CMAPRESS : une agence éditoriale passe à la Certification Voltaire

Pour CMAPRESSl’orthographe est plus que quelque chose d’important : c’est essentiel. Il faut dire que son activité le justifie. CMAPRESS est en effet une agence éditoriale. Pour simplifier, nous dirons que son métier est d’écrire pour le compte des entreprises, en particulier sur l’Internet. Parce que l’orthographe est fondamentale, ce spécialiste des contenus éditoriaux a choisi depuis l’année dernière de faire passer la Certification Voltaire à l’ensemble des rédacteurs qu’elle recrute .

« La Certification Voltaire n’apporte que des avantages : nos rédacteurs valorisent ainsi leur CV et leurs compétences ; nos clients sont rassurés sur la qualité des services que nous leur offrons ; et CMAPRESS se démarque de sa concurrence », explique Élodie France, responsable éditoriale de l’agence stéphanoise.

Il est vrai que, dans le secteur de l’Internet, la rédaction web a longtemps été vue comme un job d’appoint : « Il n’y a pas de formation diplômante pour devenir rédacteur web, qui est un métier véritablement ouvert à tous. Mais nous avons rapidement été confrontés à des profils peu à l’aise avec l’orthographe ou avec la grammaire lorsque nous avons commencé à recruter des rédacteurs », continue Élodie France.

Par ailleurs, les évolutions récentes de l’algorithme du moteur de Google ont rendu prépondérante la qualité du contenu publié par les entreprises sur leurs sites web : « Des textes mal écrits ou avec des fautes de français vont avoir un impact négatif sur le référencement de leurs sites dans les résultats de moteurs de recherche. »

La Certification Voltaire est donc devenue obligatoire pour l’ensemble des nouveaux recrutés, à l’issue des deux mois de leur période d’essai. Et l’argument fonctionne, autant au niveau des employés, qui voient ainsi leurs compétences valorisées, qu’au niveau des entreprises, toujours plus séduites. « Même si de plus en plus en ont entendu parler, tous nos clients ne connaissaient pas la Certification Voltaire. Mais nombre d’entre eux ont déjà été confrontés à des problèmes d’orthographe dans les textes publiés sur leurs sites web. Ils sont devenus très sensibles à la notion de qualité d’écriture », termine Élodie France.

Nous sommes extrêmement fiers chez Projet Voltaire de voir ainsi la Certification Voltaire vécue comme un engagement qualité par des professionnels de l’écriture. Et nous le sommes encore plus de nous apercevoir que les entreprises y sont sensibles. Alors, nous adressons à la fois un grand merci et un grand bravo à CMAPRESS.

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« il se détend » ou « il se détent » ?

Erreur couramment commise

Puisqu’on écrit « il finit », « il tient », « il sait », etc., avec un « t » final, on est tenté d’écrire « il défent » alors qu’il faut écrire « il défend ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

À la 3e personne du singulier (« il », « elle », « on ») de l’indicatif présent, les verbes dont l’infinitif se termine par « -endre », comme « détendre » ou « défendre », prennent un « d », et non un « t ».
« Il descend l’escalier s’il entend du bruit dans la cuisine. »

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Ce qui complique encore les choses et n’aide pas l’usager à s’amender, c’est que le « d » se prononce, en liaison, comme s’il s’agissait d’un « t » ! Voilà sans doute pourquoi, le verbe « tenter (de) » n’eût-il pas grand-chose à voir avec le verbe « tendre (à) », on voit souvent écrit : « L’atmosphère tente à devenir irrespirable ». Au lieu de « tend à », il va sans dire !

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Dans cette célèbre pièce, Roméo s’éprent de Juliette.
  2. Un Parisien sur deux prend les transports en commun régulièrement.
  3. Le pack comprent l’appareil et tous ses accessoires.
  4. Cette pièce, Barbe-Bleue défend à son épouse d’y entrer.
  5. À cause de la crise, la direction suspent le versement des primes.
  6. Le magasin ne reprent pas les articles déjà portés.
  7. Cet opérateur téléphonique prétent être moins cher que tous les autres.
  8. Le domaine mis en vente comprend des terres agricoles.
  9. La nouvelle machine reprent les fonctionnalités de la précédente.
  10. Généreux, il tend la main à son ennemi.

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Dans cette célèbre pièce, Roméo s’éprend de Juliette.
    L’infinitif correspondant à « s’éprent » est « s’éprendre ». Or, les verbes en « -endre » prennent un « d » à la 3epersonne du singulier. Il faut donc écrire « Roméo s’éprend ».
  2. Phrase correcte.
  3. Faux. Il faut écrire : Le pack comprend l’appareil et tous ses accessoires.
    Les verbes à l’infinitif en « -endre », comme « comprendre », prennent un « d » à la 3epersonne du singulier. Il faut donc écrire « le pack comprend », et non « le pack comprent ».
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : À cause de la crise, la direction suspend le versement des primes.
    L’infinitif correspondant à « suspent » est « suspendre ». Or, les verbes en « -endre » prennent un « d » à la 3epersonne du singulier. On écrit donc « la direction suspend ».
  6. Faux. Il faut écrire : Le magasin ne reprend pas les articles déjà portés.
    Les verbes à l’infinitif en « -endre », comme « reprendre », prennent un « d » à la 3epersonne du singulier. Il faut donc écrire « le magasin ne reprend pas », et non « le magasin ne reprent pas ».
  7. Faux. Il faut écrire : Cet opérateur téléphonique prétend être moins cher que tous les autres.
    L’infinitif correspondant à « prétent » est « prétendre ». Or, les verbes en « -endre » prennent un « d » à la 3epersonne du singulier. On écrit donc « cet opérateur téléphonique prétend ».
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : La nouvelle machine reprend les fonctionnalités de la précédente.
    « Reprent » est une forme du verbe « reprendre ». Or, les verbes en « -endre » prennent un « d » à la 3epersonne du singulier. On écrit donc « la nouvelle machine reprend ».
  10. Phrase correcte.

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire
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Les origines de ces fameuses expressions : « Une coupe sombre » et « une coupe claire »

Certaines expressions sont utilisées à contresens. C’est le cas d’une coupe sombre. Victime du terme sombre, l’expression a perdu sa signification première pour désigner actuellement une suppression drastique.

Empruntée à l’univers forestier, une coupe sombre est une méthode de gestion des arbres, et d’ensemencement. Au sein d’un massif ou d’une forêt, il s’agit de retirer ici et là quelques arbres pour que ceux qui restent puissent ensemencer la terre avec leurs graines. Le sous-bois est ainsi préservé. La coupe sombre permet également de maintenir suffisamment d’ombrage, tout en aérant légèrement la forêt.

A contrario, la coupe claire consiste à abattre l’intégralité des arbres d’une zone afin de permettre aux jeunes pousses de s’épanouir avec la lumière du soleil, sans subir l’ombre des arbres. Cette partie devient alors tout simplement une clairière.

Ainsi, lorsque l’on parle par exemple de la suppression d’un grand nombre d’emplois au sein d’une entreprise, il faudrait parler de coupe claire, c’est-à-dire d’une coupe sévère, draconienne.
Or, les connotations de l’adjectif sombre sont si négatives dans le langage courant que l’expression coupe claire n’est pas employée spontanément. Synonyme de quelque chose de terrible, de menaçant, d’inquiétant et d’une certaine fatalité, le terme sombre a contribué à modifier le sens de cette expression arboricole jusqu’à en perdre l’idée initiale.

Et vous, connaissez-vous d’autres expressions adoptées par le langage populaire et qui ont perdu leur sens originel ?

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« diagnostic » ou « diagnostique » ?

Erreur couramment commise

Il n’est pas rare de confondre le nom avec le verbe conjugué et d’écrire : « Je demande un deuxième diagnostique » au lieu de : « Je demande un deuxième diagnostic. »

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Veillez à ne pas écrire « diagnostic » pour « diagnostique (-s, -nt) » ou « pronostic » pour « pronostique (-s, -nt) ». Les premiers (« diagnostic » et « pronostic ») sont des noms, les seconds (« diagnostique (-s, -nt) » et  « pronostique (-s, -nt) ») sont des verbes conjugués.

Pour les distinguer, mettez le terme qui pose problème (« diagnostic », « pronostiquent », etc.) à l’imparfait : si la phrase reste juste, c’est qu’il s’agit du verbe. Sinon, il s’agit du nom, et il faut écrire « diagnostic » ou « pronostic ».

Le médecin examine la gorge du patient et diagnostique une angine. = Le médecin (…) diagnostiquait une angine.
mais
Cette société est experte en diagnostics immobiliers. ≠ Cette société est experte en diagnostiquait immobiliers.

Les experts pronostiquent une remontée des cours. = Les experts pronostiquaient une remontée des cours.
mais
Quels sont vos pronostics pour la course à venir ? ≠ Quels sont vos pronostiquait pour la course à venir ?

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

N’oublions pas que « diagnostique » et « pronostique » peuvent aussi être des adjectifs, quand bien même le fait relèverait du seul langage de la médecine. Il est rare en effet que le commun des mortels évoque des « signes diagnostiques » ou « pronostiques » !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Le diagnostic de l’électricien confirme mon intuition.
  2. Ce pessimiste pronostic régulièrement la fin du monde.
  3. Le cabinet d’audit diagnostique un manque dans la structure de l’entreprise.
  4. Le diagnostique du spécialiste rejoint celui de notre médecin de famille.
  5. Un technicien viendra établir un diagnostique de votre installation électrique.
  6. En 2012, pronostic ce journal, les taux d’intérêt remonteront.
  7. Selon les pronostiques, ce film devrait rapporter cinquante millions de dollars.
  8. L’informaticien diagnostique une carence en mémoire vive.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : Ce pessimiste pronostique régulièrement la fin du monde.
    « Ce pessimiste pronostiquait régulièrement la fin du monde » est correct. Il ne s’agit donc pas ici du nom « pronostic », mais du verbe : on écrit « ce pessimiste pronostique ».
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Le diagnostic du spécialiste rejoint celui de notre médecin de famille.
    Peut-on mettre « diagnostique » à l’imparfait ? Non : « Le diagnostiquait du spécialiste rejoint… » ne veut rien dire. Il ne s’agit donc pas ici du verbe, mais du nom : on écrit « diagnostic ».
  5. Faux. Il faut écrire : Un technicien viendra établir un diagnostic de votre installation électrique.
    Peut-on mettre « diagnostique » à l’imparfait ? Non : « Un technicien viendra établir un diagnostiquait… » ne veut rien dire. Il ne s’agit donc pas ici du verbe, mais du nom : on écrit « diagnostic ».
  6. Faux. Il faut écrire : En 2012, pronostique ce journal, les taux d’intérêt remonteront.
    Peut-on remplacer « pronostic » par « pronostiquait » ? Oui : « En 2012, pronostiquait ce journal, les taux d’intérêt… » est correct. On n’écrit donc pas ici « pronostic », mais « pronostique », car il s’agit du verbe.
  7. Faux. Il faut écrire : Selon les pronostics, ce film devrait rapporter cinquante millions de dollars.
    « Selon les pronostiquait, ce film devrait rapporter… » ne veut rien dire. C’est donc qu’on n’a pas affaire ici au verbe, mais au nom : on écrit « pronostics ».
  8. Phrase correcte.

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« un acceuil chaleureux » « un accueil chaleureux » ?

Erreur couramment commise

Il n’est pas rare de voir écrites dans le mauvais ordre les trois voyelles (e, u et i) qui se suivent dans les mots de la famille de « cueillir ». Alors, Brigitte « receuille »-t-elle les chatons abandonnés ou les « recueille »-t-elle ?

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Pour que l’orthographe rende compte de la prononciation, il est impératif que, dans « cueillir », « accueillir », « recueillir » et les noms correspondants (« accueil », « recueil », etc.), le « u » précède toujours le « e », et non l’inverse !

Rappelez-vous ceci : Une Erreur Impardonnable, et vous aurez l’ordre des voyelles « u », « e » et « i » dans les mots de la famille de « cueillir ».

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Là encore, une prononciation respectueuse de la graphie aurait dû nous mettre à l’abri d’une telle erreur. Un mot écrit « receuil » rimerait de toute évidence avec « seuil », un autre noté « acceuil » aurait un faux air d’« accès ». Un peu d’attention devrait donc suffire à éviter cette… erreur impardonnable !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Les clandestins sont hébergés dans un centre d’acceuil.
  2. Mes propositions ont reçu un acceuil favorable.
  3. Des conseillers receuillent par téléphone les avis des clients.
  4. Ce restaurant est réputé pour son accueil chaleureux.
  5. À sa descente de l’avion l’attendait un triste comité d’accueil : la police.
  6. Acceuillons comme il se doit notre partenaire japonais.
  7. Le président prononcera quelques mots d’accueil avant la conférence.
  8. Pour tout renseignement, adressez-vous à l’acceuil.
  9. Avec ce contrat, l’entrepreneur receuille enfin le fruit de son travail.
  10. Quel accueil le public réservera-t-il à cette nouvelle émission ?

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Les clandestins sont hébergés dans un centre d’accueil.
    Pour ordonner correctement les trois voyelles qui se suivent, rappelez-vous l’expression « Une Erreur Impardonnable », qui vous donne le bon ordre : « u », « e », « i ». Vous constaterez ainsi qu’on n’écrit pas « acceuil », mais « accueil ».
  2. Faux. Il faut écrire : Mes propositions ont reçu un accueil favorable.
    L’expression « Une Erreur Impardonnable » vous donne les trois voyelles qui se suivent dans le bon ordre : « u », « e », « i ». On n’écrit donc pas « acceuil », mais « accueil ».
  3. Faux. Il faut écrire : Des conseillers recueillent par téléphone les avis des clients.
    Si vous hésitez sur l’orthographe des mots de la famille de « accueil », l’expression « Une Erreur Impardonnable » vous donne les trois voyelles qui se suivent dans le bon ordre : n’écrivez donc pas « receuillent », mais « recueillent ».
  4. Phrase correcte.
  5. Phrase correcte.
  6. Faux. Il faut écrire : Accueillons comme il se doit notre partenaire japonais.
    Dans « acceuillons », les trois voyelles qui se suivent ne sont pas dans le bon ordre : « e », « u », « i ». Le bon ordre est celui des initiales de l’expression « Une Erreur Impardonnable » : « u », « e », « i ». Il faut écrire « accueillons ».
  7. Phrase correcte.
  8. Faux. Il faut écrire : Pour tout renseignement, adressez-vous à l’accueil.
    Pour les mots de la famille de « accueil », l’expression « Une Erreur Impardonnable » vous donne les trois voyelles qui se suivent dans le bon ordre : « u », « e », « i ». On n’écrit donc pas « acceuil », mais « accueil ».
  9. Faux. Il faut écrire : Avec ce contrat, l’entrepreneur recueille enfin le fruit de son travail.
    Dans « receuille », les trois voyelles qui se suivent ne sont pas dans le bon ordre. Pour écrire ce mot correctement, suivez l’ordre des initiales de l’expression « Une Erreur Impardonnable » et écrivez « recueille ».
  10. Phrase correcte.

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Les origines de ces fameuses expressions : « Dorer la pilule » et « Se dorer la pilule »

Il est des expressions dont le sens et le vocabulaire utilisé n’affichent pas de lien immédiat. Se dorer la pilule en est le parfait exemple.

Pour comprendre cette expression, il faut d’abord s’intéresser à une autre, arrivée la première : Dorer la pilule.
Depuis des siècles, la médecine a recours aux pilules pour soigner les malades. Afin de faciliter leur absorption, de limiter leur goût souvent horrible et d’éviter qu’elles ne collent entre elles, les apothicaires ont eu l’idée de les enrober.
Dès le XVIIe siècle, différentes méthodes étaient employées pour cet enrobage. L’une d’elle consistait à utiliser une fine couche de sucre. L’autre, à recouvrir la pilule d’une mince pellicule d’or.
C’est donc à cette époque que l’expression Dorer la pilule est apparue dans le langage courant pour désigner le fait d’enjoliver les choses, de leur donner une apparence trompeuse pour mieux faire avaler la pilule, au propre comme au figuré.
On peut par ailleurs évoquer l’ancienne signification du verbe dorer, utilisé dans le sens d’oindre, c’est à dire d’enduire.

Il aura fallu attendre le XXe siècle pour voir apparaître l’expression sous sa forme pronominale Se faire dorer la pilule. Utilisée lorsque l’on se fait des illusions, elle a finalement pris un autre sens depuis une vingtaine d’années, celui de se prélasser, de bronzer.
Pour certains, le lien entre les deux expressions n’est pas avéré. Se dorer la pilule dériverait simplement de Se dorer au soleil, la pilule symbolisant notre visage.

Que l’on « se dore au soleil » ou que l’on « dore la pilule » à quelqu’un, les deux permettent d’embellir les choses. Le printemps et les premiers rayons de soleil sont là. Nous vous souhaitons donc d’en profiter en vous dorant la pilule, afin de ne pas rester « blanc(he) comme un cachet d’aspirine ».

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« c’est » ou « s’est » ? « ce sont » ou « se sont » ?

Erreur couramment commise

Si vous confondez le pronom personnel « se » et le pronom démonstratif « ce », vous risquez d’écrire « n’y va pas, s’est un piège ! » au lieu de « n’y va pas, c’est un piège ! ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Si l’on peut remplacer le « ce/se » par « me » ou « te », il faut écrire « se » (ou « s’ »). Sinon, il faut écrire « ce » (ou « c’ »), qu’on peut souvent remplacer par « cela » :

Il s’est donné des objectifs. = Je me suis donné des objectifs, tu t’es donné des objectifs.

mais

C’est une occasion unique. = Cela est une occasion unique.

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Devant un nom pluriel, rappelons à tout hasard qu’en règle générale il vaut mieux user de « ce sont » plutôt que de « c’est », et réserver ce dernier au langage familier.

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Si l’on ne c’était pas défendu, on aurait tout perdu.
  2. Emballé par cette mission, il s’est jeté à corps perdu dans le travail.
  3. Claude s’est proposé pour animer le débat.
  4. Si s’était de son ressort, il changerait de stratégie commerciale.
  5. La réunion c’est déroulée sans incident.
  6. Grâce à cette méthode, son orthographe c’est améliorée.
  7. Les manifestants ce sont rassemblés devant l’hôtel Matignon.
  8. Ce sont nos valeurs que nous transmettons à travers notre produit.
  9. On c’est promis de se revoir après les vacances.
  10. Ce sont des compétences rares que vous possédez.

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Si l’on ne s’était pas défendu, on aurait tout perdu.
    Le « c’ » est ici remplaçable par « me » ou « te » : on pourrait aussi bien dire « si je ne m’étais pas défendu » ou « si tu ne t’étais pas défendu ». Il faut donc écrire « s’était » et non « c’était ».
  2. Phrase correcte.
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Si c’était de son ressort, il changerait de stratégie commerciale.
    Remplaçons « s’était » par « cela était » : « Si cela était de son ressort, il changerait… » La phrase est juste. Ce n’est donc pas « s’était » qu’il faut écrire, mais « c’était ».
  5. Faux. Il faut écrire : La réunion s’est déroulée sans incident.
    Si « c’ » est la bonne orthographe, on doit pouvoir le remplacer par « cela ». Or, « la réunion cela est déroulée sans incident » ne veut rien dire. On n’écrit donc pas « c’est », mais « s’est ».
  6. Faux. Il faut écrire : Grâce à cette méthode, son orthographe s’est améliorée.
    On peut dire « je me suis amélioré » ou « tu t’es amélioré », signe qu’il s’agit ici du pronom personnel « se » et non du démonstratif « ce ». Il faut donc écrire « s’est » et non « c’est ».
  7. Faux. Il faut écrire : Les manifestants se sont rassemblés devant l’hôtel Matignon.
    Si « ce » est la bonne orthographe, on doit pouvoir le remplacer par « cela ». Or, « les manifestants cela sont rassemblés devant l’hôtel Matignon » ne veut rien dire. On n’écrit donc pas « ce sont » mais « se sont ».
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : On s’est promis de se revoir après les vacances.
    On peut dire correctement « je me suis promis de » ou « tu t’es promis de ». On n’écrit donc pas « c’est » mais « s’est ».
  10. Phrase correcte.

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« à l’instar de »

Erreur couramment commise

Si vous êtes un homme, ne dites pas « à l’instar de ma mère, je suis un homme » mais « contrairement à ma mère, je suis un homme ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

« À l’instar de » ne signifie pas « contrairement à », comme on le croit parfois, mais « comme », « de la même façon que ». Dites donc :

 

À l’instar de la carotte, le céleri est un légume. = Comme la carotte, le céleri est un légume.

Mais ne dites pas : « À l’instar de la carotte, la pomme est un fruit », ce qui voudrait dire : « Comme la carotte, la pomme est un fruit. »

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Qui s’en fût douté ? Instar, dans la langue latine, désignait le poids que l’on place sur le plateau d’une balance pour assurer l’équilibre de cette dernière. On comprend sans peine que, de cette acception initiale, on soit passé rapidement à celle de « valeur égale », puis de « ressemblance » !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. À l’instar d’Anquetil, Bernard Hinault a remporté cinq fois le Tour de France.
  2. À l’instar d’Abraham Lincoln, Kennedy a été assassiné dans l’exercice de ses fonctions.
  3. À l’instar du boulanger, qui ne desserre jamais les dents, le boucher est plutôt loquace !
  4. À l’instar de son maître Don Quichotte, Sancho Pança était plutôt grassouillet.
  5. À l’instar de Brigitte Bardot, cette ancienne actrice a épousé la cause des animaux.
  6. À l’instar de ses devanciers à la Maison-Blanche, Barack Obama est un homme de couleur.
  7. À l’instar de son père, qui se levait toujours à l’aurore, il affectionne les grasses matinées.
  8. À l’instar du maréchal Pétain, le général de Gaulle décida de continuer la lutte.
  9. À l’instar d’Alphonse Daudet, cet original s’est mis dans la tête de vivre dans un moulin.
  10. À l’instar des Américains, les Chinois se verraient bien un jour prochain sur la Lune.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Phrase correcte.
  3. Faux. Il faut écrire : Au contraire du boulanger, qui ne desserre jamais les dents, le boucher est plutôt loquace !« À l’instar de », qui signifie « à l’image de », ne pouvait ici convenir, les comportements de l’un et de l’autre commerçant étant diamétralement opposés.
  4. Faux. Il faut écrire : Au contraire de son maître Don Quichotte, Sancho Pança était plutôt grassouillet.« À l’instar de » souligne une ressemblance, non une différence comme celle que l’on évoque ci-dessus !
  5. Phrase correcte.
  6. Faux : Il faut écrire : Au contraire de ses devanciers à la Maison-Blanche, Barack Obama est un homme de couleur.Si « à l’instar de » était pertinent, il faudrait en conclure que jamais un Blanc n’a occupé la Maison-Blanche !
  7. Faux. Il faut écrire : Au contraire de son père, qui se levait toujours à l’aurore, il affectionne les grasses matinées.« À l’instar de » ne peut s’employer que pour des comportements comparables, ce qui n’est pas le cas ici.
  8. Faux. Il faut écrire : Au contraire du maréchal Pétain, le général de Gaulle décida de continuer la lutte.Les deux personnalités évoquées sont suffisamment dissemblables pour que l’on ne puisse pas utiliser « à l’instar de », qui implique au contraire une similitude entre deux êtres ou deux choses.
  9. Phrase correcte.
  10. Phrase correcte.

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Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, cofondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire
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Les origines de ces fameuses expressions : « Faire long feu » et « Ne pas faire long feu »

Cela ne saute pas aux yeux, pourtant il ne s’agit pas d’une expression et de son contraire mais bien de deux expressions distinctes. N’en déplaise aux contradicteurs, l’une fait référence à une situation d’échec, l’autre à quelque chose de vif et de passager.

Faire long feu se dit d’un fait ou d’une circonstance qui traîne en longueur pour, au bout du compte, invariablement échouer. Cette expression remonte à l’époque des premières armes à feu, lorsque les canons et les fusils devaient être chargés avant chaque tir. Si la poudre était humide, s’éteignait ou mettait trop de temps à se consumer, les artilleurs rataient leur coup. On utilise ainsi Faire long feu lorsque l’on parle d’une action longue, qui conduit  à un échec.

L’expression Ne pas faire long feu, quant à elle, tire son origine d’un véritable brasier. Elle repose sur l’image d’un feu de paille : rapide, éphémère et implacable. On l’emploie pour désigner une situation qui ne dure pas.
Une autre explication renvoie à la mythologie grecque et à l’un de ses héros : Méléagre. L’existence de ce grand chasseur était étroitement liée au tison brûlant d’un foyer. Le mythe veut que lorsque le tison aurait entièrement brûlé, la vie serait ôtée à Méléagre. Le côté éphémère est ainsi de nouveau privilégié.

En définitive, Faire long feu se rapporte à un échec et Ne pas faire long feu à la brièveté d’une situation. Et vous, utilisiez-vous jusqu’à présent ces expressions à bon escient ?

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« du » ou « dû » ?

Erreur couramment commise

Si l’on écrit « le montant dû », on n’écrit pas « les sommes dûes », mais « les sommes dues ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

L’accent circonflexe sur « dû » s’impose lorsqu’il s’agit du verbe « devoir » (au participe passé). Attention, cet accent circonflexe disparaît au féminin et au pluriel (« due », « dus », « dues ») :

Sa voiture étant en panne, il a venir à pied.
Ce bonus lui est .

mais

 

Ces bonus lui sont dus.
L’infection est due à un parasite.

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Traditionnellement, l’accent circonflexe est de rigueur, au masculin singulier, pour les participes passés des verbes « devoir » (dû), « redevoir » (redû), « croître » (crû), « recroître » (recrû) et « mouvoir » (mû). Le premier, le troisième et le quatrième ont sauvé leurs têtes lors des Rectifications de 1990, les réformateurs reconnaissant leur utilité pour éviter une éventuelle confusion avec une forme homophone : le partitif « du », le participe (du verbe « croire ») « cru », l’adjectif « recru » (de fatigue). L’accent ne serait plus exigible, pour ces mêmes réformateurs, sur « mû » et « redû »… mais on ne saurait vous en vouloir si vous le maintenez !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Comment calculer les intérêts d’emprunt sur le montant restant du ?
  2. D’après le contrat de travail, cette prime est dûe au salarié.
  3. Les études de marché ont dû influencer leur politique commerciale.
  4. Le responsable des achats a du trouver un nouveau fournisseur.
  5. À quoi ces malfaçons sont-elles dûes ?
  6. Il aurait du répondre immédiatement au lieu d’attendre.
  7. Comme tout invité, il a dû présenter une pièce d’identité à l’accueil.
  8. La baisse du chômage est due à un marché du travail en grande forme.
  9. Nombre de licenciements sont dûs à la crise.
  10. La réunion a dû être reprogrammée.

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Comment calculer les intérêts d’emprunt sur le montant restant  ?
    On a affaire ici au participe passé du verbe « devoir », et on écrit « dû ».
  2. Faux. Il faut écrire : D’après le contrat de travail, cette prime est due au salarié.
    « Devoir » est ici conjugué avec l’auxiliaire « être » : on accorde le participe passé avec le sujet « cette prime », féminin singulier, et on écrit « due », le participe passé de « devoir » ne prenant d’accent circonflexe qu’au masculin singulier.
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Le responsable des achats a trouver un nouveau fournisseur.
    On a affaire ici au participe passé du verbe « devoir », et on écrit « dû ».
  5. Faux. Il faut écrire : À quoi ces malfaçons sont-elles dues ?
    Le participe passé de « devoir » ne prend d’accent circonflexe qu’au masculin singulier : on n’écrit donc pas « sont-elles dûes » mais « sont-elles dues ».
  6. Faux. Il faut écrire : Il aurait répondre immédiatement au lieu d’attendre.
    On a affaire ici au participe passé du verbe « devoir » : il faut écrire « dû », et non « du ».
  7. Phrase correcte.
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : Nombre de licenciements sont dus à la crise.
    On a affaire ici au participe passé du verbe « devoir », employé avec l’auxiliaire « être » : on l’accorde avec le sujet « nombre de licenciements », masculin pluriel, et on écrit « dus ». L’accent circonflexe, en effet, ne s’impose qu’au masculin singulier.
  10. Phrase correcte.

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Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
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