tout entière. Bravo et merci pour votre site

  6. Côté Raymond dit :

    D’où vient l’expression: « fou comme un balai » ?

    • Erick dit :

      Je n’ai pas de réponse à votre question pour l’instant, Raymond.

    • Thierry dit :

      C’est à vérifier, mais l’explication que j’avais entendue, était que de nombreuses expressions sont tronquées à l’usage et qu’elles deviennent claires lorsqu’on les emploie dans leur intégralité. Ce phénomène doit évidemment porter un nom chez les linguistes mais en gros l’expression connue de tous permet d’illustrer brièvement un concept. Plus l’expression est connue, plus on peut se permettre de la raccourcir, sans perdre le concept qu’elle véhicule, gagnant ainsi en brièveté mais perdant en logique intrinsèque.
      Par exemple :
      – « con comme un balai… sans manche. »
      – « bête comme une valise… sans poignée »
      – « gueux comme un rat… d’église » (car dans une église il n’y a rien à manger)
      – « il n’a pas inventé la poudre… qui pète deux fois »

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