« je le savais » ou « je le savait » ?

Erreur couramment commise

Parce qu’on entend la même chose aux trois personnes du singulier (« je », « tu », « il »), on a tendance à garder la même terminaison dans tous les cas : « je savait », « tu savait », « il savait » au lieu de « je savais », « tu savais », « il savait ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Parmi les trois personnes du singulier, seule la 3e (« il », « elle », « on », « ça »…) prend un « t » à l’imparfait, contrairement aux deux premières (« je » et « tu ») qui prennent un « s ».

N.B. Il en va de même pour les trois personnes du singulier au conditionnel présent : « je saurais », « tu saurais », « il saurait ».

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

L’erreur ci-dessus décrite résulte pour l’essentiel de ce que l’on pourrait appeler un « accord de proximité ». Le pronom le plus proche du verbe étant ici « le », c’est à la désinence de la 3e personne que l’on a tendance à recourir, au mépris de toute logique grammaticale. En effet ce « le » n’est nullement sujet, mais complément d’objet direct dudit verbe !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Espérait-tu vraiment obtenir ce poste ?
  2. Qu’attendais-tu exactement de ce produit ?
  3. Si je ne craignait pas sa réaction, je lui présenterais mes idées.
  4. J’ai été embauché dans cette entreprise quand j’avais vingt ans.
  5. Les personnes que je formait venaient toutes de l’étranger.
  6. Si tu étais à ma place, quel secteur favoriserais-tu ?
  7. Quand tes résultats étaient médiocres, tu n’obtenait pas de prime.
  8. Prudent, tu communiquais tous les dossiers sensibles à ton supérieur.
  9. Si tu t’estimait mal payé, pourquoi ne le disais-tu pas ?
  10. Pourrait-tu déplacer les cartons entassés dans le hall ?

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Espérais-tu vraiment obtenir ce poste ?
    À quelle personne « espérer » est-il conjugué ? À la 2e personne du singulier (« tu »). On écrit donc « espérais » avec un « s », et non avec un « t ».
  2. Phrase correcte.
  3. Faux. Il faut écrire : Si je ne craignais pas sa réaction, je lui présenterais mes idées.
    Quel est le sujet de « craindre » ? « Je », 1re personne du singulier : la terminaison est donc « s » et non « t » : « Si je ne craignais… »
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : Les personnes que je formais venaient toutes de l’étranger.
    Le sujet de « formait » est « je », 1re personne du singulier : écrire « je formait » est donc faux. La terminaison correcte est « s ».
  6. Phrase correcte.
  7. Faux. Il faut écrire : Quand tes résultats étaient médiocres, tu n’obtenais pas de prime.
    Le sujet de « obtenait » est « tu », 2e personne du singulier : on écrit « obtenais » avec un « s », et non avec un « t ».
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : Si tu t’estimais mal payé, pourquoi ne le disais-tu pas ?
    Le sujet de « estimait » est « tu », 2e personne du singulier : on écrit « estimais » avec un « s », et non avec un « t ».
  10. Faux. Il faut écrire : Pourrais-tu déplacer les cartons entassés dans le hall ?
    « Pouvoir » est conjugué ici à la 2e personne du singulier, « tu » : on écrit « pourrais » avec un « s », et non avec un « t ».

 

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, co-fondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire
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L’écriture SMS est-elle réellement un danger pour l’orthographe ?

Souvent pointé du doigt et décrié, le langage SMS apparaît pour certains comme le responsable du déclin de l’orthographe. Danièle Manesse, professeure de sciences du langage à la Sorbonne, tente de relativiser cette diabolisation au sein de son ouvrage « Orthographe : à qui la faute ? ».

Pour la majorité des utilisateurs, le SMS – également appelé texto – constitue principalement un moyen rapide, ludique et amusant de communiquer avec ses proches. En utilisant des procédés littéraires comme le rébus, le phonème (utilisation phonétique d’une lettre) ou encore les abréviations, l’auteur du texto prend plaisir à créer son propre langage et à jouer avec les mots. L’écriture SMS peut également servir de moyen de prises de notes, se faisant ainsi, en plus du descendant du télégramme, la sténo du XXIe siècle.

D’après Danièle Manesse, dans un entretien accordé au Figaro en 2008, les utilisateurs de SMS sont conscients d’employer un autre type de langage. La professeure constate bien que le niveau d’orthographe est beaucoup plus faible aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Cependant, selon elle, ce constat ne résulte pas de l’arrivée du SMS mais plutôt de l’arrêt de la dictée dans certaines écoles primaires, du peu de lecture effectuée et des programmes scolaires multidisciplinaires trop remplis.

On ne peut pas nier l’apparition de nouvelles fautes liées à l’écriture SMS, notamment dans les copies. Mais, selon Danièle Manesse, ce type de fautes serait davantage lié à un manque d’attention de l’élève qu’à une réelle confusion entre les deux langages : SMS et français. Le débat est donc ouvert : est-ce que la majorité des personnes concernées maîtrise les deux langages et est capable de passer facilement de l’un à l’autre dans des contextes appropriés ? La proximité évidente entre le langage SMS et le français n’est-elle pas de nature à créer des confusions profondes ?

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« connection » ou « connexion » ?

Erreur couramment commise

Influencé par le terme anglais, on est tenté d’écrire « connection » au lieu de « connexion ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Attention ! « Connexion » s’écrit avec un « x », bien qu’il soit de la même famille que « déconnecter » et « connectique ».
Retenez que la « connexion » est un croisement d’informations et songez au panneau routier indiquant un croisement : il représente précisément le « x » de « connexion ».

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

À présent que l’on a rappelé la norme, on peut à bon droit se demander si, pour tailler des croupières à ce que l’on a pris pour un anglicisme, on n’a pas, sur ce point précis, fait bon marché de la cohérence. Écrit-on « infexion », « injexion », « inspexion » ? Ces trois substantifs ont pourtant bien été formés, comme « connexion » et « déconnexion », sur des verbes en « -ter » !

 

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Ces situations qui nous poussent à améliorer notre orthographe

De nombreuses personnes s’interrogent encore sur l’utilité de l’orthographe. Dans une ère où les SMS, les réseaux sociaux, les abréviations et les sigles sont rois, certaines situations peuvent pourtant nous pousser à nous remettre en question, à nous adapter et à vouloir nous améliorer.

Avoir des difficultés ou des lacunes en orthographe n’est pas une fatalité. Y faire attention est avant tout une question de déclic. Les raisons peuvent être multiples : le besoin de se faire respecter, d’appuyer ses compétences, sa légitimité, de se faire accepter dans un groupe ou encore d’avoir une meilleure estime de soi.

Le déclic peut se produire à n’importe quel moment.

L’exemple de Jean-Marc, père de Christophe, un jeune adolescent, est à la fois surprenant et parlant.
Passionné du jeu vidéo multijoueur World of Warcraft (WoW), Jean-Marc a intégré son fils dans sa guilde – à savoir son équipe de joueurs –, composée uniquement d’adultes. Vous pouvez découvrir son histoire dans cet article paru au sein du magazine en ligne Slate.

Le jeu de stratégie WoW permet, entre autres, aux différents membres de communiquer par messages instantanés. Comprenant rapidement que son langage d’ado n’était en rien compréhensible par ses coéquipiers, Christophe a souhaité pouvoir dialoguer et surtout se faire accepter. L’adolescent a alors, de lui-même, fourni de gros efforts de rédaction et d’orthographe. Grâce à son implication et au déclic qu’il a connu, son niveau a sensiblement progressé… tant en orthographe que sur le jeu lui-même.

Attention : nous ne sommes pas en train d’essayer de faire croire que WoW est une solution miracle pour améliorer son orthographe. Nous souhaitons seulement souligner que des prises de conscience sur l’importance de l’orthographe peuvent apparaître dans des situations inattendues. Alors, restez attentifs !

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« dans » ou « d’en » ?

Erreur couramment commise

« Dans » et « d’en » sont homophones (ils se prononcent de la même façon). N’allez pourtant pas écrire « il est nécessaire dans commander deux douzaines » pour « il est nécessaire d’en commander deux douzaines » !

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Un verbe à l’infinitif suit ? Il faut écrire « d’en », contraction de « de en ».

C’est un sujet sensible : évitez d’en parler. a « en » reprend « un sujet sensible ». On pourrait aussi bien dire : Évitez de parler de ce sujet sensible.

Dans la quasi-totalité des autres cas, il s’agit de la préposition « dans », qui introduit une indication de temps, de lieu, de manière, etc. :

Le président prendra la parole dans cinq minutes.

Des micros ont été placés dans la salle de réunion.

On a toujours agi dans le respect du droit.

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

La « France d’en bas » de notre ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin est pourtant là pour nous rappeler que « d’en » peut quelquefois n’être pas suivi d’un verbe. Dans ce cas on n’a plus affaire au pronom mais à la préposition, laquelle constitue avec le mot qui suit une locution adverbiale (« d’en haut », « d’en face », etc.).

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. N’oubliez pas d’en noter les références.
  2. Voici les textes, à vous dans faire une synthèse.
  3. Cela vous plairait-il dans recevoir un échantillon ?
  4. Mon maître de stage a revu mon rapport dans les moindres détails.
  5. Voici notre nouvelle crème : accepteriez-vous dans tester l’efficacité ?
  6. C’est ma faute, à moi d’en assumer les conséquences.
  7. On trouve notre gamme bio d’en tous les supermarchés.
  8. Pour sauver l’usine, il est nécessaire dans diversifier la production.
  9. Des cadeaux, l’enfant est certain d’en recevoir pour Noël.
  10. Ce représentant en aspirateurs se fait fort dans vendre deux par jour.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : Voici les textes, à vous d’en faire une synthèse.
    « Dans » est suivi de « faire », verbe à l’infinitif. On n’écrit donc pas « dans » mais « d’en ».
  3. Faux. Il faut écrire : Cela vous plairait-il d’en recevoir un échantillon ?
    Quel mot est placé après « dans » ? « Recevoir », qui est un verbe à l’infinitif : on n’écrit donc pas « dans » mais « d’en ».
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : Voici notre nouvelle crème : accepteriez-vous d’en tester l’efficacité ?
    Quel mot est placé après « dans » ? « Tester », qui est un verbe à l’infinitif : on n’écrit donc pas « dans » mais « d’en ».
  6. Phrase correcte.
  7. Faux. Il faut écrire : On trouve notre gamme bio dans tous les supermarchés.
    « D’en » est ici suivi d’une indication de lieu. On peut poser la question : « Où trouve-t-on notre gamme bio ? » et obtenir la réponse suivante : « dans tous les supermarchés ». On n’écrit donc pas « d’en » mais « dans ».
  8. Faux. Il faut écrire : Pour sauver l’usine, il est nécessaire d’en diversifier la production.
    Quel mot est placé après « dans » ? « Diversifier », qui est un verbe à l’infinitif : on n’écrit donc pas « dans » mais « d’en ».
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : Ce représentant en aspirateurs se fait fort d’en vendre deux par jour.
    « Dans » est suivi de « vendre », verbe à l’infinitif. On n’écrit donc pas « dans » mais « d’en ».

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« vous parler » ou « vous parlez » ?

Erreur couramment commise

Quand « vous » est placé juste avant un infinitif du 1er groupe, on a spontanément envie d’accorder le verbe avec lui : « Il aime vous écoutez chanter » au lieu de « Il aime vous écouter chanter ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Si vous hésitez entre « -er » et « -ez » pour un verbe qui suit « vous », remplacez ce verbe par « finir », « prendre » ou tout autre infinitif qui ne soit pas du 1er groupe. Si la phrase reste correcte, c’est qu’il s’agit d’un infinitif en « -er » :

Il faut vous dépêcher. = Il faut vous reprendre.

Sinon, écrivez « -ez », marque de la 2e personne du pluriel (= vous).

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

On aura compris du même coup que le pronom personnel « vous » ne peut entraîner la désinence de la 2e personne du pluriel que pour un verbe dont il est effectivement le sujet : c’est de toute évidence le cas dans « vous parlez », alors qu’il n’en est rien dans « je voudrais vous parler » !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Acceptez-vous de vous charger de ce dossier ?
  2. On resterait des heures à vous écoutez.
  3. À qui souhaitez-vous parler ?
  4. Nous nous engageons à vous livrez la marchandise dans la matinée.
  5. On ne vous a rien dit pour vous ménagez.
  6. Pour cela, il faut vous adressez directement au chef de produit.
  7. Laissez-moi vous exposez mon point de vue.
  8. Je vous demande de vous rassembler dans la cour.
  9. Avez-vous l’habitude de vous exprimez en public ?
  10. Notre hôtesse est là pour vous renseigner.

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : On resterait des heures à vous écouter.
    Remplaçons le verbe qui suit « vous » par l’infinitif « entendre » : « On resterait des heures à vous entendre. » La phrase est correcte : il s’agit donc de l’infinitif, et on écrit « écouter » et non « écoutez ».
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Nous nous engageons à vous livrer la marchandise dans la matinée.
    « Nous nous engageons à vous fournir la marchandise… » est juste. Le remplacement de « livrez » par l’infinitif « fournir » est possible, signe qu’on a affaire ici à l’infinitif « livrer ».
  5. Faux. Il faut écrire : On ne vous a rien dit pour vous ménager.
    Le remplacement de « ménagez » par l’infinitif « plaire » est-il possible ? Oui : « On ne vous a rien dit pour vous plaire. » On a donc affaire à l’infinitif « ménager », et non à « ménagez ».
  6. Faux. Il faut écrire : Pour cela, il faut vous adresser directement au chef de produit.
    Le remplacement de « adressez » par l’infinitif « reprendre » est-il possible ? Oui : « Pour cela, il faut vous reprendre… » On a donc affaire à l’infinitif « adresser », et non à « adressez ».
  7. Faux. Il faut écrire : Laissez-moi vous exposer mon point de vue.
    Peut-on remplacer « exposez » par l’infinitif « dire » ? Oui : « Laissez-moi vous dire… » On a donc affaire à l’infinitif « exposer », et non à « exposez ».
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : Avez-vous l’habitude de vous exprimer en public ?
    Peut-on remplacer « exprimez » par l’infinitif « faire » ? Oui : « Avez-vous l’habitude de vous faire… » On a donc affaire à l’infinitif « exprimer », et non à « exprimez ».
  10. Phrase correcte.

 

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« caféine » ou « caféïne » ?

Erreur couramment commise

Le stylo tremblant entre vos doigts parce que vous aviez absorbé trop de caféine, vous avez mis deux points sur le « i » de ce dernier mot au lieu d’un seul. Sinon, jamais vous n’auriez commis cette erreur !

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Impossible de se tromper : quoi que l’on en pense souvent, on ne met jamais de tréma sur un « i » qui suit un « é ».

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Rappelons ici que le tréma a pour mission d’indiquer que l’on n’a pas affaire à un digramme, c’est-à-dire à un groupe de deux lettres représentant un seul son : « coin » mais « cncidence », « guigne » mais « ambigté ». Précaution ô combien inutile sur le « i » du groupe « éi » : on ne voit pas nettement, pour tout dire, quelle autre prononciation l’on pourrait proposer dudit groupe !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Les formations onomatopéïques ne sont pas rares dans la langue.
  2. Gardons-nous de verser trop facilement dans le passéïsme !
  3. Il aura été toute sa vie un velléitaire, incapable de prendre une décision.
  4. Rien de tel que la caféine pour lutter contre l’endormissement !
  5. L’exiguité de ses bureaux devenait un handicap pour l’entreprise.
  6. Cette toux agaçante était provoquée par une trachéite tenace.
  7. Avec le recul, ce contrat n’était pas exempt d’ambiguïtés…
  8. Le ministre de l’Éducation nationale a décidé de s’attaquer à l’absentéïsme.
  9. En voulant débarrasser le plateau, je n’ai réussi qu’à casser la théière.
  10. Cette boisson gazéïfiée est particulièrement désaltérante.

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Les formations onomatopéiques ne sont pas rares dans la langue.
    On ne met jamais de tréma sur un « i » quand il suit un « é ».
  2. Faux. Il faut écrire : Gardons-nous de verser trop facilement dans le passéisme !
    Le « i » qui fait suite à un « é » n’est jamais coiffé d’un tréma.
  3. Phrase correcte.
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : L’exiguïté de ses bureaux devenait un handicap pour l’entreprise.
    Le tréma est nécessaire ici pour que le « u » se prononce : il ne s’agit pas d’un groupe « -éi- » !
  6. Phrase correcte.
  7. Phrase correcte.
  8. Faux. Il faut écrire : Le ministre de l’Éducation nationale a décidé de s’attaquer à l’absentéisme.
    Le « i » suit ici un « é » : il ne faut jamais le gratifier d’un tréma dans ce cas.
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : Cette boisson gazéifiée est particulièrement désaltérante.
    Pas de tréma sur le « i » qui succède à un « é » !

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« ça », « çà » ou « sa » ?

Erreur couramment commise

On voit souvent « çà » écrit pour « ça » (« c’est comme çà » pour « c’est comme ça »), or « çà » ne se rencontre guère que dans la locution figée « çà et là ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Vous pouvez remplacer ce mot par « cela » ? C’est alors le pronom démonstratif « ça », qui ne prend jamais d’accent.

Ça reste à prouver. = Cela reste à prouver.

L’accent grave, lui, ne se rencontre quasiment que dans « çà et là ».

Dans les autres cas, il s’agit de l’adjectif possessif « sa », lequel n’est jamais suivi d’un signe de ponctuation.

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Pour être complet, il faudrait encore mentionner l’existence d’une interjection qui fit les beaux jours de nos écrivains classiques, et dont certains de nos dictionnaires ont conservé le souvenir, quand elle ne serait plus utilisée qu’exceptionnellement. Comme le « çà » de la locution « çà et là », elle s’écrivait avec un accent grave et traduisait aussi bien l’encouragement que l’impatience : « Ah çà ! allez-vous répondre ? » Pour exprimer l’étonnement, elle est aujourd’hui concurrencée, dans la langue familière, par la forme sans accent : « Çà, par exemple ! » ou « Ça, par exemple ! »

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. La politesse, garde ça en tête quand tu t’adresses au client.
  2. Il ne faut jamais mélanger çà avec de l’acide sulfurique.
  3. Notre magasin ne vend pas çà.
  4. L’étagère est fournie avec sa notice de montage.
  5. La comptabilité, je laisse çà aux experts.
  6. Le cahier des charges comprenait-il ça ?
  7. Est-ce que çà vous convient ?
  8. Volkswagen présentera au Salon de l’auto sa nouvelle gamme de citadines.
  9. Je ne renoncerai pas comme çà !
  10. À qui sont les papiers éparpillés ça et là sur le bureau ?

Réponses

  1. Phrase correcte.
  2. Faux. Il faut écrire : Il ne faut jamais mélanger ça avec de l’acide sulfurique.
    « Çà » est remplaçable par « cela » : « Il ne faut jamais mélanger cela avec de l’acide sulfurique. » Il faut donc écrire « ça », sans accent.
  3. Faux. Il faut écrire : Notre magasin ne vend pas ça.
    Remplaçons « çà » par « cela » : « Notre magasin ne vend pas cela. » La phrase est juste : on écrit donc « ça » et non « çà ».
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : La comptabilité, je laisse ça aux experts.
    Le remplacement par « cela » est possible : « La comptabilité, je laisse cela aux experts », signe qu’il faut écrire « ça » et non « çà ».
  6. Phrase correcte.
  7. Faux. Il faut écrire : Est-ce que ça vous convient ?
    Le remplacement par « cela » est possible : « Est-ce que cela vous convient ? », signe qu’il faut écrire « ça » et non « çà ».
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : Je ne renoncerai pas comme ça !
    Le remplacement par « cela » est possible : « Je ne renoncerai pas comme cela ! », signe qu’il faut écrire « ça » et non « çà ».
  10. Faux. Il faut écrire : À qui sont les papiers éparpillés çà et là sur le bureau ?
    Remplaçons « çà » par « cela » : « À qui sont les papiers éparpillés cela et là sur le bureau ? » Cela ne veut rien dire. Il s’agit ici de la locution « çà et là », dans laquelle « çà » s’écrit toujours avec un accent.

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« va » ou « vas » ?

Erreur couramment commise

Conjugué à la 2e personne du singulier, le verbe « aller » se prononce de la même façon à l’indicatif présent et à l’impératif présent. Comment s’étonner dès lors qu’on trouve écrit « vas t’excuser » pour « va t’excuser » ?

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

À l’impératif, « va » ne prend un « s » que dans « vas-y ». Il faut donc s’assurer que le verbe est à l’impératif, mode qui se reconnaît au fait que le sujet n’est pas exprimé : par conséquent, s’il n’y a de « tu » ni devant ni derrière le verbe, on écrit « va » :

Ne va pas t’imaginer que ce sera facile.
Va chez le médecin dès que possible.

mais

Tu vas droit au but.
Comment vas-tu ?

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

S’il n’y a de « tu » ni devant ni derrière le verbe, on écrit « va », précise la règle ci-dessus… À condition, il… va sans dire, que l’on se trouve dans une seule et même partie de phrase ! Une simple virgule viendrait changer la donne et ne nous interdirait pas d’écrire, bien entendu : « Va, tu verras bien ce qu’il en est ! »

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Vas lui parler avant que la situation ne s’envenime.
  2. Ne va pas croire ce qu’on raconte sur moi.
  3. Va aux archives chercher le rapport d’activité de 1992.
  4. Ne vas pas frapper à la porte du directeur s’il est en rendez-vous.
  5. Vas porter les échantillons au laboratoire.
  6. Vas leur proposer de déjeuner avec toi.
  7. Quand les invités arriveront, vas dans ta chambre.
  8. Pour te changer les idées, va au cinéma.
  9. Ne vas pas croire que le combat est terminé : ce n’est que le début !
  10. Je ne suis pas disponible, vas-y seul.

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : Va lui parler avant que la situation ne s’envenime.
    Y a-t-il un « tu » devant ou derrière « vas » ? Non. Il s’agit donc de l’impératif, et on écrit « va ».
  2. Phrase correcte.
  3. Phrase correcte.
  4. Faux. Il faut écrire : Ne va pas frapper à la porte du directeur s’il est en rendez-vous.
    Y a-t-il un « tu » devant ou derrière « vas » ? Non. Il ne s’agit donc pas de l’indicatif présent (« tu vas »), mais de l’impératif : on écrit « va ».
  5. Faux. Il faut écrire : Va porter les échantillons au laboratoire.
    Y a-t-il un « tu » devant ou derrière « vas » ? Non. Il s’agit donc de l’impératif, et on écrit « va ».
  6. Faux. Il faut écrire : Va leur proposer de déjeuner avec toi.
    Y a-t-il un « tu » devant ou derrière « vas » ? Non. Il s’agit donc de l’impératif, et on écrit « va ».
  7. Faux. Il faut écrire : Quand les invités arriveront, va dans ta chambre.
    Y a-t-il un « tu » devant ou derrière « vas » ? Non. Il s’agit donc de l’impératif, et on écrit « va ».
  8. Phrase correcte.
  9. Faux. Il faut écrire : Ne va pas croire que le combat est terminé : ce n’est que le début !
    Y a-t-il un « tu » devant ou derrière « vas » ? Non. Il s’agit donc de l’impératif, et on écrit « va ».
  10. Phrase correcte.

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Auteurs :
Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes
Agnès Colomb, auteur-adaptateur, correctrice professionnelle
Pascal Hostachy, co-fondateur du Projet Voltaire et de la Certification Voltaire
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« si il fait beau » ou « s’il fait beau » ?

Erreur couramment commise

De plus en plus souvent, on entend (et on voit écrit) « si ils venaient, je serais heureux » au lieu de « s’ils venaient, je serais heureux ».

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Règle (comment ne plus commettre cette erreur)

Devant le pronom « il(s) », le « i » de « si » disparaît et est remplacé par une apostrophe. On écrira donc toujours  « s’il(s) » :

Demandez-leur s’ils sont d’accord.
Le client peut, s’il le souhaite, prendre le petit déjeuner dans sa chambre.

Avis de l’expert – Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe, professeur agrégé de lettres modernes

Les Français n’ont pas hérité du tempérament présumé frondeur de leurs ancêtres gaulois pour rien. Alors qu’ils sont prompts à recourir à l’élision là où la grammaire l’interdit, de façon parfois arbitraire d’ailleurs (« lorsqu’à », « puisqu’à », « presqu’en », etc.), ils répugnent à le faire dans ce cas précis, où pour une fois elle est obligatoire !

 

Exercices (cherchez les erreurs)

  1. Si ils sont nombreux, il faudra louer une salle plus grande.
  2. On se demande si il fera l’affaire.
  3. Je ne peux pas manger ce biscuit s’il contient des amandes.
  4. Un CV, s’il comporte trop de fautes, part à la poubelle.
  5. Jetez ces légumes si ils sont pourris.
  6. S’il obtient un score honorable au test, il le mentionnera sur son CV.
  7. Qui sait si il ne se désistera pas à la dernière minute ?
  8. Si il ne parle pas chinois, il n’obtiendra pas le poste.
  9. Je me demande s’il est encore temps de changer d’orientation.
  10. Qu’arrivera-t-il si il ne rend pas le dossier à temps ?

Réponses

  1. Faux. Il faut écrire : S’ils sont nombreux, il faudra louer une salle plus grande.
    Devant « ils », le « i » de « si » est obligatoirement remplacé par une apostrophe : il faut donc écrire « s’ils sont nombreux » et non « si ils sont nombreux ».
  2. Faux. Il faut écrire : On se demande s’il fera l’affaire.
    Devant « il », le « i » de « si » est obligatoirement remplacé par une apostrophe : il faut donc écrire « s’il fera l’affaire » et non « si il fera l’affaire ».
  3. Phrase correcte.
  4. Phrase correcte.
  5. Faux. Il faut écrire : Jetez ces légumes s’ils sont pourris.
    Devant « ils », le « i » de « si » est obligatoirement remplacé par une apostrophe : il faut donc écrire « s’ils sont pourris » et non « si ils sont pourris ».
  6. Phrase correcte.
  7. Faux. Il faut écrire : Qui sait s’il ne se désistera pas à la dernière minute ?
    Devant « il », le « i » de « si » est obligatoirement remplacé par une apostrophe : il faut donc écrire « s’il ne se désistera pas » et non « si il ne se désistera pas ».
  8. Faux. Il faut écrire : S’il ne parle pas chinois, il n’obtiendra pas le poste.
    Devant « il », le « i » de « si » est obligatoirement remplacé par une apostrophe : il faut donc écrire « s’il ne parle pas chinois » et non « si il ne parle pas chinois ».
  9. Phrase correcte.
  10. Faux. Il faut écrire : Qu’arrivera-t-il s’il ne rend pas le dossier à temps ?
    Devant « il », le « i » de « si » est obligatoirement remplacé par une apostrophe : il faut écrire « s’il ne rend pas » et non « si il ne rend pas ».

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