L’origine de ces fameuses expressions : « On n’est pas sorti de l’auberge »


On n'est pas sorti de l'aubergeAu sens littéral, « ne pas être sorti de l’auberge » signifierait que l’on est bien attablé et que l’on prend son temps pour finir un bon repas. Pourtant cette formule est uniquement utilisée dans le sens négatif, qualifiant une situation compliquée et difficile à résoudre. Mais alors d’où vient cette expression ?

Il existe deux interprétations possibles. La première explique qu’en argot le mot « auberge » désigne ironiquement la prison. En effet, on y reçoit le gîte et le couvert même si l’on n’en sort pas quand bon nous semble.

Une autre interprétation trouverait son origine en Ardèche dans une affaire criminelle du début du XIXe siècle : celle dite de l’Auberge rouge. Il s’agit de l’auberge de Peyrebeille, dont le couple propriétaire – Pierre et Marie Martin – fut accusé de sordides histoires de meurtres et viols.

Tout commence en 1831, quand un riche cultivateur est découvert mort sur les bords de l’Allier après avoir passé la soirée dans cette auberge. Le couple, qui se serait soudainement enrichi, est alors accusé et un mendiant dit avoir été témoin de l’assassinat. Un procès est ouvert, où défilent une centaine de témoins, qui relaient toutes sortes d’histoires sur le couple. Ils auraient vu ou entendu parler de repas préparés à base de restes humains, de mains flottant dans des marmites, de draps ensanglantés…

Ainsi le couple et leur domestique se trouvent suspectés d’une cinquantaine de meurtres non élucidés dans la région. Le seul assassinat du cultivateur leur vaut la peine de mort et ils se retrouvent tous les trois guillotinés dans la cour de leur auberge, devant 3 000 personnes venues assister à l’événement.

Cette affaire, qui tient autant du fait divers que de la légende, a inspiré de nombreux auteurs, comme Balzac. Mais elle a surtout laissé dans le temps une expression, dont on préfèrerait finalement ne pas connaître l’origine tant elle fait froid dans le dos.


4 réponses à L’origine de ces fameuses expressions : « On n’est pas sorti de l’auberge »

  1. LUC280 dit :

    On n’est pas dans la merde !

    Question : pourquoi dit-on « On n’est pas dans la merde » plutôt que « On est dans la merde » ?
    « On n’est pas sorti de l’auberge » ne serait-elle pas aussi une antiphrase ?

    • Sandrine dit :

      Très bonne question ! À mon sens, « On n’est pas sorti de l’auberge » (comme « On n’est pas couché »), relève plutôt de la litote qui emploie la négation (cf. le fameux : « Va, je ne te hais point »). L’antiphrase est généralement affirmative. Exemple : « C’est malin ! » envers quelqu’un qui a fait une bêtise. Néanmoins, ces deux figures de style ont un point commun : elles reposent sur l’ironie, que l’on comprend grâce au contexte et à l’intonation. Bonne journée ! 🙂

  2. Chambaron dit :

    Le « Dictionnaire de l’argot français et de ses origines » (Larousse – 1999) ne fait pas mention de l’acception de prison.
    Aucune origine clairement trouvée. Je penche personnellement pour une interprétation selon laquelle les auberges, souvent isolées et mal famées, étaient des lieux d’embrouille et de complications, dont on ne se tirait pas toujours facilement. L’Auberge rouge (que je connais de mon enfance, étant originaire d’un village à 10 km), n’est qu’une des manifestations, extrême, de cette ambiance souvent trouble.

  3. Robert Leclair dit :

    Une bonne soupe repos… »repas »…

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