L’origine de ces fameuses expressions : « Prendre des vessies pour des lanternes »


Prendre des vessies pour des lanternesVoilà une drôle d’expression pour indiquer que l’on se fait des illusions ! Afin de comprendre son origine, il nous faut revenir au XIIIe siècle, époque où l’on utilisait la locution « vendre vessie pour lanterne ».

La légende raconte qu’autrefois les vessies de porc ou de bœuf étaient séchées pour servir de récipients. Elles pouvaient même être utilisées comme lanternes, grâce à la finesse de leur paroi qui laissait passer la lumière d’une bougie.

Il aurait alors été facile de faire croire à une personne candide que ces vessies étaient de vraies lanternes. Certains indiquent que la confusion n’était pas tant sur les objets que sur leur valeur, et que les marchands pouvaient user de la crédulité de certains acheteurs pour leur vendre des vessies.

D’autres sources rappellent que, dans l’expression « vendre vessie pour lanterne », le mot lanterne signifierait des « absurdités », des « balivernes ». La vessie ferait alors référence à l’air ou au vent. Selon le sens de ces mots, cela voudrait donc dire « vendre du vent ».

Quelle que soit la bonne explication, nous pouvons constater que, même au XIIIe siècle, il était d’usage de chercher à prendre son prochain pour un pigeon.


5 réponses à L’origine de ces fameuses expressions : « Prendre des vessies pour des lanternes »

  1. Steff dit :

    J’ai toujours transgressé l’expression en attribuant les vessies aux poltrons d’estaminets et les lanternes au savoir des philosophes. Je me suis donc trompé dans l’origine mais je retombe sur mes pattes quand à la signification (pour certains)…

  2. Superbe, superbe, superbe.

  3. Chambaron dit :

    L’étymologie n’est pas une science, mais un art : cent fois sur le métier remettre son ouvrage, et remailler les cheminements tortueux de la langue pour approcher une forme de vérité.
    Dans le cas d’espèce, je ne comprenais pas vraiment comment on aurait fabriqué des lanternes avec des vessies, même translucides, mais inflammables. À vrai dire, je n’ai pas connaissance de tels objets historiquement identifiés. Depuis l’Antiquité (bonjour Diogène !), le matériau de référence était soit la corne, soit le verre. Si la vesse de porc avait convenu, les musées en seraient remplis…
    Heureusement, le TLF montre une autre piste: il mentionne qu’en 1200, le mot signifiait « objet de très faible valeur ». Sans doute que, très courant et peu utilisable, en plus que dépréciatif, il ne valait rien. Alors que la lanterne. objet manufacturé de luxe était réservé aux riches et aux édiles (Dormez, bonnes gens !). À cette époque, c’est plutôt la torche qui faisait fureur comme éclairage portatif.
    En résumé. il faut donc plutôt lire l’expression comme « vendre de la pacotille au prix du de l’or ».

    Nota personnel: en tant qu’héritier de la vieille noblesse française (désargentée), j’ai une sensibilité épidermique aux affaires de « lanternes ». La Carmagnole et le lanterneau révolutionnaire de la place de Grève me sont toujours restés un peu « en travers de la gorge ». Ma recherche m’a permis de découvrir (Wikipédia) le contrat signé en 1769 par le sieur Bourgeois pour l’éclairage de Paris par 3500 nouveaux réverbères à huile. Son contrat expira donc au 30 juin 1789, et lui, je ne sais quand. C’était le siècle des Lumières, celui de Rousseau et de … Voltaire.
    Bien littérairement.
    Chambaron

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